Là, à la veille, mains tenant


 Là, à la veille, mains tenant

 

Un épais brouillard collé aux cils, obstrue la montée des arbres jusqu’au murmure de l’orage qui point. Du charbon couine aux wagonnets des mines, la galerie promet la chaleur d’un intérieur douillet. Rouge gorge d’un sein qui palpite, décolleté prometteur du panorama d’une humanité étendant son partage d’une plaine à l’autre, en rangs d’oliviers grimpant les allées de vignes d’où s’égaillent des odeurs lavandes jusqu’aux pieds des monts de Provence battus par des vents porteurs. Ces champs à la perspective ô combien ouverte, il les a empâtés de ses élans de feu, généreux jusqu’à l’aveuglement.Vincent fou d’allégresse cousant en damiers rouge citron, vert orange, noir ocre, violet jaune, cyan prusse des étendues de campagnes semées d’étoiles accouchées des lunes d’un soleil amant. La vie labourée des griffes de ses doigts cultivant une foi ardente dans un monde aride.

“Qu’est-ce que dessiner ? Comment y arrive-t-on ? C’est l’action de se frayer un passage à travers un mur de fer invisible, qui semble se trouver entre ce que l’on sent, et ce que l’on peut. Comment doit-on traverser ce mur, car il ne sert à rien d’y frapper fort ? On doit miner ce mur et le traverser à la lime, lentement et avec patience… Somme toute je veux arriver au point où l’on dise de mon oeuvre: cet homme sent profondément, cet homme sent délicatement. “

Lettre de Vincent à Théo, Le 7 janvier 1882

Des iris rentrés dans la gorge des cellules d’isolement, Vincent crache ses cris violets ourlés de jaune aux oiseaux de proie qui lui busent le coeur. Les pailles tressées de sa chaise gémissent des pieds qui branlent de désarroi. Les tomettes de sa chambre rougies de la démence des absinthes accueillent des sarabandes de zouaves à cheval sur des putains. Le rasoir lui bandant l’oreille d’un voeu de sacrifice, il monte sa palette jusqu’au cosmos. Hors des hommes aveugles.Face à lui-même, absolu visionnaire. Eternel étranger au lucre terrestre.

Jusqu’au dernier corbeau d’un après-midi d’été qu’il dévêt du noir plumage par son espoir rouge sang, en le répandant aux épis soulevant son soleil.

Maudits soient ceux qui se gavent aujourd’hui de sa quête en roulant carrosse sur le génie ignoré d’un apôtre de l’amour.

J’ai parcouru le monde, vu ses diversités, le voyage qui m’a laissé le plus d’approches inestimables c’est celui du chemin authentique que Vincent emprunta de Hollande, Amsterdam, par les corons de Mons à Paris jusqu’en Arles, ses internements, St-Rémy, Eygalières, et la dernière remontée à Auvers sur Oise.

Niala-Loisobleu – 24 Février 2012

L’extinction de voie que l’envahissement des mauvaises herbes a petit à petit posé sur la trace permanente, barre mieux qu’en ligne de défense l’accès aux premières lignes. Les cordes vocales des instruments de musique devenues molles, traînent par taire en fausses notes. La tête est partie du fronstispice, l’oeil doit se tenir aux épines des ronciers. En moignons des caresses font mal comme un animal aux longues dents qui glisse pour mordre. Avant que la forêt soit avalée, l’oiseau-gardien lance un dernier jet de plume. Couleur, couleur, je ne suis que le fruit de LA VIE, L’AMOUR 4 auprès de ma blonde.

Niala-Loisobleu – 29 Janvier 2018

 

IMG-2204

 

La Vie, l’Amour 4 – 2018 – Niala -Acrylique s/carton bois 60×80, encadré s/verre

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