La Marche à Franchir


La Marche à Franchir

Je laisse les nuits fécondes aux salles de travail des maternités, tout contre ce Bleu, qui en perdant les eaux, a allumé le Matin.

D’autres attendent épuisantes de longueur, lourdes d’embûches, cruelles d’animaux cauchemardesques dont les cris font parfois peur aux étoiles quand leur course passant à la lenteur, tétanise l’espérance. Armés de maisons blanches accrochées aux flancs des sierras, mes ongles ont griffé la terre des couloirs du labyrinthe d’un rouge de l’arène, pas pour l’estocade, rien que pour la mise amor. Comme une aube coupant les ténèbres d’un trait rose, tu es là depuis qu’avant tout ce qui a été détruit recommence.

Matin où la Lumière tremble d’humilité

Donnant son sein pour nourrir de sa rosée

l’espace que le vent ouvre

Tu n’as plus lors que la nudité pour t’habiller

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Bleus-Blancs Matins 1 – 2013 – Niala – Acrylique s/toile 61×50 – Collection Privée

«…Nous ne pourrons dire que le silence nous enflamme que lorsque les paupières intérieures auront le poids des amandes et que les épaules respireront la montagne au coeur de la brise. Alourdis par l’ombre dans la sève épaisse dans la tension qui réunit les bords et le tond nous irons dans le courant qui remonte obscur et léger si loin que la distance ne sera plus la distance. Et un chant naîtra de l’ignorance vive où le silence nubile sera une blanche gravitation et un mouvement de sable réunira les bras des amants,,, »

Antonio Ramos Rosa (Extrait du Livre de l’Ignorance)

J’écris de couleurs pêchées dans l’encrier de ton ventre, enfoncé à la racine de l’herbe qui retient ses arômes, posant chaque lettre sur la fondation d’une éternité étrangère aux dieux, que le temporel lucide pousse au seuil des autres pour nourrir un Jardin boisé de l’ Arbre-Forêt, celui de tes seins fruitiers.

Ô Bleus-Blancs Matins

nous voici de nouveau en bas des marches

notre lit est rivière

aux crues en lutte avec la sécheresse de la sonnerie aux morts

Niala- Loisobleu – 23 Février 2018

Sans heures ni couronnes


On voudrait définir le sens de son vol, sa distance par rapport à l’environnement contraire et sa hauteur dans un déroulement si bas. Qu’a -t-on de ce bleu qui est quelque part, mais où ?

Si tu soulevais tes seins en dehors de la corbeille, j’aime à croire qu’ils me sortiraient de cette sécheresse ambiante. L’aréole rosit le rictus du tic-tac pendulaire …

N-L – 23/02/18

AMEN


longjititian1

AMEN

Nul seigneur je n’appelle, et pas de clarté dans la nuit.

La mort qu’iL me faudra contre moi, dans ma chair,

prendre comme une femme,
Est la pierre d’humilité que je dois toucher en esprit,
Le degré le plus bas, la séparation intolérable
D’avec ce que je saisirai, terre ou main, dans l’abandon

sans exemple de ce passage —
Et ce total renversement du ciel qu’on n’imagine pas.
Mais qu’il soit dit ici que j’accepte et ne demande rien
Pour prix d’une soumission qui porte en soi la récompense.
Et laquelle, et pourquoi, je ne sais point :
Où je m’agenouille il n’est foi ni orgueil, ni espérance.
Mais comme à travers l’œil qu’ouvre la lune sous la nuit.
Retour au paysage impalpable des origines,
Cendre embrassant la cendre et vent calme qui la bénit.

Jacques Réda