Jeté de cailloux


dreams of distant lands_by_makusheva-d7kr4su

Jeté de cailloux

Toute la lune pleine va de cette touffe romarinée d’un bouquet d’iris crié aux barreaux qui te retiennent. Qu’est-ce qu’une minute où tu trottes comparée aux heures où l’air se retient de respirer , où les trottoirs s’ouvrent de goûts vides ? Un arbre plus vieux que moi m’a dit ton sillage laissé d’odeurs suaves aux ondes dont tu l’as traversé, je sais écouter, sans lire, sans parler, humant tes traces laissées aux garrigues où tu suintes en chantant amour, sans besoin de lyre, à cœur ouvert. Les baleines remontent les vents-debout, Ultra son qui pleure des abysses à la source tibétaine. Une lionne a marqué la savane d’un appel lointain. Je t’ai battante aux reins. Deux arbres bleus s’accouplent au fond des maisons blotties au bout de mon jardin. Volets grands ouverts sans jalousies . La monotonie d’un clavier triste cherche l’accord d’un glissement de cuisses frottant l’épaule au décolleté d’un tango, poitrine-balançoire, violon-bandonéon sorti des bretelles abandonnées au dossier de la chaise. Provençale une tache rouge saigne la manaderie d’un cri d’arènes, Je t’entends chanter Carmen. Il n’était pas encore cinq heures, du côté de l’ombre le soleil remontait les guitares corde après corde, sans que les troglodytes arrêtent de fumer, sur la place un âne attend le son de l’Angélus. Tu es endormie sur le fauteuil mes bras sous tes coudes, la cheminée n’a pas éteint ses tisons, la table est garnie de nos pensées, comme pour un anniversaire à célébrer dans l’appétit de baisers allumés, Nous sommes jour et nuit accoeurdés, bosquets cousus aux flancs, sillons acheminés aux greniers, chars à bancs mariés aux cortèges du vent. Laisse ton haleine de foins coupés remonter mes yeux en épingle, te garder la lune ouverte aux jours prochains les plus sombres. Les ciels de lit sur la carpette pour faire gémir le plancher avant que les tomettes éjaculent leur feu.
Niala-Loisobleu – 10 Juillet 2017

MON LONG DU LONG


MON LONG DU LONG

La jetée étire le reste de la nuit vers l’interrogation factice du quotidien. L’embarcadère pour touristes vers les îles était une foi, dort encore dans un rêve à laver la voie . Dans quelques heures il y aura la queue pour embarquer. Les haubans s’en foutent des filles de joie des bars à marins. Ils gémissent de jour comme de nuit sans faire semblant de jouir. La petite lumière qui saute est bien tranquille à l’intérieur du phare. Tout en haut des escaliers, comme ceux où la Butte funiculait des battements de Bateau-Lavoir. Le tant où la bohème posait nue entre les mains de la couleur. Mon coeur et moi, nous sommes sortis du sommeil avant d’être étouffé par l’outre-noir. Cet hymne au désespoir qui rapporte. La joie ça coûte seulement. Comme le prix d’une vérité qu’il faut cacher. Tu t’y colles câlin-maille-art. Faut reconnaître sa soeur en fouillant dans la culotte du zouave, Le mariage pour tous c’est l’étroit mousquetaire d’une politique à la vue basse où tout le monde s’engouffre devant comme derrière. Les murs sans fenêtres ça n’accepte pas les appuis pour les géraniums avec les odeurs de roucoulements amoureux. En revanche ça cultive le pigeon au point que les évangélistes en sont dépassés. Vaut mieux se quitter que de vivre dans un paraître imposteur. Qu’est-ce que je pourrai faire de bleu sans l’amour qui le fait naître ? De l’autre-côté du mensonge l’herbe reste vers. Et le bois vert. M’aime la planche de cabane se fout du surf sur la vague de la dernière mode, tant elle sait qu’on ne sel pas un cheval à cru. La mer ne se montre qu’en plongée, en surface c’est que capitaine de St-Tropez. Je retourne au fond des plis d’accordéons, pêcher la nacre des chansons pour retrouver mon vrai Capitaine. Vos chagrins ne collent qu’à l’appeau. Je vis de sel de nos larmes, dans l’estuaire  de la douceur de ta côte sauvage ouvrant grand large.

Niala-Loisobleu – 10 Juillet 2017