L’Air


L’Air

par Jacques Dupin
 
 

Le corps et la rêverie de la dame
Pour qui tournoyaient les marteaux,
Se perdent ensemble et reviennent,
Ne rapportant de la nuée
Que les guenilles de la foudre
Avec la future rosée.

 

L’Expérience mon Petit, l’Expérience…. Ah que me l’a-t’on dit…et pourquoi ? Ma foi jamais ô grand jamais de tous mes coups foireux celui qui se prend vraiment comme unique est bien celui de cette année. Au point que les garde-fous sont à revoir au sens dimensionnels afin d’éviter la nullité de sauvegarde. Ouah, la tartufferie… là elle dépasse les prévisions les plus pessimistes…

Mais quoi demeure quoi ?

Qui reste qui ?

Le vieux train à la fumée théâtrale, nostalgie, mais rien qui garde le mouchoir en dehors de l’escarbille. Je pleure, oui, mais affligé des coups par derrière. Je marche pas au bouche-trou, simplement, très simplement au besoin.

Tricheurs de tous pays, faut que je vous vomisse et vous laisse à vos comédies. Petits, tous petits, petits. Allez de l’air !

Niala-Loisobleu – 27 Août 2017

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UN CAILLOU DANS LA POCHE 5


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UN CAILLOU DANS LA POCHE 5

Abrupte poussée que celle

Pourtant jamais je n’ai eu d’attirance pour la montagne, m’aime si dans ma première jeunesse j’y fus allé à bicyclette. Ce n’est pas de ma faute et mettrai ceci dans un conte d’amour du contraire plus que dans une erreur.

Fleur bleue, voici l’aconit, gardez vos appels au secours, « Le Casque de Jupiter » n’est que rock halte-titude.

Niala-Loisobleu – 27 Août 2017

L’Aconit

Un seul mot portera la réplique et le coup de grâce. Sa vision qui s’élabore dans la profondeur de ma main doit vaincre les sarcasmes du printemps, la félicité des
oiseaux de passage, l’air léger… Un mot dont la clémence à midi se dénudera, brûlera…

Et ce ne serait plus le nombre de la folie, mais la seule invocation, dans les désordres de l’amour, qui éveillât au cœur de la bien-aimée, cette pierre de lune, ce
flacon de vent, le très petit trident qui féconde la parole. Un souverain trait de rupture entre le mal et son retour pour que s’impriment et s’effacent, sur les sables nubiles, un
enchevêtrement de signes ,— et le signe suivant.

Jacques Dupin

 

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Un Caillou dans la Poche 5

2017 – Niala – Acrylique s/Canson encadré s/verre 30×40

C’est toujours la m’Aime Chanson


 

C’est toujours la m’Aime Chanson

Les meilleurs coins sont à proximité des vieilles pierres moussues. On ne sait pas quand, qu’importe, on est certain qu’elles ont été maison d’amour dans l’ailleurs proche. Gratte dessus avec ton doigt, tu vas reconnaître la senteur de ce parfum exceptionnel. Dès lors ne t’arrête pas, attise fort la chair de la forge de vie. Chauffe ce point d’énergie. Il va transmettre un flot de fluides extraordinaires. Des images fabuleuses vont apparaître, emmenant tes yeux dans une course où tu vas rebondir, tel l’écho de ton vital enfermé. Dans ces vallonnements tu te reconnaîtras protégé, isolant l’agressivité sans recours aux armes. Unique paix où le voyage a commencé. Tu es entre toi et toi, à fleur de peau, totalement nu. Dévêtu de tes peurs primaires, de tes refus, de tes inhibitions dévoreuses te voici prêt à croire.

Niala-Loisobleu – 26 Août 2017

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Moelle Epinière


 

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Moelle Epinière

Route lourde d’embûches, cruelle d’animaux cauchemardesques. Leurs cris font parfois peur aux étoiles. Courir à colin-maillard tétanise l’espérance en excitant les formes mammaires. Armés de maisons blanches accrochées aux flancs des sierras, mes ongles ont griffé la terre des couloirs en labyrinthe. Teintés du  rouge de l’arène, pas pour l’estocade, pour la mise amor. Femme à la lanterne,  les deux pieds dans le marécage, les cordes du piano pincent les doigts de ta boule de cristal. As de coeur, pour transpercer, suivre la flèche.

Comme une aube coupant les ténèbres d’un trait rose, tu es là depuis avant tout.

Un escalier vertèbre ton dos au départ. J’entre dans ta bande.

Niala-Loisobleu – 25 Août 2017

SAUVEGARDE


SAUVEGARDE

Paralysé par un vent mesquin, soufflant contraire, le rapport est bloqué au coeur de l’incompréhension. Les dents des récifs ont poussé sur la douceur des bandes sablonneuses.

Sur les fenêtres de mes oreilles, j’ai cloué les planches de la cécité. Yeux fermés sur la longue-vue, l’horizon s’est fait invisible Echapper au naufrage pendant que c’est encore pensable. Mais ?

Niala-Loisobleu – 24 Août 2017

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A cheval de semailles


A cheval de semailles

D’île en île,

j’ai navigué guidé par le vent d’une seule volonté: que les côtes n’aient d’autre visage que celui du large

Tempête en encolure

les poils de mes crinières ont blanchi aux écumes ourlant les rivages

de tous bois de flottage

entre selle et sel d’une trouée bleue dans les nuages

 

mes pores suent des rancoeurs d’accordéons qui ont le tort de visser les pas du tango au plancher du radeau, un mirage en traversée sous les tournoiements d’une boule dans la gorge

On peut aimer la fumée des escales dans l’écart des cuisses de la brume sans que l’Île au Trésor en sorte comme de l’absoute du confessional

Les couleurs du tant galopent sur la crête des canopées en suivant le mouvement des ailes des perroquets, des tape-culs et des misaines toutes voiles hissées gonflées du vent des chemins de liberté écrits au burin à l’encre des pierres

Niala-Loisobleu – 23 Août 2017

 

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CLAP ! TOURNEZ !


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CLAP ! TOURNEZ !

Tombant sous les fleurs il y eut l’an passé, tout en fête. Que de flagornerie pour enrôler à la meute. Les lêches ont le même processus de camouflage pour rallier en vue d’un but non déclaré. Ignorer que dans l’esprit d’un ou de plusieurs, tu représentes une utilité majeure aidera à mettre en place le scénario , le décor et les acteurs qui feront tourner la caméra, au signal du clap. L’amorçage est parfait. De l’enfant appelant son père, à la Muse énamourée, aux voisins courtisans, auxquels on ajoute une cérémonie quel programme chargé cela fait.

Mais sots que vous êtes le sournois servi par dessein d’une ambition n’a qu’un temps court. L’Amour refuse la tricherie.

Le rond-de-jambe en devînt carrosse. L’année dégoulina d’ambitions toutes plus menteuses les unes que les autres. Au point que le climat en perdit la boussole pour finir par tourner sa veste. Un silence lâche coupant court à toutes explications. Sifflons ce navet, faire avaler une couleuvre en la faisant passer pour une vipère, ne montre que l’usage du faux en toute évidence. Nous resterons en dehors mettant la décision à l’ordre du jour de voter contre.

Niala-Loisobleu – 22 Août 2017

 

L’Ordre du Jour

D’élire domicile au cœur ,de l’entracte, acquiescement et refus obligent qui les creuse. Par l’incorporation du hasard à la chair, j’incarne enlin la transe originelle,
j’accueille la foudre du premier rapt. Je suis le moment d’oubli qui fonde la mémoire. Au cortège des apparences et des merveilles d’offusquer l’inanité de ma conquête,
l’anonymat de mon angoisse. Car, du fond de ce malheur, je suis la foule, l’énorme vigueur aveugle et la plus courte flamme. Je suis ce point de morne et suffocante réflexion, la
projection instantanée d’une errance future et d’un mensonge mort. Chaque brûlure est un passage, une défaite approfondie. Au haut crucial où s’abolit la danse, l’expiation
commence et l’acte nul. Mais de l’opération qu’ils impliquent et renoncent, j’augure ironiquement d’un orgasme définitif.

De ce mal qui s’étire dans la longue saignée des siècles, je suis l’exacte et pure abstraction,

– le nœud d’asphyxie formelle.

Ignorez-moi passionnément!

Jacques Dupin