Il n’y a là que Niala/Être personne en fait ça prouverait qu’on a réussi à être quelqu’un/2


Il n’y a là que Niala/Être personne en fait ça prouverait qu’on a réussi à être quelqu’un/2

Je n’attends pas d’absolution partielle ou complète. De qui devrait-elle venir ? Je comprends néanmoins que la vie continuera à m’assaillir de toutes parts et qu’avoir des sentiments  de regrets, de déception, voir de loupé, d’échec, est inextricablement lié à la trame de l’existence. La vie est là. Nous sommes faits de pierre, de vase, de sable, d’eau, de feu, d’air, de vent,  d’émotions flexibles, de gaz dangereux ou bénéfiques d’un système organique sous l’appellation générique d’humain, sans que ce que cela implique que ce soit fait à notre naissance. Il faudra finir et peaufiner le brut.D’une manière où d’une autre, nous finissons par retrouver notre position initiale.La responsabilité m’est apparue si tôt que je pense en avoir pris conscience avant qu’on m’est appris à lire et à écrire. Je ne peux pas imaginer le contraire, ceci me paraissant  incompatible avec ma  nature.La relativité en revanche m’a toujours semblé compatible avec le rêve. Loin d’en faire un contradiction elle en fait sa base de calculs dans l’étude de charges que sa construction demande. Rêver rend lucide. Je ne suis pas un rêveur. Transposer des usages en fonction de telle ou telle action, c’est les adapter à leur réussite. L’homme qui ne s’abstrait pas de sa condition au prétexte d’en savoir tout, est plus bâté que l’âne montré du doigt.L’Amour en propose la meilleure preuve.

-Ta conception poétique des choses, te permet d’accéder plus facilement sans doute au bizarre me dit Bouffi.

-Hum, comme d’habitude t’as rien compris, parce que rien qu’a te voir j’aimerai savoir qui plus que toi pourrait être  dans le bizarre.

Là où tu es, le brouillard ne sort jamais sans te donner l’éponge à le défaire. Que tu ailles mer ou montagne il y aura toujours un franchissement à faire. On ne transcende qu’à partir de ses propres outils. Je ne me fais pas le cinoche quand je l’appelle (elle est toujours à côté), pour lui dire je vais faire une peinture de Toi avec des mots de Moi. Je lui dis. Tu sens que je suis passé sous ta peau pour pas froisser ta robe et qu’en étant concis tu  es à coeur pétant au point que tu me dis rien de peur que j’arrête. Elle me dit. C’est ça de peur que j’arrête. Je lui réponds du tact au tact, là tu me connais assez pour savoir que me priver de nourriture c’est pas le régime à me donner la banane. je peins sur la pointe des pieds tant la pointe de tes seins grimpe dans la couleur qui l’érige. Vagabonds mes doigts tremblent dans les embruns que t’éclabousse à faire penser à de la poudreuse dans un stem à la corde. Pourtant j’aime pas la neige, j’suis de sel, mais pas celui-là qu’on jette à la faire fondre La fonte qu’on préfère c’est l’airain, pas le mal de do.

Niala-Loisobleu – 24 Janvier 2017

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Il n’y a là que Niala/Être personne en fait ça prouverait qu’on a réussi à être quelqu’un/1


Il n’y a là que Niala/Être personne en fait ça prouverait qu’on a réussi à être quelqu’un/1

Je jurai à plusieurs reprises, passant en revue les gens à proximité. Ceux qui n’ont pu partir à cause de l’immortalité acquise par nature, plus nombreux selon les jours avec ou sans, que ceux qui n’en finissent pas de rester en figeant le libre échange. Je me mis à marcher dans une direction, me retournai et repartis dans le sens opposé. Je vis un enfant avec une femme, ouvris la bouche pour parler et m’aperçus que l’enfant était un garçon en fait triple et que la femme n’en était pas une au sens que j’ai dans mon coeur.

Je m’adossai au béton froid qui sort de cette terre, sentant mes genoux se dérober sous moi, parcouru d’une onde bouillante et glaciale, les larmes me piquant les yeux. En manque de respiration, cherchant le retour du souffle en sachant parfaitement où il venait de se déplacer. On me retrouvera sans doute jamais là, me dis-je en aparté.  Il n’y a que moi et mon Autre qui savent où c’est, ce qui fait que mourant tous deux à la même seconde, restera personne.

Être personne en fait ça prouverait qu’on a réussi à être quelqu’un

Je fondis en larmes, le visage entre les mains. Voilà ce que tout ce que tu n’as pas fait te rapporte, me disait une voix intérieure. Voilà ce que ça te rapporte d’avoir été un père à côté de ce qu’on attendait de toi, jamais dans le schéma et pis d’avoir avoué à la mère qui te faisait cocu que tu avais rencontré quelqu’un, que par fidélité tu devais lui avouer pour ne pas la tromper. C’est beau les devoirs. Et ceux de tes enfants les scolaires, en quoi  les as-tu aidé à les aire en étant pas là, t’es qu’un raté, t’aurais au minimum du boire, te shooter, faire le tour de l’aide sociale, mais non t’as fais peintre, artiste la pire des hontes.

J’entendis alors des pas, on marchait dans la mémoire d’une salle obscure, sur l’écran l’Olympia avait DALIDA  au néon de son fronton. Je m’immobilisai dans la voix d’ailleurs, sublime, chaude, une voix qui vous mord la poitrine de ses doigts en y plantant profondément ses ongles, une voix qui chantait « Je suis malade »…Analysant de mon radar médiumnique les images, les sons, les situations qui m’entouraient, je n’eus rien d’une quelconque angoisse. J’étais de plain-pied dans ma vie à moi. Marginale peut-être mais par les autres, pas de mon choix. De tout ce qui m’entourait alors je levai les yeux sur cet Amour absolu que j’ai. Je t’aime fou mon Coeur, allié sans regret à ce que je suis pas d’avoir été.

A suivre…

Niala-Loisobleu -24 Janvier 2017

 

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Entre Mais et Si On… – 2014 – Niala – Acrylique s/toile 65×54 – Collection de l’artiste.