Le long des Quais 3


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Le long des Quais 3

 

Toutes dégoulinantes dans leurs petits bois, mes vitres libèrent des flots d’images salées. En noir-et-blanc, grand reportage d’un match personnel, les voici couleurs de toi dans leurs voyages. C’est soleil dans la glace ou bouché dans le reflet. Selon que la scène fut tournée en bouillon de moules ou dans la négresse bleue d’un dimanche à Robinson. Ah je t’en ai soulevé de foi le pan, ma vie. Libertin respectueux de ne froisser que ta robe et pas ton sentiment. Faut dire que tu ne m’as caché les chemins de ton verger, m’invitant dans le moment de l’inculte à t’y foutre la main pour que la chevillette elle bobinera. Foutre comme disait mon père, si tu renies le jus comment pourrais-tu te plaindre de te faire mettre à sec. Parce que dans ce qu’il y a de regrettablement amer dans cette chienne d’existence, tu t’en dois une bonne part. As-tu déjà eu le courage de calculer le pourcentage qui te revient ? Les regrets éternels sont des maux justes bons à écrire sur les couronnes. Ose, nom de dieu qu’il te plaira de prendre ou de laisser, ose te regarder dans les yeux, pas dans ta soupe.

Niala-Loisobleu – 21 Octobre 2017

Avant ça 


A force d’après il faut revoir

Sous peine de dériver 

Ce qui de Nous ne meurt

Pour le faire vivre

En vert et contre tout ce qui lui nuirait

Passe et reste

L’amour

N-L – 21/10/17

LA BOÎTE A L’ÊTRE 24


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 24

AVEC TON CORPS

S’atténue, la pointe des épines aux boutons des roses que ta poitrine pose. Et les jambages où la flamme brille s’ouvrent d’âtres pensées. Pierre fendue. Pierre humide, pores d’attaches.

Le chemin engoncé dans la fourrure d’un brouillard animal craque sous les pieds. Les mousses capitonnent l’aboi mort du branchage.

La vie sans son drame serait privée de son peint quotidien comme le tertre et ses rapins s’affaisseraient par amputation soudaine de bridés made in Japan..

Je suis là, de terre ferme ponté, alors que tangue ma pensée à bord de la cabane. Les planches iodées n’ayant cure de toutes les ferrailles plantées dans les vases. Il n’y a qu’un seul pétale au trèfle des quatre feuilles qui vaille, le lobe de ta respiration – il va-et-vient au mouvement perpétuel de tes seins – ces chiens courants qui jouent à mes mains – comme des enfants qui ne peuvent pas connaître l’hypocrisie des plus de vingt ans.

Femme odeur de nacre au corail ma langue moule ton empreinte..

 

AVEC TON CORPS

Femme, avec ton corps

qui glisse sous le mien,

docile en la fébrile

floraison de la nuit.

Ouverte, refaite,

l’ombre tisse sur nous

ensemble

un même fruit

fait du noyau durci

qui se consume en braise.

Femme ouverte,

ouvrière de vie.

La source souterraine

qui jaillit à ma joie,

offerte, est un pieux

temple

d’humilité.

Jordi Pere Cerdà

 

Avirons de tes hanches. Où va l’aisance sale d’embarquements ? Sans réservation, ni première classe, par la porte dérobée aux lutteurs de passages. Bien sûr que rien n’est dû au hasard. Toi et moi, c’était déjà programmé dans le brouillon de la genèse. C’est certainement pour ça qu’à de rares exceptions près, nous n’avons pas les réactions du commun. Tout dans ton corps n’ayant que creux à tiroirs secrets. Fut-il un dialogue plus écrit de silence que celui de nos rapports ? Mis à part le premier du premier jour du premier monde, je ne vois rien à signaler d’autre. C’est comme nos bouches, elles n’ont jamais eues les jambes et les bras de tout le monde. Passage au-dessus du vide par une passerelle de tentacules tressés. C’est la réalité de l’Absolu. Rien qui ne soit autrement que contraire aux usages, tout à l’envers d’une signature au bas d’un papier d’état-civil. Une simple transfusion sanguine des poignets pour toute griffe à l’acte. Marée d’an neuf héliportée au rivage, toute alevinée roses écailles.

Niala-Loisobleu -11 Janvier 2014

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