Nocturne en plein jour


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Nocturne en plein jour

Quand dorment les soleils sous nos humbles manteaux

Dans l’univers obscur qui forme notre corps,

Les nerfs qui voient en nous ce que nos yeux ignorent

Nous précèdent au fond de notre chair plus lente,

Ils peuplent nos lointains de leurs herbes luisantes

Arrachant à la chair de tremblantes aurores.

C’est le monde où l’espace est fait de notre sang.

Des oiseaux teints de rouge et toujours renaissants

Ont du mal à voler près du cœur qui les mène

Et ne peuvent s’en éloigner qu’en périssant

Car c’est en nous que sont les plus cruelles plaines

Où l’on périt de soif près de fausses Fontaines.

Et nous allons ainsi, parmi les autres hommes,

Les uns parlant parfois à l’oreille des autres.

Jules Supervielle (Extrait de La fable du monde)

GARRIGUE ÊTRE


 

GARRIGUE ÊTRE

Mes doigts piqués fourchette

Le sol de sa chair entre les dents

Goutte à goutte

Je la sirote

Aux fronces de sa toison alambic

Me voici parvenu au silence qui emplit les yeux

Serre peau lest plat nannan

Niala-Loisobleu – 23 Mai 2017

28.05.16 - 1