RETOUR EN SOI PEINT


RETOUR EN SOI PEINT

Remué des pierres et défait du dos, entre les doigts tant de fleurs aux vertus dont les noms se sont effacés, j’ai sorti mes pieds de la cabane, une douleur trop forte de vélo dans les yeux. J’ai appelé les cordes du bois des guitares, rentrant afin de pouvoir revenir. Peut-être peindre un jour ou d’eux, me nourrir de l’atelier. Ce rien qui comme le tout, possède plus de fibres médicinales que le trou d’aiguille qui coud coeur en vrille. Le vieux con se souvient du pouvoir qu’ont le pouce et l’index empreints aux palettes des fils croisés. Un oiseau dans la paille du chapeau, pond le gai amour sans la moindre idée de lucre. Et puis de dire à voix haute quand le pinceau parle n’est pas qu’exutoire. Rien d’un jeu non plus. C’est un acte où l’écho de l’Autre avance en réponse.

Niala-Loisobleu – 16 Mai 2017

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ILS DISENT


Ils disent je t’aime avec tant de haine à peine cachée que ma voix tremble rien qu’à vouloir panser ces trois mots

C’est pas que dire « je t »aime »
que je murmure en un m’aime cri
à se ronger les ongles à l’indifférence
J’ai dit le tant des fleurs aux carreaux de mes tabliers
quand buissonnant les trains qui se croisent à côté des robinets secs
j’hâlais aux lés aux lés remorquer les chalands du long de la Seine.

A quoi ça m’a servi
à qui ça n’a pas profité ?
Puisque le combat d’un idéal
c’est pas d’être élu mais de voter tel qu’on est soi. J’en ai rien caché de tout ça mettant à poil la condition humaine
ses hauts-fourneaux, colonne vent dôme, terrils de lapin, filatures pieds et nique-les, air tétées front populaire
pose-toi là Petite-Môme,j’ai ma bouée, lancais-je con comme innocent
tu m’fais l’oeil tout humide tant le soleil gîte dans tes fenêtres
au point d’être retourné de sentiments
oh non
pas à cause de tes revenus ni de ton joli minois, j’aime rien des grosses,
non rien qu’à cause de toutes tes gourances du croyant bien faire que t’as accumulée sans lésiner jusqu’avant que ça devienne de l’entêtement

J’ai rien à t’offrir
sauf un épouvantail qui fait pas peur aux oiseaux, Je tremble de plus d’peurs que de certitudes
aimer ça se situe au poil prêt entre scoumoune et mauvais saure
que mon battant gamberge
à c’que mon odeur à te rapprochera où t’étendra sur place ou mieux, te mettra en marche
Un ticket pour l’ailleurs de ce monde en ruines
un aller simple sans retour pour la Poésie. J’en voulais pas plus….mais voilà…c’était trop demander.

Niala-Loisobleu – 16 Mai 2017