Lettre à l’Enlise


Lettre à l’Enlise

Torchée d’une poignée d’oyats, la mer pique pas son phare, elle est d’une seule présence. Qui s’est avérée ignorée au fil du temps : la délicatesse. Si les marées des soirs des copains d’abord, propres au sel, gardent les guitares à flot, c’est par la grâce d’un être exceptionnel. Il y en a. Mais  à bien y réfléchir, il sont là que pour servir d’éponge. On sait que la navigation terrestre n’a de chance de se faire qu’en survol du tas de merde. Ce qui aux yeux d’un non-croyant justifie qu’ils soient au ciel, il faut bien quelqu’un pour en démasquer l’imposture. Les marchands de rêves sont les guichetiers des cimetières. Ont-ils jamais su ce que c’était un rêve ? Je certifie que jamais ils n’en ont eu la première idée. C’est de l’illusion qu’ils vendent. Et qui peut aller très loin dans le sens du crime quand du snif ça vire aiguille. Mais qui aurait l’idée de changer un truc qui gagne ? Quitte à trépasser autant savoir pourquoi on s’arrête au croisement d’un brin d’herbe, d’un lapereau qui embaume la piste, d’une fleur sauvage qui n’a pas de lien avec le saint du jour, , d’un vent qui cherche à voir la culotte d’une parole de chanson en quête de note. Que de merveilles, surtout dans l’immense tout petit, règnent en ce monde d’aveugles qui font du macro avec l’insignifiance. Au point que peu dans la masse qui va me lire, pour pas dire personne, comprendra que si je n’étais pas optimiste je dénoncerais pas le gâchis qui en est fait. Je pleure comme le con intégral que je suis. J’ai mal au sensible, j’peux pas tricher avec l’amour. J’ai mal d’aimer et ça me tue la joie de vivre. Alors imagine le danger que je cours en permanence. Je suis sans l’avoir voulu et encore moins demandé, le centre d’hébergement des paumés. les migrants de l’errance, plus dangereux que les plus venimeux des rampants qui foulent l’ombre d’eux-mêmes. A la gauche et à la droite des politiques du chacun pour-soi, mon vélo ne s’appuie pas. Il a juste à voir  avec le mouvement des manivelles qui en soulevant la jupe jusqu’au ciel, cherche à trouver ce puits de vérité parmi les marigots qui y sont planqués, genre terrai-miné.

Niala-Loisobleu – 26Septembre 2017

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5 réflexions sur “Lettre à l’Enlise

  1. T’enlise pas, zoizo, la mer embarque les piquoûses et fait tout bien propre au fond des poumons et nous on s’étale, des grains de sable plein la culotte en riant comme des moufflets de cinq ans. C’est çui qui dit qui est, et les salauds restent des salauds.
    Mais regarde: les coquillages s’ouvrent sous la caresse du sel.Fait beau dans mes yeux.
    ¸¸.•¨• 🦋¸¸.•¨• 🦋

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    • Le beau n’a que les yeux pour pleurer de vrai, pas de regrets.Lacrymale source de l’émotion, quand ça pisse la culotte, on la change pas pour une couche si fausse qu’elle n’a pas le don d’enfanter. Atout-pipi rigolent les enfants ! Petit-rû fait grand, que la nacre rosisse les cafards. Jusqu’au fond du large nous irons monter la pierre pour qu’elle dévale de son sommet. Allez hâlons Céleste !

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      • Reviendu, me revoilu Céleste, parce que je pense bon de parler de l’étale « la renverse », ce moment des marées où le courant s’arrête. Il est majeur pour nous deux. Que ça monte ou que ça descende on fait ni l’un ni l’autre dans l’indifférence. Engagés plein pot, on relève la manche sans éluder et encore moins fuir. Restés enfants dans l’âme on pense à ceux là des gosses qui ont besoin de soutien, pas au sens décadent du scolaire, au sens émancipateur du lucide. Alors qui imaginerait que nos souffrances font la néantisation de notre vigilance à garder la tête hors de l’eau, se gourerait un max. La sensibilité c’est l’épreuve du comprendre. Rien d’elle ne serine, c’est à l’écorché que ça règle les problèmes de circulation. Comme sachant l’étale et son importance, on bloque le courant en mettant tout au dehors. Il faut rendre les choses visibles, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. C’est la loi de l’équilibre l’étale. Alors sans user de la haine, mettre le défaut au soleil, ne pourra nuire qu’à l’ombre. Puisqu’il faut la chasser, c’est tant mieux.
        Je te serre là où ça cogne, bonne soirée, je t’embrasse ma Célestine.

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  2. Le corps et la rêverie de la dame
    Pour qui tournoyaient les marteaux,
    Se perdent ensemble et reviennent,
    Ne rapportant de la nuée
    Que les guenilles de la foudre
    Avec la future rosée.

    Jacques Dupin
    

    Merci Sisyphus47

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