Le long des Quais 2


cropped-img_1926.jpg

Le long des Quais 2

Elle travaillait à la chaîne le soir quand les réverbères allumaient leurs clopes. Avec une copine, du Bd St-Germain, elle cherchait autour des troquets de la Place St-Germain-des-Prés de quoi donner à vivre, au poète qu’elle aimait. J’ai jamais été aussi profond dans le labyrinthe du sens moral,  avec les jours que ma vie m’a amené à pas toujours choisir, Germaine m’a fait  affronter ma tolérance dans les coins les plus enfouis de mon être.

Bien sûr la vigilance que ça exige pour éloigner le con type, peut-être au-dessus des moyens du lambda. D’abord il y a ceux que ça choque d’emblée. On trouve souvent tellement d’ignominie en eux que ça me prive de réponse. Que dire au con pourri intégral ?

Pourquoi je parle ça ? Oh, parce que d’un mot échangé avec un écho, remonte le problème de l’absence de résonance de ce monde qui prétend à l’union. Il sont trop fréquents les matins où le congruaire monte en chaire pour me gaver avec ses petites pensées hypocrites. Je suis propre, peut-être que ça explique mon accès à ce que la société juge.

Le blanc qui passait dans les yeux d’une de mes maîtresses quand elle me disait combien elle aimait son époux alors qu’elle répondait à mes coups de reins, m’a débouché les oreilles.

Niala-Loisobleu – 20 Octobre 2017

Dire la dada


RobertFrank

 

Dire la dada

 

Le tain pâle d’un jour ordinaire balance son raisin sec sous la treille. Ses bas troués chaussent le boitillement faisant bon ménage avec la canne. Le bègue de lièvre ne saurait conter les spasmes troublants des garrigues à l’ouverture des pores tiers.

Ce relent de saut à la perche tire son élan de toutes ses forces. L’instinct du refus conservant une trace de mémoire. Mot d’espoir qui cherche l’orthographe du sans faute.

Sous les fleurs non-sevrées du corsage, la forge tient la braise. Du cou il faut bien fer quelque chose de l’enclume.

Comment dire à un enfant qu’il n’aurait pas du venir au monde ?

Niala-Loisobleu – 20 Octobre 2017