Les Gens Qui Doutent 


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Les Gens Qui Doutent 

J’aime Les Gens Qui Doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur coeur se balancer
J’aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncerJ’aime les gens qui tremblent
Que parfois ils ne semblent
Capables de juger
J’aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côtéJ’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

J’aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut,
Ceux qui, avec leurs chaînes,
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot

Ceux qui n’auront pas honte
De n’être au bout du compte
Que des ratés du coeur
Pour n’avoir pas su dire
« Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur »

J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

J’aime les gens qui n’osent
S’approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n’être
Qu’une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants

Ceux qui sans oriflamme,
Les daltoniens de l’âme,
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l’Histoire
Leur rende les honneurs

J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

J’aime Les Gens Qui Doutent
Et voudraient qu’on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu’on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps

Qu’on leur dise que l’âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu’on les remercie
Qu’on leur dise, on leur crie
« Merci d’avoir vécu

Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu’elles ont pu ».

Anne Sylvestre

Mîme de Rien


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Mîme de Rien

 

Sont-elles cousues de sève

rivées de lumière

batelées d’ambroisie

pulsées d’aube

molletées sans guêtres

dentelées tels un pouls ?

Je ne sais

à part que dans la coulée du grain

mes pensées se saisissant de mes mains, vont du sablier  au large sans découdre la chair autour de l’os

tirant les soufflets de l’accordéon dans les branchies de l’arbre à prières

sur le volet de ton existence unique parmi les zombies

Le bruit a quitté le son de conduite au premier méandre sortant de la ligne médiane de ton humidité

pendant que s’installe un amortissement qui bouche l’instrument réactif au profit de ce glissement de slow que ta poitrine guide en pas de deux métronome

tes ô vers

de leur haleine hormonale, restent seuls à s’adresser à mes gonades

dans ce désert mis en vitrine, qu’un soleil devenu fruit d’un rapt, glacifie

te voilà en corps pleinement oasis.

 

Niala-Loisobleu – 19 Janvier 2018