CELUI QUI N’A RIEN DIT, NI FAIT, PARLERAIT DE PARTIR


CELUI QUI N’A RIEN DIT, NI FAIT, PARLERAIT DE PARTIR

Il parlerait de partir de l’autre côté de la mer

pour l’autre trottoir des rivières

les rues des nuages

les caniveaux des plages

Partir sans bagages

juste une chemise de vent

et derrière un reste d’orée en plein centre d’une clairière

Il parlerait de partir

pour ne plus devoir traverser le trou des paroles

désapprendre à lire interdit d’espérer en marchant sur les pelouses affichées

Il parlerait de partir

avec juste un dernier poil de bleu dans la barbe

un reste d’acné au front d’une guerre des boutons

du sel marin dans les carreaux du tablier

plein de mauvaises herbes cachant le bon chemin

une flèche au tracé d’un arc-boutant

trois cailloux c’est tout

et les quatre éléments

du rauquement de la première

Femme

aux ouïes de Lascaux

Il parlerait de partir sans des routes

à la nage

en cerf-volant

en ultra-son

en baleine

en oie sauvage

en dessein tombé de l’aisselle des valeurs

Il parlerait de partir ailleurs tiré par les aboiements des chiens

rifant les six cordes d’un flamenco accroché de blanc au noir toro

Loin

Dispersé à l’éternité de la grande illusion

Il partira

à contrecoeur c’est sûr

de son sentiment fort

justifiant de se parler tout seul

Cette nuit j’ai rêvé que j’étais mort au moment où hier m’a mis debout..

Niala-Loisobleu – 7 Mars 2017

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