Quand les mots et les tableaux se répondent…(6)


L’Epoque fait sa marque, elle aqua-tinte, laissant l’acide faire disparaître les ombres de la plaque, le burin incise pour ouvrir un chemin pare-feu.
Les hommes se meurent d’amour on les a instruit à la discorde. Dans le froid d’une humanité sous dépendance les oiseaux résistent, on en tue de toutes les manières, mais sans parvenir à éradiquer l’esprit de liberté. Delphys ouverte comme la jarre, garde et véhicule le germe de Vie. Il est d’amour unisexe, Homme, animal, végétal, minéral, la Nature dans son entité, immortel dans le temporel de chaque traversée.
J’ai la couleur qui naît au fil de tes mots Barbara, merci quel bonheur !

Lire dit-elle

Voici Delphys-La Matrice, ma sixième collaboration avec le peintre Niala-loisobleu.

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Ne faire plus qu’un

à la douleur et à la source .

Naître à la nuit qui s’anime.

Piétiner les spasmes du souvenir

et les traces d’hiver aux yeux morts,

des générations entières que plus rien n’arrime.

Et puis mourir.

Dans le grand bain de la lave aveugle

du rejet et du partage,

un enfant que j’ai connu

et dont je garde l’empreinte du visage

façonné au moule flou d’une innocence sans âge

jetait des cailloux aux miroirs sans tain

pour que s’érigent insatiables les clairvoyantes alchimies

aux reliefs des ventres de couleurs et des chauds croquis.

Et, déjà , au ciel du lit, le vent tournait lentement

(Quel forfait pour un printemps !)

qui rendraient plus rouges et plus sucrés

les fruits de l’amour  au brûlant compotier.

Barbara Auzou.

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DELPHYS – La Matrice


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DELPHYS – La Matrice

 YANTRA

 

Empli de la puissance du sens

de la plénitude du rejet, du retrait

le serpent raide traversé de sons

Étendu, vertical

simultanément dehors et dedans aux quatre

points cardinaux retiré

en l’infini pourtant
Universel soi en tous points reconjugué

A propos d’un ensemble de peintures tan triques.

Allié au souterrain, au sombre

là où la force d’ombre fonce avec fureur

bouche à bouche le noble et l’ignoble

Imperturbé

impénétré

au centre de l’espace axial

à l’écart des tourmenteuses

Descente dans l’aire réservée

Éliminé l’actuel, l’accidentel

la poussière de l’existentiel

éliminé l’attachement

aveugle à l’alténté

investi de grandeur

de silence

investi d’immatériel

du louche indéfini des puissances obscures

Force sans face

Matrice des formes et rempart contre les

formes
Dans l’espace un œil sans visage contemple d’un regard inaltérable sans fléchir, sans paupière

sans fatigue

Rappel à l’ordre
Appel au retour
Appel à abolir

Insignifiants, mille fois signifiants

des triangles

sans émotion, sans accent

que rien ne distingue

de minces triangles, sommet en bas

traversent de pareils triangles, sommet en haut

révélant à l’initié leur murmurant secret.

Des taches, des traits, ici, là

des figures impénétrables

Parlent de commencements, d’engagements,

au plus lointain stellaire peut-être.

Soutien du méditant

au centre un point

seulement un point

répondant au besoin des besoins

au besoin de l’essence

de l’essence des essences

au centre un point

rappelle, sans trahir.

Moyeu des arrivées
Rose des vents de l’Esprit
Cercles de l’omniprésente conjonction mâle-femelle
Labyrinthes où s’insinuent et serpentent les impératives hampes de l’alphabet de la langue des dieux

Principe sans discours,

Principe de tout principe

Retour au
Principe

renvoyant à un niveau au-delà

toujours sur la vibration de l’Unique

à tout accordé en profondeur

en intime conjonction

embrassant,

en efforts pour plus largement encore embrasser

Le nuage d’être se condense

se replie

Cosmos-Univers

cosmos de l’univers du « soi »

Grasse, pesante, paysanne, la matérialité

mais un fil la relie

un fil par l’étrange à l’illimité la relie

fil de rappel

où le vide même est rattaché où la totalité est rattachée où le temps et l’espace indivis sont rattachés et l’Œuf originel flottant sur les vagues
de l’Informe est rattaché

où la création et la dissolution

et l’intériorité est rattachée

et le diamant de sa propre méditation

Savoir.
Savoir participant

Immensifiante illumination où tout avec tout

entre en résonance contemplé.
Réuni

Géométrie au-delà des géométries,

Lignes, comme des radiations ralenties,

insistantes, clairvoyantes

chargées d’occulte

Dessin pour retour en absolu

Dessin-destin

 

Henri Michaux

 

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Delphys- La Matrice

2018 – Niala

Acrylique s/Canson, encadré s/verre 40×50

 

La clef à mol être


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La clef à mol être

 

Marchant d’une peinture tue, les deux jambes autour de l’arbre qui en détient le pigment , sans oublier le caillou pour les sonorités minérales gardé battant au fond de la poche, je m’arrête pour recharger. Je vais sortir du monde qui fait écran. A cheval. Sur le vélo équin sans casaque de propriétaire zoophile montant sans selle, centrifuge sur la piste d’un vélodrome de vierges attendant la révélation de la pureté avant que la puberté n’en prenne possession. De race sauvage, sacoche à outils garnie et sonnette-clitoris non excisée, il rue sans demander la permission. Sa palette, grâce à la mobilité des roues actionnées à la main peut entraîner de fortes émotions. Prévoir du petit-linge de rechange. Juste pour les larmes, n’allez pas confondre avec le tant passé, l’oeuvre est bien sèche. Sa trompe qui corne dans les entrailles de cette combinaison picturale est hardie – se foutant du message – retentit sans demander autre chose que le silence. L’intime étant dans l’inspiration, parler dénaturerait les odeurs, masquerait des bruits liquides, confondrait la nature avec ce qui doit en ressortir après ingestion. Les impressions à côté étant du libre-arbitre de chaque curieux qui fait cercle, il va de soi qu’ils peuvent en ressentir. Cependant vouloir en faire un commandement ne peut que choquer. L’art est un véhicule, plus loin il emmène, plus il s’en trouve grandit. Etant bien entendu que si l’intérêt témoigné se révèle spéculatif, moi l’artiste j’élimine totalement l’intrus avant qu’il démolisse mon concept personnel. Un véhicule qui peut brusquement tomber en panne face à un revirement brutal de l’atmosphère créatrice. La sensibilité est constamment branchée. Durant les dernières les heures que je viens de compter aucune n’est parvenue  à teinter le blanc. C’est aujourd’hui le printemps ? Il faut toujours une première fois, sauf quand il s’agit du contraire attendu et cultivé…je crois qu’il me revient dans le nez avec un acharnement nuisible à mon désir. Voilà des mois que tout s’accumule en tromperies, mort d’enfants, cabane cassée de viols, le crabe là toutes pinces dehors et puis l’atelier qui friche…

 

Niala-Loisobleu – 21 Mars 2018