BATAILLE EN POUSSIÈRE 


 

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BATAILLE EN POUSSIÈRE

I

Toi tu de l’amour tu

Tu n’en sais rien toiture de l’âme

Cheval nuancé nourri assez en hourvari

Quelle hutte assiégée

Qu’elle rie asiate la vie

Là vire l’amorce

L’âme hors ce miroir des sceptres lucide roi-spectre

déflore la faune
Nez faux mais on aime le feu à faux cils
Filez félins d’eau !
Endormie l’industrie arachnéenne
Le clapotis du rêve durable ensablé de nuit À tourbillons de lune À coalition de glaces

D’étoiles emmaillotées au nid à la poussière de basalte
Sur le
Nil de ma folie
Ressort perçant les tempes du liège dynastique de la

vitesse

II

Toi tu de l’amour tu
Tu n’en sais rien
Toiture de l’âme cheval
Nuancé riant nu

Nourri assez en hourvari

Quelle hutte assiégée

Quel rire asiate

Là vire l’amorce

L’âme hors ce miroir

Des spectres lucides

Roi spectre déflore la faune

Nez faux mais on aime

Le feu à faux cils

À la file félins d’eau

Endormie l’industrie arachnéenne

Le clapotis du rêve

Durable ensablé de nuit

À tourbillons de lune

À coalition de glaces

D’étoiles emmaillotées au nid

À la poussière du basalte

Sur le
Nil de ma folie

Ressort perçant les tempes

Du liège dynastique

De la vitesse

27 août 1950, 2 heures du matin

César Moro

LES SEMBLABLES


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LES SEMBLABLES

Je change d’idée

A suivre les brises de fil fin

A suivre tes jambes tes mains tes yeux

La robe habile qui t’invente

Pour que tu la remplaces.

Je change d’idée
Tu passes dans la rue
Dans un ouragan de soleil
Je te rencontre je m’arrête
Je suis jeune tu t’en souviens.

Je change d’idée

Ta bouche est absente

Je ne te parle plus tu dors

Il y a des feux de terreur dans ta nuit

Un champ de larmes claires dans tes rêves

Nous ne sommes pas tristes ensemble

Je t’oublie.

Je change d’idée

Tu ne peux pas dormir

Sur des échelles nonchalantes
Interminablement
Entre la fleur et le fruit
Dans l’espace
Entre la fleur et le fruit
Tu cherches le sommeil
La première gelée blanche
Et tu m’oublies.

Je change d’idée

Tu ris tu joues tu es vivante

Et curieuse un désert se peuplerait pour toi

Et j’ai confiance.

Fini

Je n’ai jamais pu t’oublier

Nous ne nous quitterons jamais

Il faut donner à la sécurité

La neige paysanne la meule à ruines

Une mort convenable

Le jour en pure perte noie les étoiles

A la pointe d’un seul regard

De la même contemplation

Il faut brûler le sphinx qui nous ressemble

Et ses yeux de saison

Et ses mousses de solitude.

 

Paul Eluard

POINT DE SUSPENSION


 80 ANS... LE BON CONTE 274

POINT DE SUSPENSION

Une pointe acérée de cri crisse douloureusement sur sa langue humaine. Bonjour Madame, vous me reconnaissez, je suis une de vos anciennes élèves d’espagnol…Couac en sentence, contrepoint mal appris d’où jaillit la fausse note écrasant l’air d’une masse qui rend les mains impuissantes. Voici venue la guerre civile personnelle. Lorca n’en sera qu’exécuté une fois de plus. Le garrot hurle au loup. Sans pouvoir prendre la mesure, l’idée du gouffre se fait abyssale. La dame cherche son identité dans le foutoir de son sac qui vient de se répandre à taire. Je suis qui ? me jettent ses yeux en moulinets don quijote ? La foudre arme sa rafale. Combien de tant faut-il  pour réchauffer une guitare?

Niala-Loisobleu – 17 Février 2018