ELLE M’ECRIT SES CRIS SUR PAPIER LIBRE 1


Elle

m’écrit ses cris sur papier libre 1

La belle allure, pliée, prête à l’envoi, se pose en question: comment mettre l’adresse à  l’exact endroit du ressenti qui me fit l’écrire ? Voilà le silence d’un couloir entre mes deux seins en corps agités.

Le frisson que tes doigts pourtant là-bas, peut mettre plus fort que la soie qui colle à ma  peau  dessous est un voyage arrivé sur le quai de nos transports.

Et puis ta façon personnelle de signer mon do d’une portée d’ongles non taillés,

ah…. m’aime d’une croix, je te reconnais à nul Autre.

La pluie de tout à l’heure me semble avoir fait faire un pas de plus aux feuilles des branches. Elle a laissé sa marque en bas de mon ventre,

la sens-tu

j’ai collé l’enveloppe avec ce frisson  en corps frais?

N-L. 23/02/17

belle-rousse

Billet d’adieu aux lignes perdues


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Billet d’adieu aux lignes perdues

Ramper des las le long du carreau
sentir de rouille cet ocre aux rouges
qu’un fond de bleu
a mis en écailles
dans une image du ciel
venue s’arrêter là
peut-être simplement pour saluer les mouettes
Sentir aussi bien des montées marines
chargées d’iodes sépias
par voie nasale
qu’au profond du derme refermé aux manches des vieux outils de bois
la sentir cette vie sans autre pourquoi avancés

 Ici le tant est suspendu à t’attendre

l’érode en rien ne fabule mon Amour

Les rives de Brouage ont appareillées
encablures lointaines
sans que le sel ait fondu d’un grain, la planète n’est plus ronde, ce ciel à plat se fait parallèle à la mer. Infini vertical ouvert luisant tantôt boue vert d’âtre
tantôt argent sans fric
pointillé de plumes blanches aux cris d’abordage
avides de labours proches
aussi bien d’étraves que de socs

On dirait que je cabane
l’atelier me marine, peindre me lance.

Surtout ce frisson venu de ton aine où le varech mouillé sable mon chant pagne par le dérapé d’une dune passée entre les boutons du corsage ouvert de la pinède
avant que les huîtres baillent aux claires en se tirant du talon d’Achille

Ô mon coquillage

Je me ciel ô

pour m’abstraire de ces formes ordinaires où tout se confond
pour mieux goûter à cette palette saline
où mon pinceau trempe d’en vie
Au marais le marin
tient sa viole entre les cuisses de la Cayenne
son archet frotte au remous du clapot qui se lève
Un jour en corps à vivre

Je dois appareiller des pièges côtiers, les sirènes ne cessent de chanter coeur d’étocs en chalutant la nasse du miroir aux alouettes. Je vois à portée de brosse les premières touches d’un autre tableau, mes mains n’en tremblent que d’émoi.

La fenêtre est toute à ton guet, en attente de rouvrir ses volets sur l’accent de tes bras. On ne peut vouloir le bonheur des autres sans être soulevé par le sien propre.

Je règle notre erre à ton courant ascendant nos corps hissés tous voiles dehors

Je t’aime couleur de vie d’une autre traversée d’encre jetée

Hâlons hâlons, sortons droit devant, la fleur de celle…

Niala-Loisobleu
23 Février 2017

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