Egypte parabole


EGYPTE Février 2009 123

Egypte parabole

 

Descente de la grande pyramide, remplir le flacon du sable, ma pensée demeure étendue. Il faut s’arcbouter, plier le dos, obscure lumière quand vas-tu surgir ? Les marches à la verticale  descendent vers l’éternité. Qui a dit que le ciel était en haut ? La longue coque felouque un mât dressé, pierre debout des colonnes immenses posant l’oeil au fronton du temple. Immense ? Mot étrange définissant peut-être l’amour survivant à des millénaires. Une légende peuplée des cris de râles dans le drapé du Nil où s’étire l’avalé. Les grains roulent, agités d’un désir de germer aux alluvions.

Transe percée du caillou

que ma langue suce en allers-et-retours

comme un cache où se tient l’émoi

Par les rétroviseurs filent la bobine en boucle, Le pare-brise devant remue les eaux-vives, le chant des cataractes monte des larmes d’une caravane de chameaux ordinaires. Palmeraie, les yeux marchandent la fraîcheur dans le souk du jour qu’il est. On est quoi au fond ? Rien. Ce rien de soi avec lequel on survit pour tisser son univers. Le piquant d’étoiles d’un rêve qui ne fut pas volé. Girofle et safran sur le fil du courant, le sillage bandelette la mémoire pour momifier les séquences mortes d’une existence dérangée par des contre-volontés, étrangères aux nôtres. L’humide tient la Source Bleue étrangement vivante au coeur du désert. Nous avons deux vies, celle qu’on nous impose et que nous refusons de reconnaître comme étant conforme à notre choix intime. En fait nous ne vivons pas ailleurs qu’à l’intérieur de notre creux. Le spirituel évent où demeure notre souffle, qui n’a rien d’un organe au sens terre-à-taire de l’anti-poésie. Ici-bas, on l’appelle aussi la folie. J’y suis totalement allié né.

Niala-Loisobleu – 7 Juillet 2017