CARNETS INTIMES DU PÊCHEUR A PIED


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CARNETS INTIMES DU PÊCHEUR A PIED

Je tourne autour d’ici à là-bas, pour au moins déjà dire, à quel point être avec Toi délivre du mal et me livre au bien – j’en voudrai être sûr –  par besoin. Inutile, je suis pincé, crustacé. Impossible à en déterminer l’à-part ça qu’est-ce qui reste, faute de pouvoir le trouver. J’espère que chaque instant de ce que l’humain traverse se passe bien. La campagne est froide, l’alcool ambre de l’automne ayant fait place à la vodka de l’hiver, il flotte dans l’air un bruit de luge imaginaire vu la température ayant pris le télé-siège tendance au bain de mer. Tes jambes se rapprochent quand je me déchausse. Ne bouge plus. Je te peins Nicolas de Staêl dans l’idée d’une correspondance….mais attention, pas de fenêtre ouverte sur le sot de la mort.

« Voilà. Je ne peux pas te raconter tout ce qui me passe par la tête, les yeux, les mains au sujet de ton livre. Il faudrait autant de temps que celui qui nous sépare sur le calendrier depuis ton départ et te barber de considérations esthétiques, du papier à la couleur, des rapports de la boîte à l’agate à la litho de tranche ; impossible. Je fais le plus simple possible et c’est cela qui est si difficile pour moi… »

(Correspondance René Char/Nicolas de Staël)

Au moins étant la seule à savoir quantifier la folie qui m’habite – seul remède ayant un peu d’effet pour m’aider à supporter mes souffrances physiques d’un monde qui s’effrite – tu me lis sans t’arrêter à la première diagonale.

Je n’aime pas la neige, cette année au moins c’est ça de pris, y en pas ici, je peux donc me faire bronzer l’évasion, mon imaginaire en ayant un besoin permanent. L’hiver ici, c’est la bonne période pour me rendre en Asie de l’Est. Bien que là, j’ai le couchant qui brille sur les ors de la Vallée des Temples. Mais j’ai une nouvelle à t’apprendre, Madame lit un jour, m’a parlé d’Emile Nelligan. Je suis allé lui rendre visite. En découvrant son appartenance lointaine avec les maudits, j’ai retenu une chambre pour deviser avec lui. Sais-tu qu’il est névrosé jusqu’à la moelle, un don d’ubiquité sans pareil, rends-toi compte, mourir à 20 ans et avoir en si peu de temps compris la vraie nature de  ce monde. Las par dégoût de ses moeurs.Nous devions nous rencontrer, c’était écrit.


Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
Ô la douleur que j’ai, que j’ai!

Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire: Où vis-je? où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés:
Je suis la nouvelle Norvège
D’où les blonds ciels s’en sont allés.

Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A tout l’ennui que j’ai, que j’ai!…

Émile Nelligan

Schizophrène jusqu’au bout de l’ongle, il s’en ait émasculé l’à venir. Au moins voici deux choses qui nous différencient, j’aime  la vie et pas la neige.Voilà un sacré temps que je m’efforce de le faire savoir.

Il avait certainement une cabane, au Canada, c’est incontournable, dixit Line. Moi la mienne a flotte, bord de Cayenne, l’huître parlant claire. Point commun, elle est à vol d’oiso à toucher Brouage, là d’où Jacques Cartier, s’en alla pour le Saint-Laurent et n’en plus revenir.

Je t’embrasse l’oeil en feu de soleil maritime, un vol de rieuses dans le sel de mes larmes, nous irons deux mains leur porter le bon vent de ce qu’il ne faut surtout pas supprimer, à cause d’une connerie de com mal aiguillé.

Niala-Loisobleu – 28/01/18

 

13 réflexions sur “CARNETS INTIMES DU PÊCHEUR A PIED

    • LAVONS NOS LARMES A LA CLARTE DE NOUVELLES VEILLES

      Ce grand mur aux fenêtres allumées
      Ouvre-t-il à l’intime
      D’un monde
      Nouveau ?

      Et si la nuit ne devait pas pouvoir
      Laisser couvrir l’intensité
      De sa paix
      Avec la beauté de
      Son châle urbain
      Lumineux
      Mais que
      Les yeux des boulevards
      Encore chargés
      De larmes
      Devaient s’épuiser
      Avec une présence
      Venimeuse pour
      L’intime
      Partagé…
      La langue de l’obscur brillant
      Aurait fait un pas de plus
      Vers l’abjecte…

      Cependant même si ce partage de l’intime
      Devenait la proie unique
      De la rage ouverte
      A toutes les rondes
      De l’infâme dans
      Paris –
      Est-ce que le cœur vainqueur
      Ne ferait-il pourtant pas encore
      Refleurir les chants et
      Les danses qui ont été
      Assassinés – insultés ?

      Sous l’autre grande fenêtre ( O Pays!)
      Aérée – libre de vibrer
      A l’automne
      Ramasserait-on encore
      A la pelle
      Les morts comme des feuilles
      Incendiées par un feu
      De mort ?

      Pouvons-nous accompagner de nouveau
      La lumière solaire de ces feuilles
      Et virevolter de nouveau
      Dans des veilles ?

      Si nous l’attendions de nouveau
      L’aurore aux pieds de velours
      Jusque dans nos rêves
      Pour – Ici – garder
      L’étoile unique
      Qui sourit
      Contre le crime abhorré ?

      Si – soulevant la vie – nous partagions –
      Contre l’insulte qui lui est faite –
      Tous les souvenirs des
      Disparus avec
      L’avenir
      D’une paix qui doit
      Leur être rendue ?…

      Si même l’atroce
      Pouvait préparer de plus précoces chemins
      Pour les lendemains –
      Que n’en veulent
      Ceux qui font
      Accroître le
      Chaos obscur dans nos pensées ?…

      O Ces fenêtres lumineuses
      Qui font rayonner
      L’intime dans
      Le mur…
      Nous vous réinventons dans cette nuit !..

      Que l’outrage fait à Paris
      Ne soit pas l’augure
      D’autres rages
      Mais qu’il respire
      D’un autre futur
      Ré-allumé
      Pour un autre horizon
      Que celui fondu
      Dans l’obscur
      De la guerre
      Parmi nous !

      Que notre douleur ne soit fusillée
      Par les apôtres de la mort
      Qui rodent encore
      Autour de nous !

      Minod Alain

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