LA CABANE A SEL


LA CABANE A SEL

L’eau du ciel creusait dans l’immobilité terrestre le mouvement d’une gestation. Retenue ou détournée, à chacun sa manière, je ne répondrais que pour moi-même. Ma vérité demeure immuable entre les baillons, muselières et coupe-gorges de toutes sortes. Ce qui peut paraître, reste la majeure partie du tant en appui sur une jambe. Rassures-Toi, c’est la bonne, elle n’est pas de bois. Bras-dessus, bras-dessous les vagues vont au bain dans le plus simple appareil (quelque soit l’heure). Le premier de nous deux qui trempera l’Autre n’aura fait que tenir parole. Le cheval et l’écharpe à table rondent pour veiller à la maintenance du goût salin. Nos pilosités enracinées à cet espoir autre, nourrissent l’immense lumière transcendantale du printemps poétique utérin.

Niala-Loisobleu – 31 Mars 2017

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DEBLAIEMENTS


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DEBLAIEMENTS

Premier matin sous l’eau qui lave. J’ai dormi dans la cabane, dormi comme je ne savais plus par où poser la joue. Les cailloux vous reconnaissent toujours au premier pas et avant que le pied se soit posé. Nul besoin de laisser-passer, d’instinct l’ordre recase tout en bonne et due place. L’essence de seul ce qui compte prend effet, la voie qui parle dit ce qui est.

                                À Juliette

Un jour, je sus peu à peu qu’elle venait à moi.
J’eus la bouche pleine de son amour.

Mes yeux n’ont qu’un chemin, ils te parcourent entière Gchaliand_feu_nomade
et mes rêves vacillent au creux de ta rivière.
Tes bras rives de douceur, à tes yeux, en cortège, des rêves de velours
toute l’eau des neiges fond aux perles de tes doigts
et tu offres ta grâce sans désir de retour.
Chacun de tes sourires déchire un peu de roche.

La fraîcheur des rivières au bord des yeux du jour
coule par tes reins fragiles oasis de faiblesse
la rose de ton cœur réclame sa chair de lune
l’amour perle au collier de ta gorge légère.

Je t’aime, la gorge nouée aux fibres de l’été
chaque aube m’éveille tes yeux au fond de mon regard
ma femme heureuse jusqu’au bord des paupières.

Nos rires feront trembler des miroirs d’eau légère

Ton corps offrit un été plus pur à mon corps privé
de sa saison.

Ta cuisse où perle le long filet de ta vie intérieure.
Et le merveilleux éclatement de ton ventre,
séjour nocturne d’obscures espérances
dans le jaillissement de la redoutable fleur
à jamais offerte
fruit de la seule apocalypse.
Toi
enfin nue.

Gérard Chaliand (In Feu nomade et autres poèmes, © Poésie/Gallimard, 2016, p.54-55)

Je vois du garenne se frotter les poils aux premières violettes sauvages. Le soleil en pleure, il a eu si peur. Aujourd’hui mon corps va pouvoir s’épuiser à remettre la cabane à flot. Le mât est à relever, toute ma pensée à hisser, la verticale attend que la plume dise le cri du lion. Le chenal tend la direction du large. Partons mon Coeur l’un vers l’Autre, nos mains sur  la m’aime rame.

Niala-Loisobleu – 31 Mars 2017

LE BOUT DU FIL


LE BOUT DU FIL

Tenu par les cheveux au bord de ce qui se cherche des cailloux, le ciel balance . Il est des endroits qui ont la mémoire des odeurs au milieu des ratures. Mais des dons combien voient la consécration ? Avant que l’écaille perde au jeu des courses en solitaire, l’escadre rallie la meute en ordre de bataille. Elle a toujours ce frisson dans la voix quand, ouvrant l’écluse, ma pensée folle fait monter l’eau d’un étage. A sa coque des sanglots traînent à la nage. Reflets du soir dans le fleuve qui suce la voûte étoilée.

Niala-Loisobleu – 30 Mars 2017

L’étoile échappée
L’astre est dans la lampe

La main
tient la nuit
par un fil

Le ciel
s’est couché
contre les épines
Des gouttes de sang claquent sur le mur
Et le vent du soir
Sort d’une poitrine

Pierre Reverdy

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FORTE NUIT DE BILAN


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FORTE NUIT DE BILAN

Le silence au petit-matin, en couverture, ça rassure les yeux au terme d’une longue conversation qui n’a pas nuit.

La lune demeure expansive et libertaire. Elle se fout des yeux chiasseux qui matent d’une serrure à l’autre en se disant « cachons-nous jusqu’à nous m’aime, faut pas rougir de salaces idées ». Tâchons seulement de tout savoir de ce qui ne nous regarde pas

Lune et l’Autre, n’avons pas à nous souvenir du rêve qui de Nous deux n’a fait qu’Un, le jour le poursuit. Nous restons branchés sans craindre un soupçon libertin rajouté aux poivres d’épanchements de si nos vies (n’étaient pas ce que nous en faisons, nous ne serions que le regret de nous mêmes).

Tout au long de tes  collines je continue à coller à tes flancs. Mains tenant les fauves qui ont le musc des feulements restés accrochés aux branches des voeux érectiles. La chaise sur laquelle mes fesses t’ont prises en amazone, andalouse, cheval à rab au manège ondulant, un toro noir dégainé chauve, traversant lô live à taper au noyau…

Ole ! Anda !

Non, ne parle pas, laisse ta langue allée

principale

par laquelle j’antre

parler à ces oiseaux multicolores qui nous excitent de leur plume hard

puits à ce chat

denseur du grand écart

laisse-moi , croix de bois, crois de faire, le salto de mes dernières pointes, chant de bon signe lancé à la volée, qui n’écrase pas sa balle, out dans le mur…

Ce que j’ai vécu cette nuit me permet ce matin de partir, je n’ai plus rien d’ici à faire, mon Amour est d’Ailleurs.

Je n’aime pas ces portraits psychologiques il font trop beau pour être vrais, la preuve preuve tient dans ce que l’on trouve au bas de la page de sa vie

Niala-Loisobleu – 30 Mars 2017

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LENTEUR IDOINE


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LENTEUR IDOINE

Il faut des jours de rien pour remplir une journée sans courir les échoppes en guise de matière de remplissage . L’embarras saisonnier de mèche avec un trop-plein de boîte à l’être, plus une pincée d’incompréhension ça peut vous gâcher l’Adam plus vite qu’un truc à l’origine reptilienne d’une histoire de paume. On va pas se laisser avaler n’arrêtait pas de me dire le soleil, prends lentement ce que la nouvelle-lune peut changer et  en voiture Simone. Alors partant au devant, je pensais qu’ aller ouvrir la cabane serait de bonne augure.

On dirait que je pense à toi Manache, chaque fois pareil, quand à cette époque printanière, j’accomplis ce rite de passage, pour laver le linge de la haine. Aragon pris à contrecarre, c’est faire comme vouloir faire l’éloge d’un BHL et de sa Barbie. T’inquiètes mon Jean, toi tu Ferrat la vérité, rien que la vérité, j’te l’jure. Le reste on s’en bat l’oeil. Lentement mais sûrement. Sur les mues des mois passés, une virginité s’étend lentement. Personne, on entend le sol respirer et sous les aisselles des troncs on peut voir des nids perler un duvet neuf. L’animal est maître du territoire, qu’il soit à poil ou à plume, la peur du colon envahisseur ne vient pas lui troubler la chanson. Autour on voit les mots devenir charnels. C’est vivant ce calme qui encourage la nature à se se montrer nue.

Cette fois le départ a un manque d’outils rituéliques, mais il ne restera pas dans l’amertume du vélo volé. J’ai vu cet après-midi venir le début d’un attendu demeuré en hypnose.Il y a du semblable à un certain parcours poétique où le loup ne mangeait que les ronces et tissait une jolie robe à la jeune fille sans tomber dans le mélo de la grand-mère. Les glands des chênes ont une pointe verte au nombril. La voix off Nous est connue. Cette lenteur comme elle part, promet bien des satisfactions d’attente.

Niala-Loisobleu – 28 Mars 2017

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ATTENTE DE REPONSE


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ATTENTE DE REPONSE

Saupoudré de fusain, la feuille écrue

sanguine

dans un soupir

La salle est debout face aux fauteuils vides

d’un théâtre à l’italienne en panne de rideau.

Les loges gardent des frôlements de mains épars,

esquisses anonymes,

gestuelle murmurante,

sous la couverture des fougères en stuc.

Promenoir discret des mots tus,

bus au Foyer,

par l’éponge de la moquette épaisse

que les lourdes tentures essorent

avant que les glaçons ne les mouillent de bruits de couloirs

Les peintures des plafonds jouent au baccarat

avec les larmes en verre du grand lustre

Qui sait où les décors sont remisés,

l’imaginaire dans un sursaut de panique, roule des yeux fous.

La concierge sort les poubelles côté cour,

une sonate inachevée tombe du programme illustré.

Côté jardin,

un choeur de nurses refait ses comptines, chercher l’erreur.

Entre les spirales du bloc à dessein, le chariot de la grande ourse déambule,

dans la veine perfusée

, sous l’oeil attentif du souffleur.

qui annonce la nouvelle-lune

Niala-Loisobleu – 28 Mars 2017

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L’OCEAN RESTE A MAREE A LA CABANE


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L’OCEAN

RESTE A MAREE A LA CABANE

Les rênes du vent tenus par les nuages tiendront l’embarcation là où te rejoindre.; du moins l’espérai-je dans le doute que la confusion des éléments sème sur la route.Quel jour était t-il ? Lancinante question qui revient à toutes les aurores. Matin d’un début de soirée, quand le pas lourd d’une matinée cherche à se défaire de l’angélus ? Ou bien, juste avant le petit déjeuner, quand les yeux se soulèvent du caramel des pièges à mouches ?

D’aucuns m’ont dit « Nenni l’ami, tu te goures la fillette a bien grandie. »

Que m’importe les mois et les semaines, le temps ne doit s’inquiéter que d’avoir été utile au sujet principal, rien n’est productif en dehors du primordial. Je t’aime aux quatre saisons. Pour mes écumes quelques flocons, mes intentions quelques bourgeons, nous sommes vers.

La plage déserte s’étire de tout son long – Aline est là énième – le transatlantique rayé bien visible, la sieste, n’ayant pas plus à cacher qu’un camp de nudistes, ne fait d’autre  montre que celle de ses crapuleuses tendances

La nacre des coquillages, sautille entre les grains de sable. Je te tiens, tu me tiens par la barbichette frisottant nos coeurs joints, le premier de nous deux qui ira à l’autre trouvera la seule voie qui chante. Les semaines ont posé leurs sets à table du moi. On s’abrite sous le toi.

Sous l’auvent de la grange les fagots sèchent des pluies dans les bras des souches de ceps. Rien n’est vin, qui ne tient pas le temps. L’étiquette sous la poussière du chais disparait de l’annonce mensongère des foires au vain.Du rien que nous sommes au moins faisons un rêve.

Je ne t’ai pas montré  comme un de ces mirages que les livres pieux mettent dans leurs illustrations. Je ne me suis jamais travesti pour entrer dans ta pensée. Quand le soir tombe, mes lèvres caressent les lettres de ton nom, tout comme mes matins épèlent un baiser à ton oreille.

Où sommes-nous de l’un, où allons-nous de l’autre ? Partout ma Muse.

Il y a tous ces décors, tous ces costumes de nos théâtres de jour.Le texte fait rôle à part.Nous nous retrouvons entre les allées du spectacle.

La plage a suivi un oiseau qui pêchait. Le marais s’annonce au détour de l’étier. Quelques fers tordus rouillent aux planches blanchies par le sel. Dans des senteurs d’iode, les goudrons des calfatages se raclent la gorge aux filets de la marée montante.

Une marine pousse aux ocres verdâtres de gris bleutés, échoués aux roseurs irisées, en suivant l’arête d’un zig-zag posé en retombées d’écume. Non, là n’est pas naufrage. Là, est posé sur les grands fonds, le mystère entier. Cette énigme de la relation d’amour. Ici nimbée de dépassement, écalée de raison, brossée de conventions, dans son écrin maritime, c’est le noeud métaphysique qui transforme l’au-delà.

Les électrodes de ta peau aux cosses de la mienne, branchent un courant continu.

Evidemment que je t’aime, idiote.

Bien que je fasse la saison de silence.

Des lignes continues en réseau tissé serré.

Comment resterions-nous vivants, morts de l’autre ?

Mon été de qui je suis.

Tu contiens, mer d’ébène, un éblouissant rêve qui pirogue en train de bois de la source à l’estuaire. Chère à l’équilibre que la force réclame comme pilotis où l’amour enracine lacustre son né nu phare

Niala-Loisobleu – 27 Mars 2017

 

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Le terme épars – Poéme


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Le terme épars – Poéme

Si tu cries, le monde se tait : il s’éloigne avec ton propre monde.

Donne toujours plus que tu ne peux reprendre.
Et oublie.
Telle est la voie sacrée.

Qui convertit l’aiguillon en fleur arrondit l’éclair.

La foudre n’a qu’une maison, elle a plusieurs sentiers.
Maison qui s’exhausse, sentiers sans miettes.

Petite pluie réjouit le feuillage et passe sans se nommer.

Nous pourrions être des chiens commandés par des serpents, ou taire ce que nous sommes.

Le soir se libère du marteau, l’homme reste enchaîné à son cœur.

L’oiseau sous terre chante le deuil sur la terre.

Vous seules, folles feuilles, remplissez votre vie.

Un brin d’allumette suflit à enflammer la plage

où vient mourir un livre.

L’arbre de plein vent est solitaire.
L’étreinte du vent l’est plus encore.

Comme l’incurieuse vérité serait exsangue s’il n’y avait pas ce brisant de rougeur au loin où ne sont point gravés le doute et le dit du présent !
Nous avançons, abandonnant toute parole en nous le promettant.

René Char

Telles les couleurs que l’enfant roule dans ses billes à l’abri de la règle du professeur, les tubes de peinture ont des cris qui poussent le bouchon à les dévisser. Qui atteindront-ils ? Le lin peut tendre sa toile au châssis, sans que l’effet mouchoir qui peut semer la peur ne puisse être écartée. Ainsi on voit disparaître le nord en plein ciel. Alors le sens initial part en vrille, claudique, l’interprétation passe la ligne jaune, doublant dangereusement la ligne droite. Comment ? En passant à contre-sens tout simplement. J’ai vu la foudre fendre en deux ma volonté de ne rien changer de ma foi. La bonne et la mauvaise. Comme si j’avais pu imaginer tromper l’image encrée en émoi. Oui un brin d’allumette suffit à enflammer la plage. Notre livre reste prologue, jamais ses pages ne se feront épilogue de ma propre volonté. Ma Vie, moa constructor, je me love à ton arbre. Ce dernier Dimanche a comblé son vœu : plus qu’un printemps il n’a été que Nous par la Beauté qui en émane. C’est dur pour vivre, dit le négro spiritual en chantant que le bonheur ça passe chaque jour par blanc et noir.

Niala-Loisobleu – 27 Mars 2017

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MISE AUX POINGS 2


MISE AUX POINGS 2

Tiroirs en désordre, trou de nouvelles en veux-tu en voilà, reste, c’est heureux, un engagement tenace qui accroche direct le point d’interrogation à la pointe du menton pour repousser le doute pernicieux. Le soleil est si haut qu’accepter les restes d’un falot brouillard fuyant entre les étocs d’un théâtre de guère et un réality-show ne tient que d’un imaginaire en état dépressif. Avant que le soir soit tombé,  les éboueurs devront avoir remis les poubelles girls en service devant mon seuil. Par une nuit pleine on aurait vu la lune en phase inachevée sur un coït interrompu, disait un ex druide la serpette luisant sous le ment tôt. Il s’avère que sur WP l’ombre de la forêt abrite des trafiquants de coms ayant une ressemblance de cabinet noir à la mode, pas possible à croire, pourtant tout y pousse….

Les cailles luisent

les canes akent

les amarres saucent l’armoricaine

les bites haie cheun ô pinent

les cochonnes ail ail ail

l’ânesse sait lire en braille

la langue de j’expire broute sans mots dire

et si mon cul c’est du poulet souffle dans le ballon d’occis gènes

laisse poires de côté

t’as  appris tout p’tit à pas me renier pour un pet

garde bien tes voeux dans ton panier

ça couve comme l’eau rage en amas jauni

J’ai des indiens dans mon coeur

avec des plumes à écrire en corps la nature

Raoni j’aime ta couleur cas fait

gardes-moi de nous

Quand j’ai dit « j »aime »

j’ai pas dit que le temps que les cieux risent.

Niala-Loisobleu – 26 Mars 2017

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