En attendant, il se trouve qu’il se passe quelque chose…


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En attendant, il se trouve qu’il se passe quelque chose…

D’un pilotis me faisant jambe de bois ma foi s’est faite ce type de maison qu’on porte partout avec soi. Laissant odeurs de frites et sauce à mère passer par la ventilation qui se présente. En cabine plein-air sur le pont on fait pas « genre ce soir je dîne au commandant ». Les putes teint de rosières sont pas de l’équipage. Rassures-toi, Bouffi, ça veut pas dire que j’suis de la jaquette. Que nenni mon Bon, mais voilà je trempe pas le cornichon à l’anglaise en baie con. Pas Argonaute mais friand de la toison, je vais pas chez  Macdo parce que le moyen des Trois Gros est pas dans mes bourses. L’amour c’est pas dans le Michelin qu’on le trouve. aujourd’hui fait pendule. Chronos impose de garder l’oreille à la pendule. Et si le téléphone sonnait pas parce que quelque chose change dans le pronostic ? En tout cas, sûr que quelque chose change. Me r’voilà d’une extrémité revenu au milieu. Espoir. Bleu. Espoir. De toutes les manières les roues dentées ont mis le mouvement en marche. A côté de la craie, le ciel se case., 1, 2; 3 et jusqu’à 10, se taire peut aussi changer le ciel.

Niala-Loisobleu – 19 Février 2018

LE FARD DES ARGONAUTES


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LE FARD DES ARGONAUTES

Les putains de Marseille ont des sœurs océanes Dont les baisers malsains moisiront votre chair. Dans leur taverne basse un orchestre tzigane Fait valser les péris au bruit lourd

de la mer.

Navigateurs chantant des refrains nostalgiques Partis sur la galère ou sur le noir vapeur, Espérez-vous d’un sistre ou d’un violon magique Charmer les matelots trop enclins à la
peur?

La légende sommeille aîtière et surannée Dans le bronze funèbre et dont le passé fit son trône Des Argonautes qui, voilà bien des années, Partirent
conquérir l’orientale toison.

Sur vos tombes naîtront les sournois champignons Que louangera Néron dans une orgie claudienne Ou plutôt certain soir les vicieux marmitons Découvriront vos yeux dans le
corps des poissons.

Partez! harpe éoîienne où gémît la tempête…

Ils partirent un soir semé de lys lunaires. Leurs estomacs outrés tintaient tels des grelots Es berçaient de chansons obscènes leur colère De rut inassouvi en paillards
matelots…

Les devins aux bonnets pointus semés de lunes damaient aux rois en vain l’oracle ésotérique Et la mer pour rançon des douteuses fortunes Se parait des joyaux des tyrans
erotiques.

— Nous reviendrons chantant des hymnes obsolètes Et les femmes voudront s’accoupler avec nous Sur la toison d’or clair dont nous ferons conquête Et les hommes voudront nous
baiser les genoux.

Ah! la jonque est chinoise et grecque la trirème Mais la vague est la même à l’orient comme au nord Et le vent colporteur des horizons extrêmes Regarde peu la voile où
s’assoit son essor.

Es avaient pour esquif une vieille gabare Dont le bois merveilleux énonçait des oracles. Pour y entrer la mer ne trouvait pas d’obstacle. Premier monta Jason, s’assit et tint la
barre.

Mais Orphée sur la lyre attestait les augures; Corneilles et corbeaux hurlant rauque leur peine De l’ombre de leur vol rayaient les sarcophages Endormis au lointain de l’Egypte
sereine.

Chaque fois qu’une vague épuisée éperdue Se pâmait sur le ventre arrondi de l’esquif Castor baisait Pollux chastement attentif A l’appel des alcyons amoureux dans la
nue.

Es avaient pour rameur un alcide des foires Qui depuis quarante ans traînait son caleçon De défaites payées en faciles victoires Sur des nabots ventrus ou sur de blancs
oisons.

Une à une, agonie harmonieuse et multiple, Les vagues sont venues mourir contre la proue, Les cygnes languissants ont fui les requins bleus, La fortune est passée très vite sur
sa roue.

Les cygnes languissants ont fui les requins bleus Et les perroquets verts ont crié dans les deux.

— Et mort le chant d’Êole et de l’onde limpide, Lors nous te chanterons sur la lyre, 6 Colchide.

Un demi-siècle avant, une vieille sorcière Avait égorgé là son bouc bi-centenaire. En restait la toison pouilleuse et déchirée, Pourrie par le vent pur et
mouillée par laraer.

— Médée, tu charmeras ce dragon venimeux

Et nous tiendrons le rang de ton bouc amoureux Pour voir pâmer tes yeux dans ton masque séniîe : O! tes reins épineux ô! ton sexe stérile.

— rendormirai pour vous le dragon vulgivague Pour prendre la toison du bouc licornéen.

Fai gardé de jadis une fleur d’oranger Et mon doigt portera l’hyménéenne bague.

Mais la seule toison traînée par un quadrige Servait de paillasson dans les deux impudiques A des cydopes nus couleur de prune et de cerise : Or nul d’entre eux ne vit le symbole
ironique.

— Oh I les flots choqueront des arêtes humaines. Les tibias des titans sont des ocarinas

Dans l’orphéon joyeux des stridentes sirènes, Mais nous mangerons l’or des juteux ananas.

Car nous incarnerons nos rêves mirifiques. Qu’importe que Fhsbus se plonge sous les flots! Des rythmes vont surgir, ô Vénus Atlantique! De la mer pour chanter la gloire des
héros.

Ils mangèrent chacun deux biscuits moisissants Et l’un d’eux psalmodia des chansons de Calabre Qui suscitent la nuit les blêmes revenants Et la danse macabre aux danseurs doux et
glabres.

Os revinrent chantant des hymnes obsolètes. Les femmes entr’ouvrant l’aisselle savoureuse Sur la toison d’or clair s’offraient à leur conquête, Les maris présentaient de
tremblantes requêtes Et les enfants baisaient leurs sandales poudreuses.

— Nous vous ferons pareils au vieil Israélite Qui menait sa nation par les mers spleenétiques Et les juifs qui verront vos cornes symboliques Citant Genèse et
Décalogue et Pentateuque Viendront vous demander le sens secret des rites.

Alors, sans gouvernail, sans rameurs et sans voiles, La nef Argo partit au fil des aventures Vers la toison lointaine et chaude dont les poils Traînaient sur l’horizon linéaire et
roussi.

— Va-t’en, va-fen, va-fen, qu’un peuple ne t’entraîne Qui voudrait, le goujat, fellateur clandestin, Au phallus de la vie collant sa bouche blême, Fût-ce de jours honteux
prolonger son destin!.

Robert Desnos

ANDALUCIA 40 ANS DERRIERE – 2


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ANDALUCIA 40 ANS DERRIERE – 2

Entre les deux Catalogne la gare de Perpignan se tient au creux des vagues, les vitres de la grande verrière voient mieux la nuit que des phares de certaines étapes enfumées, routes où tout ondule, la tôle, bâbord et tribord, la ligne jaune reblanchie, les pierres en chute, attention sortie d’enfants….un train en cache un certain moment un autre. Dali, le voleur de Paul, sa moustache gelée à la bouse me propulse au rouge du noir toro. J’encorne les cours et les salons à la mode, les couloirs de la renommée avec Goya. Je me bats du Chili hébergé.

L’année 1982 se fait sierras, ramblas et grottes gitanes. Lorca est plus vivant que jamais. Sans doute vis-je la révolution au sens intégral…c’est la noyade de la maison avec des années de travail parties  vers d’autres découvertes, c’est vrai j’achève ma sortie terrestre, j’entre en cosmos….Gaudi ça élève…

Les formes encloses appellent au large va Alain, sors  le cheval…l’oiseau te regarde.

Une gare encore sans nom fait son entrée.

Petite fille sur la balançoire,
allant du Nord au Sud,
du Sud au Nord.

Sur la parabole
tremble une étoile rouge,
plus bas que toutes les étoiles.

La nina va en el columpio
De norte a sur
De sur a norte.

En la parabola
Tiembla una estrella roja
Bajo todas las estrellas.

Federico Garcia Lorca dans Ferias, Editions du Félin, 1998.

 

Niala-Loisobleu – 19 Février 2018

Illustration: L’éveil des formes encloses – 1982 – Niala – huile s/toile 100x_81

Collection Privée