8 réflexions sur “PREMIERE FOI

  1. L’Aurore Hésite

    Les arbres penchés dans le brouillard immobile

    Écoutent le cri de l’oiseau sans patrie.

    On passe avec effroi par le chemin de terre :

    La haute plaine au-delà n’existe plus,

    Les buissons et les pierres sont en exode.

    Au milieu du jardin tombé en déshérence,

    La source rentre sous l’argile et pas un brin

    D’herbe ne bouge.
    Mais on parle à mots couverts

    Derrière la clôture où s’attarde l’odeur

    D’un feu mouillé qui rôde.
    Est-ce vraiment l’aurore ?

    Dans le brouillard qui s’épaissit luit le tranchant

    Des faux laissées sur la pelouse obscure.
    Cependant,

    Je marche d’un bon pas sous le cri mat de l’oiseau

    Et les arbres enchaînés m’accompagnent.

    Jacques Réda

    Alors hâlons, Barbara.

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