Remouiller la peinture avec ses larmes


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Remouiller la peinture avec ses larmes

La grosse pierre qui a le cul dans l’eau, borde la rivière sans se faire un cas du temps que les passants jettent. Certes ceux qui ont fait des écoles, diront, quelques uns pour le moins, que la sagesse fait l’assise, le regard dans les traces d’un canonisé du tant passé. La sagesse aurait-elle encore ici-bas, un point-relais pour se faire livrer ? Pas sûr. En revanche dans la profondeur du fourré la clef du jardin qui existait déjà avant qu’on invente les dieux est toujours accrochée au clou des initiés. Comme pour dire, si tu passes sous la porte-basse tu trouveras de l’autre-côté l’outillage araire pour l’entretenir. Le plus touffu enferme plus de lumière que l’absence d’arbre dans la plaine de la Beauce. Le pas commun, c’est le point qui fait le joint avec l’unicité de chacun. On peut dire que c’est le contraire du must, la connerie marchande qui va tout axer sur la mode. A commencer par la pensée unique. La diversité c’est ce qui fout le plus la trouille aux chefs. Jusqu’à ce qu’ils se croivent Jupiter. Hommes-ovins qui paissez par là reste-il un seul brin d’herbe derrière vos chiens, après votre passage ? Rien ne sèche de ce qui va sortir du tube pour se poser sur la palette.

La Peinture a du bois d’arbres dans sa texture. Un mêlé de sang et de tripe, un frisson , des poils dressés, l’apparition du caché, la naissance de l’enfoui, la mort vaincue. C’est l’opposition au néant par la naissance. Le refus du rouleau compresseur. L’acceptation de ce qui est Autre pour demeurer Soi. La couleur boucle chacune des lettres de ses mots. Poème, chant céleste, voyage intersidéral.

Mieux vaut être maudit dans la création, qu’applaudi dans la négation des effets lasers déplaçant l’ombre à la place de la Lumière. Mon Jardin, que mes yeux irriguent encore, repart à la rosée du nouveau matin.

Niala-Loisobleu – 4 Septembre 2017