NOS VOYAGES INTERIEURS 3


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NOS VOYAGES INTERIEURS 3

A nos emboîtures devisées, je m’enjupe sous tes marques safranées, eaux-fortes que je burine du bâton de randonnées. Serais-tu  le  derrière des rideaux qui bouge avant le premier souffle, regard que la main retient à regret et qui brûle d’insérer la clef. Enigmes des jours vrais que ne peuvent connaître les moins engagés. Nos mots crus ont levés ,le doute sur nos intentions. Seins serrent. Le noir de la salle du cinéma s’éclaire de la projection de l’attente qui tord les projections privées. Document taire.

L’agate au cœur de convolvulacée
l’agate de cristal au cœur de corbeau
au cœur de coudrier,
au cœur de crépon,
au cœur de crédo,
au cœur de colchique,
l’agate est brisée,
L’agate est brisée, l’agate est brisée,
un camion-citerne l’a tuée,
l’a réduite en postillons,
l’a réduite à sa brûlure,
et toute ma vie est là
sur ce pavé de plumes de moineaux,
toute ma vie dans cette escarcelle où une larme
est plus lourde que l’aurore.
L’agate est brisée, l’agate est brisée.

*

Une femme qui marche
Les seins nus vers l’essaim
Du soleil
Sa croupe jaune
La croûte du pain qui croque

….

Une femme qui marche cuisses nues
Ce sont de belles cuisses bien longues
Et bien belles comme
Ces cônes de sucre d’autrefois
Du beau sucre qui crisse

*

Je cueillerai un bouquet de nausées dans la fraîcheur velue de l’aube avant d’être cendre au ventre du taureau.
Ah le goût de la nausée emplissant mes paumes comme une avoine de plomb.

*

Les ancolies d’ébène guettent la mourante
dévorée par la pluie
Les rues la serrent
l’enlacent
Elle marche dans la jungle de béton
Elle tend son corps comme une phrase délavée.
Elle titube celle qui aurait pu être ma mère
Elle titube la mère qui n’a pas de ventre,
En sa place mes yeux agrandis,
Deux yeux immenses deux glands desséchés
Greffe de la mort
Pauvre mère stérile berce dans ta chair
Mes yeux d’enfant perdu
Mes yeux comme une herbe qui mâche l’épouvante
Mes yeux d’extra lucide
Pauvre loque de sel !
Mes yeux de boue et de lumière
Et toi tu marches, tu marches dévorée de pluie,
et me cherches,
Moi qui suis là, incrustée en toi.

Gilberte H. Dallas

Un brun de fumée bronze le blanc de ta façade, hyménée, ce que je ne t’ai pas tenu n’a cure d’un serrement à la barre. En étant ma bible mon Coeur, je ne sais comment il me viendrait à l’idée de lever la main sur Toi, je préfère, bien que mécréant, te feuilleter de verset en verset.Le sacré, je te l’ai dit déjà, n’a pas à être religieux. En Toi je peux entrer missionnaire sans évangéliser. M’arrêtant devant une vitrine maritime où des palmes suivaient une carte marine des yeux, j’ai sorti mon tuba. Tu as levé la jambe en me faisant des signes de majorette sur le bord de mère. J’ai senti l’inconnu passer au vestiaire.

Niala-Loisobleu – 7 Février 2017

NOS VOYAGES INTERIEURS 2


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NOS VOYAGES INTERIEURS 2

Entre les flottants de cannisses décrochées par la tempête, qui rappellent qu’ils étaient là pour masquer et la trouée posant une large nappe de bleu céleste au plafond, y a pas photo, c’est trêve. Bien sûr ceci ne concernera que les pacifistes nés, qui n’ont pas besoin de l’humeur de la nature pour savoir comment bien vivre.Les autres, hélas beaucoup plus nombreux, continueront, soleil ou pas à tenir leur rôle de barbare, pisse-vinaigre, ou roncheux…

Je peins l’idée que je me fais de ce que c’est bon d’être avec autre chose à l’esprit, que ce qui pourrait nuire au créatif. Quand Vincent partait dans la nature il savait mieux que personne combien la vie ne fait pas de cadeau. Je crois qu’en matière de souffrance il a dépassé largement l’image que d’aucuns ont mis dans un Christ porte-drapeau. Et sans rien, il a fait TOUT.

Merci Amour, d’un chant jaune tournesol, tu me fais une cabane bleue, à la peinture à l’ô.

Niala-Loisobleu – 7 Février 2017