Par raison en corps de folie


De l’épars venus

Signal fantasmagorique

Né de la raison

Les voici qui volent !

Lus de l’index

D’yeux qui tremblent

Se confondent m’aime mot

Déraison sagace

Ils étaient indistincts

D’une liaison étrangère

Qu’importe les sens

Tout arbre bat de feuilles

Là ce jour-ci du brouillard étiré

Surgît la nudité pure

Arasée l’imposture

Tu n’implores pas, Vous faites !

Niala-Loisobleu- 28 Octobre 2017

CHEMIN DES LAUVES…


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CHEMIN DES LAUVES…

 

Les pommes chantent comme des cigales dans la garrigue, à Aix-en-Provence des joueurs de cartes relèvent les plis de l’Estaque

Paul Cézanne vient d’ouvrir les volets sur l’art Nouveau dont il se dit être le Primitif.

Le petit trapu, barbe de cheminot aux joues, la campagne aux semelles, indépendant d’oreille, comme dira Dac un peu plus tard, ne veut plus laisser l’art dans les ténèbres d’un classicisme périmé. Le visionnaire est sauvage comme un homme des bois, dans son regard, qui perçoit la lumière avec une étrange intensité, la nature apparaît vêtue d’une force surnaturelle. Il ne représente plus son image avec un oeil reproducteur, il la réinvente. La fait voir du dedans, de cet endroit du ventre où l’homme a les yeux qui ressentent.

C’est de l’humain débarrassé des impuretés de la société profiteuse. Paris et son mandarinat ne le concernent pas. Il est du pantalon de velours, des bretelles sous la ceinture de flanelle, pas de la redingote et du chapeau claque. Sans esbrouffe, il fait des miracles, ressuscitant la couleur par la nature morte. Et inlassablement, il parcourt des années durant le Chemin des Lauves jusqu’à la Montagne Ste-Victoire, qui fera sa gloire, sans atteindre d’un petit caillou, du moindre brin d’herbe, d’une aiguille de pin et des odeurs de romarin, l’humilité du Maître.

Immense artiste, qui fit de la réalité une abstraction, par l’ouverture de l’esprit.Père spirituel de tant d’enfants qui ne déméritèrent pas de lui, il est visible de loin, comme si cette montagne avait décidé de ne se consacrer qu’à son éternité.

Mais ça, c’était avant…Soulages et la merde dans une série de bocaux exposés au Musée d’Art Moderne

Niala-Loisobleu

6 Novembre 2010 & 28 Octobre 2017