VIDE-POCHES


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VIDE-POCHES

Sur la place vide je n’ai pas eu à tendre le cou pour sentir battre l’artère du chemin de taire. La poste a mis ses boites à lettres sur le parking pour que les voitures qui stationnent s’adressent à elles. Quelques mots en pensée, au dehors d’une carte-postale, ça possède plus de relief qu’un restant d’assiette sur une nappe de brouillard. Les pigeons de là me paraissant domestiqués par l’usage des miettes, je continuai  jusqu’à la lisière du coin inaccessible en voiture. Besoin de me retirer au creux du tissu charnel, là où la touffe d’herbe ne craint rien du desserrage du bouchon de vidange. Et du vent porteur  il y en a. Dessinant le contour d’un trait léger, j’appuyai un peu plus fort au Centre. C’est émouvant de recevoir la réponse instantanément. Ce qui enrobe la surface à perte de vue finit par faire croire. Comme si la vie n’était pas un tiret coupé d’aire. Le bistro qui retenait les joueurs de manille de mon enfance, ne laisse plus passer sous ses brise-bise qu’un disque de der. Ceci ne lui enlève rien de l’atout. Il est à moi, une image à jamais de mon vivant parmi les morts. Comment pourrait-on imaginer que j’accepte de commencer ma journée sans tes lèvres ?

Niala-Loisobleu – 25 Juillet 2017

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