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VIDE-POCHES


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VIDE-POCHES

Sur la place vide je n’ai pas eu à tendre le cou pour sentir battre l’artère du chemin de taire. La poste a mis ses boites à lettres sur le parking pour que les voitures qui stationnent s’adressent à elles. Quelques mots en pensée, au dehors d’une carte-postale, ça possède plus de relief qu’un restant d’assiette sur une nappe de brouillard. Les pigeons de là me paraissant domestiqués par l’usage des miettes, je continuai  jusqu’à la lisière du coin inaccessible en voiture. Besoin de me retirer au creux du tissu charnel, là où la touffe d’herbe ne craint rien du desserrage du bouchon de vidange. Et du vent porteur  il y en a. Dessinant le contour d’un trait léger, j’appuyai un peu plus fort au Centre. C’est émouvant de recevoir la réponse instantanément. Ce qui enrobe la surface à perte de vue finit par faire croire. Comme si la vie n’était pas un tiret coupé d’aire. Le bistro qui retenait les joueurs de manille de mon enfance, ne laisse plus passer sous ses brise-bise qu’un disque de der. Ceci ne lui enlève rien de l’atout. Il est à moi, une image à jamais de mon vivant parmi les morts. Comment pourrait-on imaginer que j’accepte de commencer ma journée sans tes lèvres ?

Niala-Loisobleu – 25 Juillet 2017

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Matthieu Gosztola : Nous sommes à peine écrits. Chemin vers Egon Schiele


Matthieu Gosztola : Nous sommes à peine écrits. Chemin vers Egon Schiele

par Michel Ménaché

Pianiste, photographe, poète et critique littéraire, Matthieu Gosztola rassemble dans son dernier recueil de courts poèmes écrits après un deuil intime. Les figures de l’absence engendrent d’infinies variations, attisent la brûlure intime du vide : « Le visage / Est un départ sur place. » Le pouvoir de l’infime peut être immense quand l’émotion survit en multiples échos, par la seule présence d’une photographie ou d’une image enfouie. Le regard ne se contente pas de voir, il scrute au-delà : « Il suffit d’un tout petit visage / Pour faire sur l’eau des / Souvenirs / Les plus beaux ricochets. » La mémoire est inséparable de la mort. Si oublier c’est faire mourir en soi, se souvenir c’est invoquer ce qui n’est plus mais qui résiste : « Ton visage / A fait un enfant au silence. » Écrire alors, c’est la rage consciente ou non de féconder le déni du manque par le poème, jeter un pont entre la réalité rejetée et l’envol de l’imagination : « Gabrielle traverse / cette mort inventée. » L’auteur exprime avec une grande délicatesse d’images les sentiments fraternels du « tremblement de vivre. » Le temps retrouvé de l’enfance lui permet de retisser le lien rompu, de revivre la fusion ardente : « Tout ce qui nous relie / c’est l’évidence des sources. » Si Egon Schiele, le peintre des morsures du désir et de la douleur, a cultivé un lien fusionnel avec sa sœur Gerti, son double féminin, le poète quant à lui n’a pas franchi les limites de la pudeur. Il continue d’être en chemin : « peut-être est-ce impossible / de venir à bout d’un visage. »

 

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Je reste

essuie

à ta Base

iso-selle

Re-naissant

N-L – 24/07/17

 

 

Mots d’Encre 10


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Mots d’Encre 10

 

Finir dans le silence d’un cri qu’on avait commencé, ne laisse qu’un témoignage de bonne vision d’ensemble des choses de la vie. Aimer jusqu’au bout sans trahir, est à mes yeux une légion d’honneur autre que le hochet pour lequel l’homme se prostitue. Cet homme veule qui anémie et contamine un univers sain et merveilleux au départ, pour en faire un ensemble épars, démantelé n’ayant que désir de tout dévorer.

Le serpent était bien réel au départ, c’est l’Arbre qui a été représenté en faux.

Mon Arbre reste cette entité du départ.

Ses fruits ont l’innocence du puits.

D’autres mots viendront de l’encre qui m »habite. Le grand A du mot Amour est toujours la m’aime lettre ornée. Le seul mot qui en français ne peut jamais prendre de majuscule est « garce ». Il a, je le regrette un emploi permanent dans un choix de sens hélas fort nombreux. Là où le temps se fait cartes postales, on voit bien des navigateurs de comédie périr à tout jamais. Je n’ai pas d’ex-voto pour ses courses trompeuses où les chevaux sont drogués. Le malheur qu’on affiche en gros titres à la hune, est tellement étranger à celui de millions d’individus qui n’en disent pas le premier mot, qu’on ne fait en vérité que parler pour ne rien dire.

Je t’aime et je t’aimerai de ton creux vibrant, jamais pour ton vide tonitruant.

Niala-Loisobleu – 24 Juillet 2017

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Mots d’Encre 10 – 2017 – Niala – Acrylique s/contrecollé, encadré s/verre 18<24

Dernière oeuvre de cette Série


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Mots d’Encre 9

 

Espèce d’arrêt sur image, pas besoin de faire venir la femme de ménage, suis assez grand pour nettoyer le velléitaire qui se glisse jusque dans la prévision météo tellement c’est devenu un usage de se goberger à faire croire qu’o a tout corrigé de ce qui pouvait ne pas aller. L’illusion a pris l’humain pour lui pardonner son déni de ce qui fait l’humanité d’un être. Se faire passer pour, tout en restant dans la désagrégation de la planète, c’est ça le must. Genre j’balance mes déchets dans la mer pour pas salir devant ma porte. Hypocrisie se doit d’être. On a appris il y a longtemps, aux hommes à croire. Seulement qu’à ce qui n’existe surtout pas dans l’acte. L’évangélisation s’y est prise immédiatement dès que le premier dogme a senti le danger de pas prendre le pouvoir. Redonner bonne conscience au menteur voilà l’idée qui a tout de suite parue la meilleure. Et ça marche toujours. La barbarie peut en témoigner. On se revendique de Simone Veille, juste pour devenir plus macho qu’un salaud de mec. N’interroge jamais une enragée du MLF sur la vie de cette vraie femme. Elle te dira, dans le peu qu’elle en sait, que des choses qu’elle a jamais voulu et encore moins pensé. Faire semblant tant que ça n’aura pas cassé, ça sera à l’ordre du jour..

J’suis un vieux con

Je crois en la seule vérité de l’amour. Les poupées gonflables les plus délurées me laissent au milieu de la rue. Pas sur le trottoir où elles racolent du tatouage sous le nombril en lieu et Place des Grands Hommes où naquit La Naissance du Monde. Marre du latex et de tout ce qui gonfle à côté de l’endroit fait pour. L’Arbre à Médecine de l’indien d’Amazonie me fait autrement bander. Si tu vois, c’que j’veux dire. Genre ara qui rit, sarbacane à souffler au fond des trompe, peintures symboliques de ô en bas de la nudité décente.

Je n’aurais d’autre dernier Mot pour Toi ma Muse, que celui de mon Encre.

Niala-Loisobleu – 23 Juillet 2017

 

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Mots d’Encre 9 – 2017 – Niala – Acrylique sur contrecollé, encadré s/verre 18×24

Mots d’Encre 8


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Mots d’Encre 8

 

L’été coulant du faîte à la racine, poissait l’étron. Jours de merde à la suite d’une constipation du transit épurateur. Ô Amour si tu n’existais pas, si tu n’étais pas là, présent, rien de la torture du plomb fondu, huile bouillante déversée du haut du rempart ne tenterait de repousser l’espoir au fond du trou. Pétrifié comme en présence des Gorgones, à me regarder fondre au miroir, je quittais la cabane pour faire appel à la peinture sans teint d’abandon. Je hurlerai jusqu’à ma dernière corde vocale tendue au bois de ma résonance axée refus. Mourir oui, mais de la petite-mort. La tête cassée du coup, pendant des cervicales dans le précipice du bas des reins, haletante, une langue chienne remontant au sourd de l’eau ventrale. Et les seins, les sacs , les outres, les dame-jeanne crachées de leur paille giflant l’évanouissement pour me redresser. Amour tu m’arraches de la vésicule pierreuse pour me dissiper la bile d’un caillou blanc, membrane vibrante comme hymen. La lance bien tendue, enfourché à la verticale du galop, quelque soit l’accoutrement du jour sans, mon cheval le pourfendra de part en part dans la lice. L’éclat de la grenade mûre inondant la pulpe fendue.

Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2017

 

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Mots d’Encre 8 – 2017 – Niala – Acrylique s/contrecollé, encadré s/verre 18×24

Lettre d’Egon Schiele à son Oncle


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Lettre d’Egon Schiele à son Oncle

La vie doit être un combat contre les assauts des ennemis à travers des flots de souffrances.

L’œuvre de l’artiste autrichien Egon Schiele (1890-1918) constitue une véritable ode au mouvement, à la chair, à l’érotisme et à la nature. Si l’on connaît de lui de nombreuses toiles et dessins, ses poèmes et lettres restent plus confidentiels. Dans cette missive cet « éternel enfant » prend sa plus belle plume et livre sa philosophie de vie.

5 mars 1909

Mon cher oncle !

Permets-moi de te parler de ma philosophie de vie. La passivité ou la patience poussées trop loin conduisent à des bouffonneries comme l’impatience et la patience d’ange qui exige avant tout du clame dans le sang. La mélancolie induit la patience, la patience l’expérience, l’expérience l’espérance et l’espérance empêche la débâcle. L’enthousiasme pour l’équité et une liberté raisonnable font de l’homme noble un despote, et l’impatience passionnelle est responsable de la disparition de son talent et de sa bonne volonté. Supporter pour supporter est une sinistre folie ; la patience est généralement un mélange d’insensibilité, de paresse et de lâcheté ; la patience qui s’oppose intelligemment à la pression et sait attendre son heure lorsque le courage et la force ne conduisent pas tout de suite au succès, est la seule vertu qui sera récompensée par elle-même. L’endurance permet d’aplanir des montagnes, de borner l’océan et de transformer la pierre en murs et en villes — qui se vaine lui-même est plus vaillant que celui sui surmonte les murs les plus solides.

L’indignation ou l’agacement face aux offenses que l’on doit encaisser infligent à un tempérament vif, des nerfs fragiles, une sensibilité exacerbée et à la pensée une souffrance sévère ; elle vous prive de sommeil, fait maigrir, ôte l’appétit et précipite dans la mélancolie. La peur défait les forces du corps et de l’esprit.

La confiance en soi est la base du courage, le danger présente un attrait tout particulier pour la confiance en soi ; des êtres doués d’imaginaire deviennent facilement des aventuriers. Le désir d’éprouver sa force, de vaincre des difficultés rend courageux, à l’instar de l’intrépidité de la jeunesse. Le courage est l’état psychique qu’il faut pour affronter le péril de manière réfléchie. Le courage est la première représentation de la vertu que le fils de la nature comprend.

L’indépendance est un grand bonheur, doublement appréciable pour une personne d’esprit qui aime à être indépendante. Tout le monde n’a pas la qualité requise pour en jour dûment. Mère nature veille sur l’espère humaine comme dans le règne animal.

La vie doit être un combat contre les assauts des ennemis à travers des flots de souffrances. Chaque individu doit lui-même combattre et jouir de ce pour quoi la nature l’a conçu. Un enfant encore ignorant a déjà ce qu’il faut pour traverser un pont très long exposé aux pires tempêtes. Nul garde-corps ne sécurise cette passerelle étroite et étendue. Sur l’autre rive, l’ilot de la vie terrestre est strié de souffrances et de joies. Et il se peut que, des années plus tard, les essaims éprouvés retournent là où ils avaient commencé, emplis et repus de sagesses de la vie.

Rien n’est plus honteux que d’être dépendant, rien n’est plus nuisible et plus dommageable pour un caractère bien trempé.

Ce n’est pas comme ça que je pense, c’est plutôt ainsi que je le ressens, mais ce n’est pas moi qui ait écrit cela, ce n’est pas ma faute. Une pulsion est là, permanente et toujours plus puissante, qui me soutient dans ce que je viens de dire.

Toute la faute incombe à la nature. Ton neveu redevable,

Egon.

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( Egon Schiele, Je peins la lumière qui vient de tous les corps, éd. Agone, coll. Cent mille signes, Paris, 2016. ) – (Source image : Egon Schiele, Self Portrait with Physalis, 1912 © Wikimedia Commons)
La vie est-ce de rouler sa caisse, sans rien voir du paysage humain qui l’entoure ? La souffrance que le regard d’une sensibilité existante, incise dans la chair, ouvre sur la Beauté intrinsèque de la Vie. Sans se perdre dans le petit drame à 3 balles du sentiment de comédie, apitoiement du faux-sentiment se mettant à la une du quotidien, à côté de l’amour véritable des démunis ne demandant rien. L’Amour est souffrance, pas une scarification de malade du bulbe.
Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2017
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