De l’autre côté du fenestron l’intérieur bat au sein


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De l’autre côté du fenestron l’intérieur bat au sein

L’atelier au bout de l’allée du jardin, suit la pente de la Chaume. Le temps brouillé ne mange rien de ce qui ne vit que de soleil.

De l’autre côté du fenestron l’intérieur bat au sein, la chaleur des mots de B.A. est venue inspirer « CARTES SUR TABLE », en faisant cette fois le chemin dans l’autre sens. J’ai peint sur son poème.

Télé sphérique voyage en altitude. Ce qui se dessine ronde de femmes, le vent transportant les cordes et le souffle de l’instrument à coeur. Histoire vraie de la fiction des chemins.

Il pleut pleuvoir, le premier rayon de soleil fera jaillir le tableau et paraître l’ensemble avec ses mots…un poème qui s’est donné à peindre !

Niala-Loisobleu – 27 Mars 2018

8 réflexions sur “De l’autre côté du fenestron l’intérieur bat au sein

  1. En préambule à ce qui va éclore avec la parution des mots-peints de BA/N, je trouve que ce poème dit bien mon ressenti, moment particulier, d’une intensité laissant les choses à ne pas voir aussi loin qu’on peut le désirer. Merci Barbara.

    RAISONS DE VIVRE HEUREUX

    L’on devrait pouvoir à tous poèmes donner ce titre : Raisons de vivre heureux. Pour moi du moins, ceux que j’écris sont chacun comme la note que j’essaie de prendre, lorsque
    d’une méditation ou d’une contemplation jaillit en mon corps la fusée de quelques mots qui le rafraîchit et le décide à vivre quelques jours encore. Si je pousse plus
    loin l’analyse, je trouve qu’il n’y a point d’autre raison de vivre que parce qu’il y a d’abord les dons du souvenir, et la faculté de s’arrêter pour jouir du présent, ce qui
    revient à considérer ce présent comme l’on considère la première fois les souvenirs : c est-à-dire, garder la jouissance présomptive d’une raison à
    l’état vif ou cru, quand elle vient d’être découverte au milieu des circonstances uniques qui l’entourent à la même seconde. Voilà le mobile qui me fait saisir mon
    crayon. (Étant entendu que l’on ne désire sans doute conserver une raison que parce qu’elle est pratique, comme un nouvel outil sur notre établi). Et maintenant il me faut dire
    encore que ce que j’appelle une raison pourra sembler à d’autres une simple description ou relation, ou peinture désintéressée et inutile. Voici comment je me justifierai :
    Puisque la joie m’est venue par la contemplation, le retour de la joie peut bien m’être donné par la peinture. Ces retours de la joie, ces rafraîchissements à la
    mémoire des objets de sensations, voilà exactement ce que j’appelle raisons de vivre.

    Si je les nomme raisons c’est que ce sont des retours de l’esprit aux choses. Il n’y a que l’esprit pour rafraîchir les choses. Notons d’ailleurs que ces raisons sont justes ou valables
    seulement si l’esprit retourne aux choses d’une manière acceptable par les choses : quand elles ne sont pas lésées, et pour ainsi dire qu’elles sont décrites de leur propre
    point de vue.

    Mais ceci est un terme, ou une perfection, impossible. Si cela pouvait s’atteindre, chaque poème plairait à tous et à chacun, à tous et à chaque moment comme plaisent
    et frappent les objets de sensations eux-mêmes. Mais cela ne se peut pas : U y a toujours du rapport à l’homme… Ce ne sont pas les choses qui parlent entre elles mais les hommes
    entre eux qui parlent des choses et l’on ne peut aucunement sortir de l’homme.

    Du moins, par un pétrissage, un primordial irrespect des mots, etc., devra-t-on donner l’impression d’un nouvel idiome qui produira l’effet de surprise et de nouveauté des objets de
    sensations eux-mêmes.

    C’est ainsi que l’œuvre complète d’un auteur plus tard pourra à son tour être considérée comme une chose. Mais si l’on pensait rigoureusement selon l’idée
    précédente, il faudrait non point même une rhétorique par auteur mais une rhétorique par poème. Et à notre époque nous voyons des efforts en ce sens
    (dont les auteurs sont Picasso, Stravinsky, moi-même : et dans chaque auteur une manière par an ou par œuvre).

    Le sujet, le poème de chacune de ces périodes correspondant évidemment à l’essentiel de l’homme à chacun de ses âges; comme les successives écorces d’un
    arbre, se détachant par l’effort naturel de l’arbre à chaque époque.

    Francis Ponge

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