Gouttes de Bavardage


7e532b02aa408b57778b3687fc882abd

Gouttes de Bavardage

Prisonnier de la tempête, faut que je m’y colle pour jouer à quelque chose. Je peux compter peu ou prou, je ne trouverai pas le soleil, il est trop bien caché. Pourtant une mouche tourne et retourne, m’agaçant comme si l’hiver c’était un temps pour les mouches. Et puis impossible de dire que je vais l’attraper, avec ce qui tombe aucune chance de penser aller  à la pêche. Je ne verrai pas la limite des bords, les carreaux ruissellent d’un voile opaque. Dangereux, le fleuve monte, une expérience que je ne souhaite à personne. Pourquoi faut-il que tout se fasse dans l’exagération ? Paradoxe. On est gavé de flotte et je suis au peint sec. Paradoxe. Dans le journal, à la page locale, j’ai vu parler d’un soi disant-peintre qui habitait la ville à côté. Il est mort tout seul sans que le docteur ait répondu à son appel au secours. Je l’ai reconnu. Franchement désolé de savoir que cet homme, charmant au demeurant, aurait pu être sauvé. Depuis des années il me rendait visite dans mes expos. Sans jamais s’être présenté comme parent et sans avoir joué  à l’artiste, toujours modeste et fort sympathique. Si la pluie tombait pour laver le mauvais côté des choses, on s’accommoderait mieux de l’absence de soleil. Mais c’est une façon de causer pour rien dire. Le soleil dénude plus que l’aspect des choses. A commencer par tout ce qui sépare le perméable de l’imperméable.

Niala-Loisobleu – 3 Janvier 2018