Mais à condition d’y hâler, c’est sûr…


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Mais à condition d’y hâler, c’est sûr…

 

L’encre humide perle au bout des cils de la plume éperdue. Elle gratte aux cordes, funambule, franchira-t-elle la page? Quelque estompe est passée sur l’aspérité du derme que la liaison connectait. Entre le négatif et le tirage, le ressenti de l’image est identique.

Des roux sillons au sépia, il n’y a qu’un pas qui bloque la sortie: le pas pas en avant, l’image promise qui s’accroche et perd dûment son élan. Grasse, la lèvre lippue de la glèbe s’offrira-t-elle au soc par consentement araire mutuel ? Que déjà encore invisibles dans les bandelettes de la momie, les oiseaux sortent des branches la grande nappe immaculée. Tandis que les feuilles en mettant le couvert, isolent l’autel en suivant un rite pas toujours initiatique.

L’instant d’amour ne se répète pas, il se poursuit par renouveau ou meurt subit.

Appelez-le comme vous voudrez, fougue, fontaine, chemin, escalade, plongée, vol-au-vent, éclosion, séisme, éruption, passage de l’équateur, germinale, verdeur, pulpe, suc, sève….et tout ce que désirerez rajouter, c’est toujours par un synonyme de vie que son nom se prononce. Si on dit l’amour est mort aussitôt retentit Vive l’Amor !

Derrière l’orée les éclats du miroir font jaillir les rivières. Après quoi, la mèche sort du front, son huile essence ciel battant aux tempes, sans que rien ne disparaisse dans le noir. La chaise où il laissait hâler le côtelé de son velours, la table où elle mettait ses fruits sur la langue, demeurent au papier peint des gestes. L’escalier marche, la pendule est enlisée, l’odeur du drap enlace le cou des ses tâches d’ébats, le mouvement des doigts pianote, le silence parle comme jamais par vibration .

Chaque jour est une date différente de l’autre.

Avec ses pierres à écrire, la marée monte à la lune porter son sel. Entre les dents des râteaux passent les chemins qu’on a mordu avec et sans la poussière. Toutes les couleurs du pavois en se jetant à l’ô, gonflent les roulis du bal pour que l’accordéon empêche le violon de pleurer si ce n’est d’émotion.

Mais à condition d’y hâler, c’est sûr…

Niala-Loisobleu – 8 Février 2018

2 réflexions sur “Mais à condition d’y hâler, c’est sûr…

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