BRIS DE GLACE


IRELAND. 1962. Dublin.

BRIS DE GLACE

Dans une étouffante lourdeur la soirée de ce Samedi soir, buttait aux cadenas du manque d’humanité. Soudain une énorme poussée d’air fit sauter la mauvaise foi, d’un tonitruant: « Marre, j’en ai marre, d’être traité comme une bête ».

Les sept vieillards

A Victor Hugo

Fourmillante cité, cité pleine de rêves,
Où le spectre en plein jour raccroche le passant !
Les mystères partout coulent comme des sèves
Dans les canaux étroits du colosse puissant.

Un matin, cependant que dans la triste rue
Les maisons, dont la brume allongeait la hauteur,
Simulaient les deux quais d’une rivière accrue,
Et que, décor semblable à l’âme de l’acteur,

Un brouillard sale et jaune inondait tout l’espace,
Je suivais, roidissant mes nerfs comme un héros
Et discutant avec mon âme déjà lasse,
Le faubourg secoué par les lourds tombereaux.

Tout à coup, un vieillard dont les guenilles jaunes,
Imitaient la couleur de ce ciel pluvieux,
Et dont l’aspect aurait fait pleuvoir les aumônes,
Sans la méchanceté qui luisait dans ses yeux,

M’apparut. On eût dit sa prunelle trempée
Dans le fiel ; son regard aiguisait les frimas,
Et sa barbe à longs poils, roide comme une épée,
Se projetait, pareille à celle de Judas.

Il n’était pas voûté, mais cassé, son échine
Faisant avec sa jambe un parfait angle droit,
Si bien que son bâton, parachevant sa mine,
Lui donnait la tournure et le pas maladroit

D’un quadrupède infirme ou d’un juif à trois pattes.
Dans la neige et la boue il allait s’empêtrant,
Comme s’il écrasait des morts sous ses savates,
Hostile à l’univers plutôt qu’indifférent.

Son pareil le suivait : barbe, oeil, dos, bâton, loques,
Nul trait ne distinguait, du même enfer venu,
Ce jumeau centenaire, et ces spectres baroques
Marchaient du même pas vers un but inconnu.

A quel complot infâme étais-je donc en butte,
Ou quel méchant hasard ainsi m’humiliait ?
Car je comptai sept fois, de minute en minute,
Ce sinistre vieillard qui se multipliait !

Que celui-là qui rit de mon inquiétude,
Et qui n’est pas saisi d’un frisson fraternel,
Songe bien que malgré tant de décrépitude
Ces sept monstres hideux avaient l’air éternel !

Aurais-je, sans mourir, contemplé le huitième.
Sosie inexorable, ironique et fatal,
Dégoûtant Phénix, fils et père de lui-même ?
– Mais je tournai le dos au cortège infernal.

Exaspéré comme un ivrogne qui voit double,
Je rentrai, je fermai ma porte, épouvanté,
Malade et morfondu, l’esprit fiévreux et trouble,
Blessé par le mystère et par l’absurdité !

Vainement ma raison voulait prendre la barre ;
La tempête en jouant déroutait ses efforts,
Et mon âme dansait, dansait, vieille gabarre
Sans mâts, sur une mer monstrueuse et sans bords !

Charles Baudelaire

Où était donc passé le bon côté de la mer, celui qui transporte l’écume et sa baleine sous la main sûre de Jonas ? J’étouffais la gorge pleine, les yeux noyés, les deux mains avalées par le requin borgne. Le pot-au-feu de l’amer n’était plus qu’un tourbillon dans lequel se débattait les hauts-le-coeur. Non l’injuste vision ne peut donner seule son itinéraire pour le mépris. Debout sur le plat-bord, j’attrapais le filet pour lui mordre les mailles. Libération.Le maudit Dick capitaine doit se démordre lui-même de sa vision paranoïaque. On ne poursuit pas une fausse idée constructive à bord d’une grue de démolition. Marie, mon ange, en ce moment en Espagne, sentant le mauvais coup, m’envoya de Cadix, sa belle figure. de proue: « Papou je t’aime tiens le coup, me dit-elle. »

Nialka-Loisobleu – 26 Mars 2017

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ASSECHEMENT


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ASSECHEMENT

Pourquoi aurai-je ouvert à ce rien qui d’un tout, submerge,

prend la place, s’installe comme chez lui

n’est-il pas entré tout seul ?

Non.

Il n’aurait pas eu la hauteur suffisante pour atteindre le bouton de porte

une courte-échelle  a poussé le pied du mur pour le lancer.

AUTREFOIS…

Autrefois,
nous rêvions trop
en vers et en couleurs
en parler d’avant les langues
nous masquions nos songes de sable
ou de crainte

Toujours à l’écoute du chant
du murmure des cicatrices
« on s’aime blessé » dit un poète
Nous le croyons…

Agnès Schnell

N’oublies pas

que la sensibilité est l’essence

le sel

volontairement

posé

pour qu’elle ne cicatrise pas

Ainsi l’amour ne s’oublie

comme une vulgaire denrée qu’on jette sans l’avoir finie

Niala-Loisobleu – 25 Mars 2017

 

CONFESSION D’UN FOU A SON PSY…Extrait


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CONFESSION D’UN FOU A SON PSY…Extrait

En hommage à Vincent Van Gogh

.

Pour une fois, je vais prendre la parole sans considérer cette faculté naturelle comme une automutilation que je m’inflige pour rajouter du mordant à l’intensité des émotions générées par mon combat psychique quasiment quotidien. Laissez-moi parler, docteur, il y a un conflit ondulatoire qui s’éternise dans mon être sans cesse envahi par des ondes antagonistes qui cherchent à s’y évincer réciproquement. Je regorge d’impertinences et deviens hutin et pugnace devant celui qui se permettrait l’audace de me reprocher mon raffut.
Je ne suis pas qu’un être physique ou simplement un corps matérialisé sur un sol florissant d’énergies lourdes, mon âme est insondable. Vous tentez à chaque fois de numériser mes neurones alors que pour vous, depuis longtemps, amour et humanité ne sont qu’incompréhension ? Vous allez feutrer les poils de ma peau à vouloir cerner le côté délictueux de ma personnalité ; nous ne sommes pas frères d’une même lumière, télétransmis dans la même sphère cérébrale par une même affinité neurotrope. Quelquefois, vous opérez dans un commerce pitoyable pour répondre au mieux à mes hallucinations innombrables, amusées par mon ardeur de jouet épidermique. Quand j’aime, je ne dis pas que l’amour est à moi pour laisser à la haine l’instinct le plus élémentaire. Ma musculature affective ne relève pas de votre sensibilité, je suis un phénomène opératif capable d’agir et de produire une semblance de lui-même à l’état sobre et pur.

…/…

Vous me dites schizophrène, je vous le concède. Je suis un schizophrène conscient de sa schizophrénie et pour se plaire à l’avouer, il faut endurer des pluralités d’insomnies ; il faut tirer à bout portant sur l’érudition des pudeurs à la condition livresque et tant pis si elles en seront affectées. C’est vrai, je perds quelques fois toute notion d’espace et de temps et mes cheveux blanchissent prématurément à quelques endroits de ma palette mais rien de ce que vous pensez saisir de mes délires ne peut aboutir sans ma participation. Ma lucidité a le mérite d’être cyclique ; elle est élastique ; elle reprend à chaque fois sa souplesse d’origine après avoir été contractée. Laissez-moi parler, cela va vous éviter de procéder au téléchargement de mes pensées par effraction, sans crypter les codes de mon homéostasie subrepticement modérée dans un équilibre respiratoire devant lequel votre compréhension risque de déchanter. Nuages, froid, sexe, extase, cauchemar, craintes, surprise, joies, tristesse et sommeil ne sont pour moi que pétarade d’étincelles dans un douillet d’amour et de vin. Je me fustige inlassablement de rimes colorées comme une prime de ma propre colère où nichent mes plaisirs ailés et je m’enivre d’espoir alors que s’étrillent mes miroirs aux pastels de pluie dans le faubourg des indifférences qui m’ont déjà muté au nu vain et stérile.

…/…

À force d’avoir bu tant de douleurs, il y a des orages dans ma bouche et mes mots tempêtent comme de fortes précipitations de soupirs expectorés en signes persistants de délivrance

…/…

Patientez, docteur, ou alors, mettez-moi un oreiller sur la bouche et quand bien même, mon cri surgira de manière à m’extraire des absurdités paradoxales de la morale. Élu par mes nuits mandataire idéal de l’errance dont les chenaux m’ont ordonné label incontesté de la navigation entre les iles, transcendant les points de chutes, je porte mes jours comme un faix d’orgueil avec le vœu de rester libre dans ma raison jusqu’au trépas

…/…

Je suis d’une douleur particulière, ma prose sur la paix n’est pas un âpre chant de désolation que la raison des autres m’impose avec la mystification de ses bruits au goût effréné du bavardage. Dans le souterrain de mes longs soliloques intimement rageurs, les autres pensent dénoter une altération pathologique de mes facultés mentale et je m’en fous. Etre incompris je l’admets, être confondu, je refuse. Il est inutile de me condamner aux partitions des autres pour mériter l’état normal. Je m’interdis obstinément la moindre joliesse acquise sans bouleversement des codes et sans habilité. Ma prose sur la paix est un chant rugueux et touchant d’où émerge la vitalité contagieuse des insoumis dans l’exaltation de mes émotions intenses poussées au paroxysme sans endommager mes urgences. Mais, hélas, on est fou dès qu’on s’écarte du convenable dans les normes sociales dominantes comme des herbes qui croissent en désordre, en abondance et au hasard.

Un homme qui s’exclut de la morale des autres se mutile et qu’importe si ses yeux se dépêchent de regarder ailleurs. Il tombe comme un vieux enclin à la peur de mourir brusquement sans pouvoir dire adieu. Je me crois en enfer, peut-être que j’y suis ? Parfois, je procède à une analyse méthodique de mon cerveau, comme pour la défaillance d’un logiciel mais ma raison persiste à disséquer les particularités de ma folie qui se succèdent avec envie de me déchirer. Devenir fou, c’est ne plus s’appartenir, c’est se désincarner psychiquement pour n’être plus rien ni personne, ou alors, juste un cri d’une libellule qui lentement s’étouffe dans le souvenir des autres…

…/…

Je ne suis ni tristesse ni ennui, docteur, ni l’arrière-gout des joies dans un monde supra sensible des aisances. Vous ne connaissez comme réponse que l’action périphérique pour agir sur l’esprit. Je suis fou parce que vous ignorez les vertus de la parole, Je suis le fou qui s’identifie volontairement au cheval mal traité de Nietzsche parce que je parle de la beauté dont la sensitivité sacrée s’insurge jusqu’à nous soustraire du relief contrefait des interdits. À moins que vous ne soyez chapardeur des expériences essentiellement sensorielles des autres, la beauté peut vous aider à évacuer vos ruminations sur la cohésion de l’être et de son esprit. La beauté déclenche l’offensive de la poésie. Oh, la poésie, voilà le corpuscule d’une extrême ténuité, docteur, qui restera de nous quand sonnera la fin des fins, n’en déplaise aux moralistes ringards qui s’effectuent d’un point aveugle sans le savoir.
On ne dégage pas de la poésie comme on éructe par effet de contre sens à son être. S’engager dans la poésie, c’est avoir l’exceptionnel privilège de réinventer à chaque fois les eaux de son bain, avec des ondes justifiant les effluves de son vin où le jasmin trouve intacte la tonalité de ses enchantements en fureur qui écorchent les inquiétudes et dépouillent le silence de ce qu’il a de féroce. Sinon, on se donne genoux à terre aux idoles qui fomentent des cendres dans nos volontés et de l’acide pulvérisé dans nos idées. Je ne collectionne pas les psys ni des idoles afin d’en faire des calmants ou des expédients à mes peurs soudaines, j’ai du gout pour l’audace. Par contre, je voudrai bien m’offrir les idoles des monarques et celles des psys mais il faudrait qu’elles m’appartiennent, qu’elles soient entièrement à moi et j’en disposerai à ma guise avant de leur cracher dessus pour conjurer mes craintes et réconforter ceux qui s’agitent dans la colère des incertitudes.

Vous vous voulez spectateur de ma vie que vous décortiquez dans une tentative désespérée de me reconstruire artificiellement dans l’illusion d’une réalité. C’est donc dans le sentiment chronique de ma dépersonnalisation que vous expérimentez vos propres doutes métaphysiques afin d’actionner vos mécanismes d’acquisition de connaissances qui servent de référentiel psychotropique à vos histoires sur le psychique alors qu’inversement, il n’est que le pendant intérieur de votre déréalisation. Oui, docteur, l’usure des lèvres étanchées me font encre rouge qui sèche sur une plume irritée contre les brises légères des dieux pénates aux revers déplaisants.

Ne cherchez pas dans mon subconscient, docteur, l’estampille de l’irréalité. Dans la grisaille de vos notes à mon sujet se succèdent mes graffitis de sueurs dans lesquels vous percevrez l’écho renvoyé par mes désirs dans une symphonie de rupture où mes lutins intérieurs ont posé leur dernière pierre. J’ai des folies en réserve alors que mon esprit n’est point une idée préétablie en dehors du rationnel et mon âme n’est pas une esbroufe soumise à la psyché inclinable des carabins caressant les horribles sorts.

…/…

Vous cherchez toujours un accès à mon cerveau ? Faites gaffe, il vous sera plus difficile d’en sortir que d’en forcer l’entrée. La localisation physique de mes sentiments est une équation à plusieurs inconnues, elle sème le déséquilibre. Je ne suis pas un être soumis au calcul algébrique dans une méthode de géométrie variable. On n’entre pas dans la chambre de mon hypothalamus comme on va à l’offertoire des messes où les idoles sont rentables, où les dieux païens habillent Jésus d’un sentiment d’appartenance, développé pour actionner les revues destinées aux grands spectacles de la crédulité. Au risque de me dévoiler bigrement névrotique dans la blancheur crue des sunlights de la physique, je peux faire danser Bouddha à vos pieds dans une longue jupe de tartan sous le rythme aigu d’une chanson raï. Je suis ainsi, pire que moi-même. Je ne suis pas fou, docteur, je ne suis qu’un incrédule.

DJAFFAR BENMESBAH

Source Emmila Gitana

https://fr.wikipedia.org/wiki/Djaffar_Benmesbah

Quelle lumière pour les cellules grises ! Prodigieux, je n’aime pas, je partage, parce que je comprends votre malheur de vivre dans votre petit mouchoir qui pleure…

Niala-Loisobleu – 24 Mars 2017

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Hommage à la Femme Kabyle – Djaffar Benmesbah

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LA BOÎTE A LETTRES 13


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LA BOÎTE A LETTRES 13

LEVEES D’ENCRES

Je me regarde assis, debout dans ma démarche et j’entends couler tes mots d’un bout à l’autre du fil du téléphone, le gel d’hiver demande au garçon de ressortir un parasol, pendant que je vois l’anis  qui dans un coin de porte suce son verre herbacé. Il fait soleil comme quand par simplicité le père Noël n’a pas recours aux illuminations d’esprit…les mots frappent à la porte de l’encrier, j’aime cette photo-montage merci

Levées d’Encres

les magasins sprintent

plus que quelques heures avant ripailles

Sur mon frein tu vas et viens en prenant tout ton tant

Un pont ronronne tout contre la rivière

il fait le gros dos

c’est bon de glisser sur l’ô

Entre des feuilles mortes l’herbe s’est éveillée, elle a dessiné une robe de vie pour aller danser, sans perdre aucune de ses chaussure, puis sans demander une citrouille sur internet, elle t’a rejointe ailleurs, sans faire la vaisselle, ni balayer les râclures des mauvais esprits, après tout, les contes ça se règle mieux à l’amiable qu’avec un huissier…

Niala-Loisobleu – 23 Décembre 2014

Quant c’est pu l’heure que l’homme en habit rouge me pompe avec ses mirages, l’enfant que je reste aime remonter dans son grenier ouvrir le coffre à jouets. L’enfant met tellement d’innocence dans sa croyance que je ne veux en voir que l’aura. Tiens c’est pareil que la première fois où tu m’as donné tes seins à voir. Les mots me sont clos dans la gorge, tellement la tienne  avait pris toute la place . L’émotion ça n’a pas vices, c’est pur comme la première neige avant le passage des voitures. Oh, c’est vrai, ils peuvent dire de moi que je suis con, et alors, ça me rassure. J’ai plus peur d’être sec comme un arbre en plastique qui fait imitation nature dans un jardin à jamais suspendu.

Niala-Loisobleu – 24 Mars 2017

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Et du seoir, les prières touchent au but…


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Et du seoir, les prières touchent au but…

Autour de ma pensée assise, la pénombre a posé son plaid sur mes jambes, les oreillettes du Voltaire ne font pas casque sur tes cheveux, ils coulent libres à dessein au pied de ton cou. Juste tes yeux pour unique lampe, c’est tamiser les étoiles de mon rêve entre les arbres. Aucun oiseau de nuit effraie le tendre silence qui rassure. Quand Nous rassemblons notre présence en cette palette d’actes qu’elle constitue, les tons s’accommodent chromatiquement sans erreur de véracité. Faut dire mon Coeur, qu’on ne sait jamais menti, m’aime aux temps les plus hétérocarpiens. Suis-je lé, te dis-je en suivant tout le long de ton long ?Tu rigoles. Plus claire que la bouche du caniveau que le balai d’osier ouvre. Cantonnier, je cure ton fossé des vêtements de nos voyages où plus ardents qu’un vent de sable, nous nous terrions sous la toile encore fraîche de nos étreintes.

LEON PAUL FARGUE…Extrait

Souvenirs d’un passé qui dort dans une ombre si transparente… Des intimités insaisissables qu’on se croit bien seul à connaître et dont on voudrait enchanter les autres… Certains regards. La voix d’un être cher. La gaucherie d’une âme ardente.. Une inflexion familière très douce et bien humaine…

Des yeux qu’on revoit parmi vingt ans de souvenirs, dans une rue grise, un jour de promenade. Du soleil sur un peu de paille, devant la porte d’un malade… Un regret sobre. Une parole d’un chagrin vague… Un nom touchant qu’on n’arrive pas à retrouver… Tout ce qui porte une chanson triste au bord des lèvres… Et ce mutisme avant les larmes…

Le retour, un soir, dans un quartier où l’on a vécu jadis. Le tremblement de la voiture entre des arbres… L’odeur d’une avenue frissonnante où il a plu… L’odeur d’un chantier, sépulcrale et tendre… Un geste passe sur une fenêtre éclairée très tard, tout en haut d’une maison qui se reflète dans un fleuve… Le grondement lent d’un train sur un pont de fer… L’adieu long d’un remorqueur… Et la persistante vision de ce coin de faubourg où la vieille maison que j’ai tant aimée ne me connaît plus. Rien qui bouge à ses vitres. Un boutiquier maussade y tourne et pèse. Elle est sans regard, elle est sans rêves. Et il n’y a même pas de lumière à la fenêtre où j’ai songé…

J’allume pour nous deux les lampes… Une parole heureuse, un visage de femme, une fenêtre brûlante, des voix connues passent et se brisent… Ah je voudrais serrer tous les souvenirs sur ma poitrine, en bouquet, pour te les offrir. Mais ils sont lointains comme des signaux. Signaux du soir, avec leur douceur menaçante… Fanaux des trains et des bateaux, qui ont toujours ce regard triste… Signaux d’amour, tendres et fins comme des cœurs à la fenêtre… Signaux du ciel, un peu perdus, comme des fleurs dans un champ d’ombre…

De beaux accords plans se recouvrent. La mer qui remonte. Un rayon de Chopin m’arrive – et fait la lumière où je veux m’étendre – sans plus rien dire – avec un ami qui sache tout de moi-même, qui me reproche tout – et qui me pardonne…

LEON PAUL FARGUE

Entre les lames des volets, la jalousie a parfois glissé des réactions incontrôlées, qui n’en a pas, ment en disant je t’aime. On glisse sur la rampe des éclats de rire, et en bas la boule de cristal fait tamponnoir. Les fleurs des tentures en s’échinant pour aboutir à l’odeur ne parviennent pas au sensible suint des pores, le tien m’émeut à un point que rien ne peut le distraire de ta peau échauffée. Je ne le méconnais jamais pour un autre. Pareil à l’effervescence de la nature, les giboulées sont agaçantes, mais restent la preuve intangible du retour du printemps. Je parle pour des millénaires avenir,  porteurs d’actes à l’inverse des racoleurs. Quand tu rentreras de cette promenade dans la ruelle du lit, gardent les yeux dans l’espoir que l’aile du papillon colore. Quoi qu’il arrive, je t’aime si fort que je ne mourrais pas pour solde de conte inconnu.

Niala-Loisobleu – 23 Mars 2017

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PRIERE DU SEOIR


PRIERE DU SEOIR

Aux yeux qui sont restés dans les daubes, les herbes marinent toujours. Sur les tâches d’huile d’ô live des meules, les soupirs ont eus l’humeur garenne. Quel âge a le tant ? Il n’a que de brèves aller et venues, qui font qu’il n’a pas le loisir de vieillir. Mais seulement si l’on prend garde de ne pas le semer par grand vent. Oui, elle fut demoiselle, blanche dans sa robe d’un printemps de poète. Un jour où les poubelles girls ne faisaient pas semblant de denser. Qu’en garde-je ? Une belle image au coeur qui en me brûlant l’oeil fait aller mon vélo sur les traverses d’une lueur de bougie-bougie quand vient l’heur de la prière du seoir.

Niala-Loisobleu – 23 Mars 2017

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MANIES PUE L’ACTION DESTRUCTIVE


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MANIES PUE L’ACTION DESTRUCTIVE

Col relevé, chapeau rabattu, les épaules rentrées, le volet bat dans la poitrine close. Un oiseau de nuit hue lune dans la manche à air. Le pied des portes caresse le basset blotti contre elles. Vu de la chambrée sous le rouf, le toit de la cabine danse en faisant gémir les poutres du pont. Aux quatre cardinaux des seaux d’eau frappent les carreaux. La tempête cogne à retourner le matelas.Tirant les draps d’un rouleau à retendre l’alaise sous l’oreiller. Des bruits de denrées qui glissent traversent la cantine en entrechoquant les verts contre l’ocre du bois. Des feuilles défaites du bloc jonchent le plancher avec des efforts désespérés à retenir les mots que la pluie renvoie aux points de suspension. Par moments, entre deux soulèvements de la coque, un quartier de lune apparaît.Depuis la poupe on a perdu tout contact avec la proue. Impossible de jeter une remorque.

Dans un murmure le journal de bord fait le point

Coup de tabac entre les lions du golfe et les morses de la radio

On a perdu les zoos

Je me souviens d’un point d’amer pré sextant un besoin d’y voir clair. Sur l’océan déchainé c’est pareil qu’au milieu des dunes du désert. Sans poteau indicateur, toutes les notions d’équilibre se mettent à divaguer sur les écrans. Les arbres pliés à mi-tronc indiquent la direction opposée, que les oiseaux partis bien avant la dépression ne peuvent corriger. Certains disent même avoir aperçu le clocher du phare de Raz, d’autres contredisent en affirmant que c’était l’antenne du dernier étage de la Tour Eiffel. Et pas un bédouin à qui demander sa route.

Rentrée dans le coeur, la pensée retrouve peu à peu ses marques. Elle étale sur la table les différents éléments du réel. Ce n’est pas le vent qui fait les girouettes, c’est l’homme qui perd le nord. La réflexion rassemble une à une les éléments de la vérité. Pas facile avec à tout moment un élément sournois qui ouvre connement la porte. Bing, voilà toutes les preuves qui foutent le camp. Vite clouons le bec au vent méchant. Savoir où je suis est question de confiance. Tu m’aimes trop pour me perdre c’est mon à vie. A dire à l’envers, l’endroit se prend les pieds dans le tapis. Les apparences seront toujours comme la dérision, la  meilleure ligne droite pour l’abandon.

Tiens bon la ficelle, au bout l’amour n’a pas de ciseaux. A l’époque où tout est sous contrôle d’un machiavélique monarque se disant Président d’une République qui n’en a plus que le nom, faut pas s’attendre au pire, le pire on l’a, c’est lui. Faire avouer à un Ministre qu’il a triché pour avoir le prétexte de mettre capot un candidat mieux placé que le sien, c’est la honte qui parle en se faisant passer pour la rosière.

Niala-Loisobleu – 23 Mars 2017

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A LA GROTTE CHAUVET


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A LA GROTTE CHAUVET

La nuit à cheval sur le jour
pose sur la lune
ses sabots de clair-obscur

L’eau tisse un voile de rosée
que le front du voyage
ramasse en paysage aride

Les hippocampes mettent plus de silence
dans leurs fantasias
que les élans guerriers des fusils des bouchers

A l’orée des claires
les huîtres plongent hors des assiettes
pour célébrer la perle des côtes vides
que l’estran à la hâte
bâche pour se protéger des engins à moteur
Je suis de cette côte plus sauvage encore que la faune et la flore
que la horde colonise avec les ponts d’opération militaire
d’un mauvais génie sorti de la boîte à pans d’or
d’un égo dévastateur
que les seins-bernard tonnent laid

Les arbres tremblent en premier
la réception souterraine portant au plus intime de la racine
par la fissure des canyons
qu’au fond de la terre
bien à l’abri de la mauvaise lumière
gaz carboniques
et mauvaises alènes
je m’enfouis parmi les chevaux et les bisons
d’une fresque laissée par l’Homme
à 36.000 années de là
pour sentir la VIE me pénétrer

Terre aux ocres rouges
charbonne-moi de sanguine
et pose-moi en Amazone
sur le trait d’une sarbacane
chantant des couleurs de plumes libres…

Niala-Loisobleu – 21/03/17

RELEVE DU COURRIER

Au matin sur le devant de ma porte nettoyé des mots factices, l’ange-gardien avait mis dans ma boîte le récépissé d’accusé de réception signé de ton nom « ALWAYS ». Ce qui existe et demeure a la forme lumineuse du farfadet qui éclaire, la torche du cyprès, éternel gardien de la promesse qui survit dans toutes les apparences contraires.

Niala-Loisobleu – 22 Mars 2017

France Chauvet Cave Replica

CANSO


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CANSO

Calcaire penché sur l’ardoise d’un conte particulier

mon coeur-craie

saute-marelle

à la criée

qu’on efface pas son ciel

d’un baîllon

à terre

Quelque perle au ver de l’huître

demeurée au talon

des bouts riches

Je troubade

jongleur de mots

montreur des toiles

en Char io

Puits

plongé

de bas en ô

lance mes quatre vérités

aux marres chants désamours

que taire n’absorbe plus

Noyé sous le flou de prévisions

coulant à pique

un espoir frelaté

dans les labos d’une alchimie

pro-dépressive

Au bourre l’arène

l’écho qu’hue

l’ola

dit sors de là

ton je

ne noue pas l’amble hématite vertu du faire

que les zoos rayent

bassent

Troubadons

ménestrélons

saltimbanquons

en fin’amor

courtois

pas en jouant la fille de l’erre

mal-aimée

snobant les commentaires

Niala-Loisobleu – 21 Mars 2017

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