Et du seoir, les prières touchent au but…


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Et du seoir, les prières touchent au but…

Autour de ma pensée assise, la pénombre a posé son plaid sur mes jambes, les oreillettes du Voltaire ne font pas casque sur tes cheveux, ils coulent libres à dessein au pied de ton cou. Juste tes yeux pour unique lampe, c’est tamiser les étoiles de mon rêve entre les arbres. Aucun oiseau de nuit effraie le tendre silence qui rassure. Quand Nous rassemblons notre présence en cette palette d’actes qu’elle constitue, les tons s’accommodent chromatiquement sans erreur de véracité. Faut dire mon Coeur, qu’on ne sait jamais menti, m’aime aux temps les plus hétérocarpiens. Suis-je lé, te dis-je en suivant tout le long de ton long ?Tu rigoles. Plus claire que la bouche du caniveau que le balai d’osier ouvre. Cantonnier, je cure ton fossé des vêtements de nos voyages où plus ardents qu’un vent de sable, nous nous terrions sous la toile encore fraîche de nos étreintes.

LEON PAUL FARGUE…Extrait

Souvenirs d’un passé qui dort dans une ombre si transparente… Des intimités insaisissables qu’on se croit bien seul à connaître et dont on voudrait enchanter les autres… Certains regards. La voix d’un être cher. La gaucherie d’une âme ardente.. Une inflexion familière très douce et bien humaine…

Des yeux qu’on revoit parmi vingt ans de souvenirs, dans une rue grise, un jour de promenade. Du soleil sur un peu de paille, devant la porte d’un malade… Un regret sobre. Une parole d’un chagrin vague… Un nom touchant qu’on n’arrive pas à retrouver… Tout ce qui porte une chanson triste au bord des lèvres… Et ce mutisme avant les larmes…

Le retour, un soir, dans un quartier où l’on a vécu jadis. Le tremblement de la voiture entre des arbres… L’odeur d’une avenue frissonnante où il a plu… L’odeur d’un chantier, sépulcrale et tendre… Un geste passe sur une fenêtre éclairée très tard, tout en haut d’une maison qui se reflète dans un fleuve… Le grondement lent d’un train sur un pont de fer… L’adieu long d’un remorqueur… Et la persistante vision de ce coin de faubourg où la vieille maison que j’ai tant aimée ne me connaît plus. Rien qui bouge à ses vitres. Un boutiquier maussade y tourne et pèse. Elle est sans regard, elle est sans rêves. Et il n’y a même pas de lumière à la fenêtre où j’ai songé…

J’allume pour nous deux les lampes… Une parole heureuse, un visage de femme, une fenêtre brûlante, des voix connues passent et se brisent… Ah je voudrais serrer tous les souvenirs sur ma poitrine, en bouquet, pour te les offrir. Mais ils sont lointains comme des signaux. Signaux du soir, avec leur douceur menaçante… Fanaux des trains et des bateaux, qui ont toujours ce regard triste… Signaux d’amour, tendres et fins comme des cœurs à la fenêtre… Signaux du ciel, un peu perdus, comme des fleurs dans un champ d’ombre…

De beaux accords plans se recouvrent. La mer qui remonte. Un rayon de Chopin m’arrive – et fait la lumière où je veux m’étendre – sans plus rien dire – avec un ami qui sache tout de moi-même, qui me reproche tout – et qui me pardonne…

LEON PAUL FARGUE

Entre les lames des volets, la jalousie a parfois glissé des réactions incontrôlées, qui n’en a pas, ment en disant je t’aime. On glisse sur la rampe des éclats de rire, et en bas la boule de cristal fait tamponnoir. Les fleurs des tentures en s’échinant pour aboutir à l’odeur ne parviennent pas au sensible suint des pores, le tien m’émeut à un point que rien ne peut le distraire de ta peau échauffée. Je ne le méconnais jamais pour un autre. Pareil à l’effervescence de la nature, les giboulées sont agaçantes, mais restent la preuve intangible du retour du printemps. Je parle pour des millénaires avenir,  porteurs d’actes à l’inverse des racoleurs. Quand tu rentreras de cette promenade dans la ruelle du lit, gardent les yeux dans l’espoir que l’aile du papillon colore. Quoi qu’il arrive, je t’aime si fort que je ne mourrais pas pour solde de conte inconnu.

Niala-Loisobleu – 23 Mars 2017

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