PARFOIS L’OISEAU


PARFOIS L’OISEAU

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Parfois l’oiseau qui a traversé l’océan, Épuisé, sans un cri, en vue des grèves tombe ;
Mais, lui, qu’il a crié d’un long gémissement
Quand son flanc délicat heurta le bord du monde !

Le ressac l’a roulé, les lames l’ont battu.

Il chassa sous le vent comme une feuille morte.

Le printemps a revu son dur squelette nu

Comme un fantôme froid sur la douceur des tombes.

Épaves, revenues, lourdes, dans le jusant,

Souvenirs surnageant tout un grand gouffre d’ombre,

Maintenant, dans le feu, renaît, étincelant,

Son blanc vol de voilier sous la lumière blonde.

Pâles océanies, orients de rubis,

Ô mirages éclos dans l’étambot qui brûle,

Torches bleues des goudrons, si vertes
Tahitis,

Tout ce qu’un vaisseau suit aux mondes qui reculent.

Toi,
Tasmanie, et vous, baleiniers d’Eoa,

Spirales diaprées qui montent des peintures.

Et toi, ces miniums qui se tordent,
Java,

Terre de cuivre et d’or, folles fièvres qui durent,

Les cymbales, les fruits, les pierres, les anneaux,

Les claires draperies sur les torses de bronze,

Vos éblouissements de toujours, matelots,

Et la mer qui blanchit sur la coque qui sombre,

Ce sont ses jours, ses nuits de voilier s’envolant,

Ses jours de dure mer et de bonace longue

Et cet enivrement de savoir sous le vent

Tout un vierge inconnu dans l’infini du songe !

Guy Lavaud

Une réflexion sur “PARFOIS L’OISEAU

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