La Brûlure de la Douleur


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La Brûlure de la Douleur

 

Pris dans le filet d’un brouillard  épais, l’intelligible douleur se débat entre le derrière du rideau et l’avant-scène. De quoi es-tu fait du fond ou tout pour la surface ?

De plus en plus loin, les moulins dont Qiuijote cherchaient la réponse, meulent le grain pour en tirer profit plus que pour essaimer l’Autre.

 

LA BRÛLURE DE LA DOULEUR

La douleur poursuit lancinante
L’ombre de la pensée
Qui enrage dans
Son réduit

Et la grisaille démultiplie
L’idée fixe
Dans un esprit
Lourd qui voudrait
Broyer
Le sens avancé et
Ouvert à la grâce
De l’inconnue

O Frères humains
Que faire de la douleur ?

Pourtant la lumière guette
A l’horizon qui attend
D’être franchi
Et … Revisité – il calfeutrerait
L’humble souffrance
Dans la force
De l’instant…

Belle liberté sans complaisance à soi
On t’accomplit dans la brûlure
D’un poème échappé
Des lourds et petits
Pas ferrés
Par la peur

Tu es clarté et clairvoyance
A la pointe des
Souliers de
Plomb
Qui se transforment en ailes
De Pégase envolées
Contre l’obscure
Trahison de
Tout amour
Par un Narcisse monstrueux

Sans un cri – sans une larme
Juste en déployant
L’énergie de la terre
Pour changer
Le monde
Voici le défi écrit
Sur les cendres incandescentes
Sous le pied

Et le temps macère en poussant
A l’explosion des gonds
Sur les portes
D’acier qui
Abritaient l’orgueil
D’une douleur
Élevée dans
L’ombre de
L’Humain

L’enfer ouvert au regard
Des sans-soucis
Pourrait dire
Leur « sainte émotion » !
Devant la barbarie
De la souffrance
Quand elle se dresse
Face aux monstres
De tout Pouvoir
Il leur faut un miroir
A ces âmes sensibles !

Et les mordants veulent croquer
Les plus beaux fruits de
La misère
Ils se mettent en meutes
Et chassent le reclus
Dans la douleur

« Sentir »  comme ressent
Ce pauvre terrassé de souffrance
Pour le connaître et s’en servir comme
Marche-pied
De sa puissance
Impuissante : cela traverse
Tout « Thénardier »
Qui se vend et
Vend la souffrance
De l’innocent
Aux monstres de richesse !

« Sentir » de l’extérieur de l’art
Ce que ressent le poète
Sans avoir à comprendre comment
Il a pu accoucher dans la douleur
Quelques vers « délicieux » :
Sans viser la renommée
Ni le divertissement
Mondain
C’est comme vouloir faire sortir
De la boue de la vulgate
Le plus beau message
D’Humanité

Ainsi pérorent les petits rois
De la rhétorique qui
S’extasie devant
Le « sensible » génie
Après l’avoir conspué de
Son vivant !

Et la mode de la douleur
N’en finit pas avec
L’apostasie
Du bonheur lequel est quand-même aussi
L’apanage de ceux
Qui s’emploient
A moduler le
Cri de la
Beauté

Ainsi le tourisme de l’art
Juge et encense des valeurs
Déjà ossifiées par
La richesse
Au sacré nom d’un bonheur sensible
Tant de chaînes qui empêchent
De passer outre
La loi du commun : celle qui
Asservit la pensée et
Nie la douleur
Réelle pour
Encenser les prostitués
De tout art

De l’intérieur du poème
S’arrachent ces
Chaînes
Et s’ouvrent les musiques
Et les visions
D’un monde
Toujours à
Refaire …

« La littérature à l’estomac »
Lâchant son souffle
Au rebours de
Toute digestion culturelle
Ouvre au plus profond
De la respiration
Qui bat – bat
Contre la mort
Et surmonte ainsi
La souffrance
Que pas un mot de censeur
Et d’évaluateur ne peut
Sentir comme
Source de
La beauté

 

Alain Minod

3 réflexions sur “La Brûlure de la Douleur

  1. La douleur pour moi n’a d’autre expression que celle du silence….les larmes des pleureuses, le convoi mafieux des truands à la mort du parrain, c’est du théâtre.
    Tu vois ce que je veux dire ma Célestine ?

    J'aime

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