LES APPARITIONS DÉDAIGNÉES


René Char

 

LES APPARITIONS DÉDAIGNÉES

Les civilisations sont des graisses.
L’Histoire échoue,
Dieu faute de
Dieu n’enjambe plus nos murs soupçonneux, l’homme feule à l’oreille de l’homme, le
Temps se fourvoie, la fission est en cours.
Quoi encore ?

La science ne peut fournir à l’homme dévasté qu’un phare aveugle, une arme de détresse, des outils sans légende.
Au plus dément : le sifflet de manœuvres.

Ceux qui ont installé l’éternel compensateur, comme finalité triomphale du temporel, n’étaient que des geôliers de passage.
Ils n’avaient pas surpris la nature tragique, intervallaire, saccageuse, comme en suspens, des humains.

Lumière pourrissante, l’obscurité ne serait pas la pire condition.

Il n’y avait qu’une demi-liberté.
Tel était l’octroi extrême.
Demi-liberté pour l’homme en mouvement.
Demi-liberté pour l’insecte qui dort et attend dans la chrysalide.
Fantôme, tout juste souvenir, la liberté dans l’émeute.
La liberté était au sommet d’une masse d’obéissances dissimulées et de conventions acceptées sous les traits d’un leurre irréprochable.

La liberté se trouve dans le cœur de celui qui n’a cessé de la vouloir, de la rêver, l’a obtenue contre le crime.

René Char

 

Je ne cesse, je ne cesse, c’est mon crée do, ré, mi, la, sol…

N-L 31/01/18

 

10 réflexions sur “LES APPARITIONS DÉDAIGNÉES

  1. Il faisait un lent mouvement ce jour. Les terres molles semblaient affamées. Genre sans sue, comme dans le frais. Sans dire l’effroi d’un devant d’anormalité. Ce dilemme jus des ô crétins qui traîne toujours…

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  2. Il faut plonger à côté de la mer, le temps bouffe l’atmosphère à n’y plus voir le clair. Ce brouillard finit par sortir des hommes comme si leur perte d’humanité montait pour leur boucher le né, ma Céleste. Ras-le-bol que le froid revienne pour geler de saison ce qui doit refleurir quoi qu’il soit !

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  3. Pour séjourner ce fût un bon choix que de t’arrêter sur cette page. Merci
    Christophe Guitton
    La réciproque est chose faite. Quelle page que celle de « chronos et le facteur » un Bourvil dans le texte. Et quelle référence, Barbara était présente…

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