A TON BORD


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A TON BORD

A contre-vent l’eau se met en rafale, sur la route l’impression que les marches de l’écluse à poissons sont plus hautes qu’avant, oblige à serrer davantage ses mains sur la godille. Ce rideau d’éclaboussures célestes ne facilite en rien le choix. Mais qui n’avance pas recule, il faut trouver son passage, quitte à creuser un autre chenal. Pilotis en échasses on peut espérer sauter le trou. Les sorcières malmènent les tuiles, mon Toi, je t’entends qui gémis sous les abats torrentueux.

Si la couleur des cabanes résiste au déluge, le risque d’engloutissement des tons chauds, passera la 3° vague, réputée plus dangereuse. A ta poitrine, seins ruisselants d’écume, je resserre l’écoute mon Coeur. Tes flotteurs te rendent insubmersible, je me rassure rien qu’à l’évocation des pouvoirs magiques que tu m’as appris d’eux.

Passent les poids lourds des rails tanker. Là-bas au loin les derricks ne me font pas prendre les alouettes par la tête. Les mires peuvent appeler tant qu’elles veulent à la prière, ma Muse est in, je l’entend par dessus les moulins me coiffer de son chapeau. Passé la peur, aimer rend si différend. Je serais capable de me faire la Manche en traversant le Channel à pied.

L’hippocampe s’est mis en anneau sur l’horizon, il tient bon la voile à la barre. Je te souris vert le fond des yeux, anse qui me protège de la tempête, ton âme est la digue qui fait obstacle aux éperons de l’amer.

 

Niala-Loisobleu – 5 Février 2017

 

 

14 réflexions sur “A TON BORD

  1. Le vent balaie la terre avec force et l’eau-de-là lave les terres… laissant l’homme surpris devant tant de violence…
    Accrochée à l’espoir coloré, ta cabane a passé tant de tempêtes et elle résiste par amour pour toi… ❤

    Aimé par 1 personne

    • C’est vrai qu’elle s’en ait pris plein la tronche la cabane. Au point qu’entre deux tempêtes je m’étonne de voir que le bleu n’écaille pas. Vous avez dit bizarre ? Comme c’est bizarre…

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  2. Entre deux coups, qui l’un comme l’autre auraient pu être fatals, on reste dans un moment vide à laisser revenir ses repères. Si on entend le silence, c’est bon signe.
    Merci Boris.

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  3. Il y a eu une énorme déflagration ce matin au-dessus de la maison. Un déluge céleste a suivi, emportant avec lui le doute de notre impuissance face à la nature en colère.
    Merci Margot.

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  4. La tempête comme elle en a l’habitude, s’est positionnée tapis-roulant. C’est devenu un concours de vitesse qu’elle se parie avec elle-même. Faisant en sorte d’aller et venir le plus vite possible entre les deux bouts de l’Atlantique. Quel chahut, les petites embarcations se retiennent du mâle de mer en criant au viol. Ma bouée, un vrai bord d’ailes ambulant dit le gardien de fard aux élèves du lycée aux oiseaux…
    Merci Stéphanie, je t’embrasse en cordée…

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  5. En faim de conte, le vent a du finir par se fatiguer, c’est loin d’être bleu mais ça couche plus quand on va dehors. Quelle manie ce besoin de toujours vouloir battre le record…
    Merci Fernan.

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