FACE A FACE AVEC MA PEUR


dyn004_original_337_520_pjpeg_2646967_c836b7d205c781014db94a46fe44d84c

FACE A FACE AVEC MA PEUR

Mes ongles ont rencontré la peur au contact des tables d’école, sans être alors en mesure de la lier au plongeon dans le vide du ventre maternel.

La peur comme ces odeurs d’encre

se garde dans ses livres d’histoire

de sa géo du patrimoine.

Les unes sur les autres

en estrade

mes peurs ont peint mes couleurs sur le tableau noir des jours.

L’enclume a battu la sève de mes arbres d’amour avec un faire pas toujours forgé à l’intention première. Je me suis tapé sur les doigts à tourner mal le marteau. au point que le savetier chante à perdre alène.

D’où es-tu, me suis-je dit tout tremblant, ce jour d’été où nous nous sommes trouvés face à face, à flancs de poubelles ? De partout, des endroits d’ici de mon pays, à là-bas, par mes racines la couleur de l’accent plantée aux creux des pierres, la peur en pisés, mélange de terre et de paille, s’est mise en planque des siècles sur les terrasses de nos flancs sans rien dire de notre rencontre programmée pour ce jour là. Dans nos natales différences préparées à nous mettre au pied du mur.

Chaque coin de chez-nous

heureusement,

existe autrement que par les tristes gravures de noms à son monument,

l’herbe qui renaît toujours aux bords des ornières

où les roues ont marqué le sol,

montre bien la verdeur de ses chemins

Ce que j’ai appris de la peur m’a suffit à comprendre que nous sommes maîtres et compagnons de notre existence

L’odeur du bois qui brûle sous la poêle de l’oignon roussissant le calcaire d’une vigne aux âtres des garbures, choucroutes, potées, tourtes, et charcutailles fromagères ou pas, plats qui ont mariné dans les cépages de nos crues, ont le tannin de nos chênes, derniers lièges, ultimes bouées. La suie des sueurs de mines, tient mieux les galeries des sources souterraines, phréatique des estuaires,  que les étais branlants d’un refus de surmonter sa peur sous prétexte que ne pas prendre de risques conforte. Et nos charpentes, vertébrales des pêches lointaines, bossoir maritime au vent des flèches vous ne voulez plus les entendre gémir la douleur du vouloir tenir coûte que coûte ? Allons on ne fait pas l’économie de son passé au seul prétexte de rester soumis à la raison du code d’une société.

Aimer ne correspond pas à une taille, une pointure,un étalon, un paramètre, un code de bienséance. Aimer n’est que la réponse d’une âme à l’autre, ayant trouvé le sens de ce qu’est le silence.

Je sais pour l’avoir vécu il y a quelques heures encore que la peur permet de se voir tel que l’on désire être.

 

Niala-Loisobleu – 4 Février 2017

 


d198e356cb153b0a63d489e8ef851609

PREMIERS SOINS

A APPLIQUER EN TEMPÊTE

 

Bélier de vents, coups de lames butoirs le littoral relit le manuel du sauvetage en mer, le script maudit de la nouvelle vague scélérate. Le réseau retourné sous les assauts s’est enfoui dans l’abstinence communicative, réflexe de sauvegarde. Mais quand les poteaux sont en balance au bout des fils, bernique, mon gars pour le tout électric tu r’passeras quand ce s’rô fini. T’as peur de ne pouvoir surmonter ? Les punaises qui tiendraient l’inconnu en image ne se sont pas prises en considération. Faut puiser dans la poche kangourou de ton pantalon pour éviter de te gerber pareil qu’on s’tire une balle dans l’pied.

La plus paisible image que mes mains ont trouvé pour m’accrocher à ce matin, captif au beau milieu des hurlements du vent, avait les yeux verts ce qui seul compte seulement de vivre. Résister c’est quelque chose de tous les jours. Le baiser au sein de la nature, juste une voix d’enfant jouant avec un grand-père qui l’assure des oiseaux discrets sur le chemin tout boueux d’une crue s’arrêtant au seuil du tunnel, lèvres propres du temps qui s’arrête en vous remontant juste de son essence ciel frais, chaud d’une promesse qu’un hier se propose de rattacher aujourd’hui à deux mains.

Le visage d’un ciel qui nage en cet endroit

m’assied à prendre le tant de voir passer des années de bonheur ici

ces mots là me donnent à peindre

pour dire l’amour en corps d’un rêve qui ne finirait pas sans être.

Il fait très mauvais dans l’alentour de ma cabane bleue, tiens-toi contre elle mon Coeur, tiens-toi,  y a que sel là qui tienne à cru au cheval. Je t’aime tu sais et ça m’accroche.

Niala-Loisobleu

4 Février 2017