Pêche au tramail


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Pêche au tramail

N’avoir d’appartenance qu’au bord de ce qui appareille
tient levé sous les rafales de la dérision
souffle et aspire entre mortes-saisons et promesses d’ivrognes
étreint l’espoir pour seule lanterne
réanime le trait du mot rayé de l’écriture,  le ton franc de la couleur essuyée au coin de l’oeil, privé de jouissance par le cerne
J’ai des croquis de voyages à mettre à l’eau
l’oeuvre reste toujours affaire de chantier
je les vois d’un bistre sanguine aux phalanges de mes mains fouisseuses…
Niala-Loisobleu – 14 Février 2018

FORÊT SECONDE


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 FORÊT SECONDE

S’il restait un fleuve à franchir, si la solitude du passeur n’était pas tout à fait la folie, si le brusque étranglement de ma voix ne trahissait que le vertige de ma force
à son midi, tu ne m’échapperais plus, sanglier, en te multipliant, beauté, en éclatant de rire, et la forêt qui suffoque à te détenir sans partage,
accueillerait le vent, s’ouvrirait à la rude et radieuse alchimie de la seconde nuit. Car la liente des rossignols ne jalonne encore qu’un layon où l’enfer peut surgir, mais c’est le
bon chemin. Et c’est le seul indice qui fortifie l’attente de nos lèvres. Scintillante invective et dôme de fraîcheur, le feu qui vient à vous n’est plus
désespéré.
Jacques Dupin
Illustration: Niala – Détail d’oeuvre en cours au 14 Février 2018

L’Anti-Saint


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L’Anti-Saint

 

Le tableau balance dans mon troisième oeil, la main d’un quatrième bras qui à laissé  le mouchoir à quai

L’odeur des fleurs change d’assemblage. Le nez tend l’oreille. La peau chauffe. L’oeil sur la partie touffue fouille l’offrande de la fente

A n’en parler, la couleur se laisse imaginer, blonde, brune sa chaleur entraîne aux rousseurs roux sillon

Toute cette poussière qui  grippe un chemin qui a perdu ses pieds

image d’un faux-bois que l’intacte beauté se refuse à reconnaître

Et moi

Vagabond couvert d’une naturelle pigmentation

Comme bien d’autres

J’ai sous l’écorce la même sève qui ne demande qu’à circuler librement

La lune est grosse

Il faut laisser ses mouvements pendulaires coudre et découdre le passage et l’obstacle

Ses draps secoués par le vent l’ont roulé d’un sein à l’autre en imbibant les rayures de cotonnade d’humeurs corporelles qui font rail pour l’autre rive

Du ru de son ventre alpage les brins de son gazon tissent l’épopée de myosotis pour tremper le rivage de muscs apportés par la marée montante

Et ne plus voir que la course du ciel par la nuque au coussin d’un nuage atterri en  tirant l’aiguille dans la dentelle des branches sous la jupe humide des tissus témoins

Pendant qu’à lever la voile au mas des oliviers une double envolée de colombes dégrafe le poitrail des jours verts-de-gris

D’une seule respiration l’échine violoncelle tire à ailes la sensation intime, un meilleur sort l’âme du ramas

Si je crève aujourd’hui, ce ne sera pas à cause d’une mauvaise fièvre…

Niala-Loisobleu – 14 Février 2018