LE MARELLEUR


LE MARELLEUR

L’arbre d’un pas tranquille est sorti. Pas dehors, ni pour prendre l’air, il était déjà sorti et dedans. Mais pas au dedans de lui, au dedans du bois. Vous savez cet endroit où les rendez-vous dans un de leurs coins, ne sont pas ceux qu’on attend. C’est pourquoi, il regarda derrière lui avant de tirer la porte.

-Personne aux aguets, allons y dit -il, en s’enfonçant la casquette de la nuque au front, à la visière de la forêt.Par le moment qui prend ses quartiers d’oranges sanguines, en jetant ses peaux au sol, il fait un peu nu sous les cimes.

Le mois favorable commence par un signe enfoui entre la source et l’océan, au coeur des eaux profondes et silencieuses de la stagnation et de la macération. La vie devient l’enfouisseuse, qui comme l’animal noir pourvu d’un dard empoisonné, vit caché. Au bord des drames et des tourments de la vie, jusqu’au gouffre de l’absurde, du néant, de la mort..Le Scorpion placé sous la maîtrise planétaire de Mars, et de Pluton puissance inexorable des ombres, des ténèbres intérieures, campe une dialectique de destruction et de création, de la mort et de la renaissance, de la damnation et de la rédemption :

Le Centaure aux quatre sabots plantés au sol et qui se dresse devant le ciel, apparaîtra, un arc bandé en mains, orientant sa flêche en direction des étoiles.Par la venue du Sagittaire avant le solstice d’hiver , la vie reprend mouvement.

L’arbre se promène dans le silence de ses pensées, à l’oeil une goutte de résine, pour lui parfumer le lobe. Essence essentielle de l’énergie qui ne le fait dormir que par apparence.Il sarte, met en sommeil, refait les ors du théâtre, change les tentures, affute les ciseaux à couper l’opacité, huile les gonds qui libéreront les passages sans grincer en s’ouvrant.

L’arbre qui est le père de toute une tribu de pinceaux, aime regarder son ami l’Oiso jouer avec sa progéniture, et à faire des histoires en tableaux. Le temps est peut-être sombre, en cette période, mais les gosses rient en couleurs. Ne vous posez pas les mauvaises questions qui tombent à côté du sujet. Il est beaucoup moins nocif de savoir faire le vide que de l’agrandir en laissant l’inutile gagner du terrain.Le Beau ne peut s’encombrer d’artifices. Sa qualité première étant d’être concis.

Il y a quelques semaines je m’écrivais à moi-même, tout à coup, les doigts couverts de bleu, je repense à cette lettre.Si fort qu’il m’apparaît que je ne cesse d’y ajouter d’autres lignes, comme si j’étais né pour faire marelle après marelle..

Niala-Loisobleu – 19 Mai 2017

1203- enfants jouant ˆ la marelle dans la rue - Paris 1960
©Photo BLONCOURT

 

5 réflexions sur “LE MARELLEUR

  1. De la métamorphose régulée à la mutation verticale, il y a des nuances pleines de symboles à respecter. Faut connaître, c’est l’art de …
    Merci L’ art du consultant.

    J'aime

  2. Depuis que je suis né, les lieux de mes rues ont changé plusieurs fois de sens. Pourtant celui comme la Gare d’Orsay, porte toujours ma ligne de marelle principale. Un ponton que celle-ci.
    Merci Les conseils de Ponine.

    J'aime

Vos commentaires seront toujours les bienvenus

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s