Le poids est sur la pierre


Le poids est sur la pierre

D’un souffle arrêté, la voile perd de l’erre. Au bout de l’amarre, bien qu’au large on colle toujours au ponton, sans réelle remontée. A croire qu’une pieuvre boit l’encre. Un phare au fond c’est naufrageur. Les abysses font enseignes.

Juste la trouée des palmes pour remonter en surface . Palier par palier. Ara d’aquarium et poisson-lune en balançoire de luminaire vespéral. La tige végétale d’une érection bleue transe perce le morose de la fleur vulvaire. Vibre l’âme de la pierre. Il faut retrouver la clef du cabinet de curiosités pour libérer les papillons.

Niala- Loisobleu – 2 Septembre 2017

d7feff718a23fad3cd55810db18071cd

DEGOÛT DE SEL


DEGOÛT DE SEL

 

Des embruns dont tu éclaboussas les rives d’une chimère, j’émascule ton jardin sous la mer

Ô abyssales plongées.

Sable doré où les galets ricochent sur leurs rides pendant que l’oeil noir de l’anémone lascive joue l’ouverture de la marche nuptiale. Des enfants-morts-nés sortis des bocaux de l’Institut Médico-Légal, tiennent la traîne de cette fourbe pensée au sourire de circonstance. Le témoin de la mariée est assis au premier rang en qualité d’amant. Sur l’autel les bouquets jaunes ardents  soupirent à petits cris sous la garde du Suisse. Tout a été arrangé la veille chez le Notaire. La noce est conforme au rite trompeur du savoir-vivre.

Tournoie l’algue à tordre, ses fragrances s’essorent au buvard des phalanges

Doigts humectés couleurs coquillages, l’aplati d’un sein disparait sous l’aventure des ongles sales laissée aux aréoles tenues non sans peine par les bretelles molles

Surgi au-dessus de l’arène dans le  tonitruant  des cuivres

le râle sourd des ténèbres

Il entame la  musique qui sera avalée par abstinence. Je sors par la porte principale, face au soleil, la venelle est large.

Niala-Loisobleu – 3 Septembre 2017

a202227791363a794f84376708ccbe6d