Transe Fusion


Transe Fusion

Le portillon de la cabane bat, un moulinet de pédale à l’arrêt. En se penchant au travers de l’herbe et l’oreille indienne collée au rail, pas même un train ne traverse le passage à niveau. Pour remonter l’étiage il va falloir plusieurs seaux d’ô. Sécheresse d’une langue que la rentrée n’est plus en passe de mettre au programme. L’orthographe ça n’est plus du tout portable. Pourtant j’entends les iris de Vincent violacer d’une forme aigüe contre l’indifférence. Celle que les fous percent dans les barreaux de leur asile, quand le jet ne peut plus éteindre leurs cris. Un jour, quelque soit l’heure, tu rentres et dans l’entrée le miroir te renvoie l’image qu’on ne découvre que dans ses torts. Ceux de n’avoir rien retenu de confiance, acrobate sans filet. Et plus tu vieillis plus le miroir devient grossissant. Four d’un lâché prise. Semailles dans une veine en stase. Le grain a poudré du talon. Au cirque on joue Achille. Alors tu vas et viens dans les tiroirs de tes itinéraires. Bien sûr tu vois défiler le même endroit à piège de merde. Une marque que les pigeons ne nettoient pas malgré St-Marc.

Retournant le taire avec les doigts, tu tires la syllabe, puis la consonne avec les voyelles. Et alors ? Rien.

Rien que la marque sur mon coeur

qui saigne.

Tu n’es pas crabe, marche de vent.

Niala-Loisobleu – 6 Septembre 2017

 

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