POINT BARRE


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POINT BARRE

Un chemin ouvert entre deux yeux hâle, au lé des joues un ruban chaland. Fil charbonneux qui monte de la haute cheminée du remorqueur. j’ai l’intimité qui flotte au bout de la ficelle.Clochers, tuiles , cette perspective partie des arènes assises dans la cuvette.Bouille ronde des dômes, doigts crayeux, une pierre de gypse tirée des carrières  marelle en continu, en fléchant la piste de coeurs enluminés d’initiales.Tout en haut au dernier balcon, les pigeons roucoulent, quelques miettes de regards enamourés rapportés du square pour souper. Cette lueur qui mansarde allume le rêve à venir.

Que ce soit à l’affiche du programme ou entre elle et le mur, la lumière sort du panier de l’entracte une froideur esquimaude qui se réchauffe au brasero des marrons. Les derniers chevaux ramassent le linge sale des quartiers riches avant de le porter au confessionnal des abattoirs. Une poupée de son est tombée sans bruit du 6°. Les tiroirs de la scène sont pleins de confidences écrites qui gardent au palais les jeux de langues.Devant la charrette de la marchande de fleurs, l’avant-goût de ta poitrine s’ouvre quand tu libères l’accent circonflexe de tes aisselles.

Mais comme l’histoire répugnante fait le riche, nourrissant le pauvre au passage avec les images du gâchis , je suis passé au  7°étage pour descendre l’échelle accédant au Toi.Rien au premier abord n’indiquait une contre-indication avec les étages inférieurs.Pas grave, j’ose me dis-je en langue de mots lierres, il faut toujours s’attacher quand on grimpe.Et me voilà encordé à l’encre, avec ma plume. Arrivé sur la toiture, coup d’oeil côté cour et côté jardin, entre les choux-fleurs et les fleurs à éplucher, que de mots prennent la température du courrier. La boîte à l’être remplit son office d’un ton assuré, en faisant face aux aléas d’internet.
Je touche, j’entends, je sens, je vois ce qui n’est pas forcément dit en toutes lettres pour en avoir plein les doigts. La certitude vient de la confiance

Aujourd’hui mon oeil et mon dos n’en font qu’à leur tête, aidé en cela par un foutu caprice de la machine ; j’hurle de l’intérieur à me l’arracher extérieur. Emmener son costard en culottes courtes, tablier à carreaux et galoches de bois, est quasiment impossible sans se faire snober la simplicité en totale  ignorance informatique. Rester humain au temps de la machine et du robot, ça pose problème au bien-fondé de mon propos.N’empêche qu’en plein brouillard je vois clairement que je l’aime et point barre.

Niala-Loisobleu
16 Janvier 2017

LE CONFLUENT


LE CONFLUENT

Encore ourlé de poussière d’étoiles et d’herbes de comètes joueuses, mon air ne voyait pas de raisons impérieuses à changer le fond de sa vision. C’est un tort, me dit le voisin. Du moins si l’on reconnaît le résultat sans tricher avec les conclusions, qu’il ajoute. J’aquiesce en partie. L’oiseau qui dirige l’aubade du matin a les yeux verts de prose, quelques orangés vibratiles aux mouches du paradis, une huppe chrome de lune qui balance des idées folles à la tristesse du Monsieur-je-sais-tout. Sorti d’un seul cri de la spirale de l’escalier de service, l’élan vrillé s’est propulsé hors des limites du bienséant depuis tant et tant d’années que le constat d’échec ne peut être dissimulé. La vie est une tricheuse impénitente qui réunit autour de sa table bien plus de partenaires qu’elle ne l’avoue. Les victimes sont de vrais coupables. La partie commence toujours sur le m’aime schéma. Un ou une incomprise du quotidien lance son filet et tu tombes dedans

De l’eau jusqu’à la racine des écailles, sous le cuir factice d’une âme appeau de fleur. Enroulée en volutes la sève est érectile quand tes lèvres pompent les vents, fanons en grand pavois sur un ventre à écoutille ouverte. Les nageoires dorsales de ses cuisses sautillent trampoline brasse papillon quand ses yeux gourmands ouvrent l’écluse aux regards transhumants. Une nouvelle arnaque aux sentiments mise sur écoute.

Les cataractes fourmillent de crocodiles depuis la plus Haute-Antiquité. Abou-Simbel le montre avec sa gueule grande-ouverte. Tout a été noyé sous les eaux du Nil, exception faite de la tromperie insubmersible vice humain. L’ours brun en cette matière en est le Maître incontesté. Des Tsars n’a-t-il pas inventé le Communisme pour se dépasser dans l’abus ? C’est vrai que vouloir faire rougir les coeurs de l’armée russe serait mission impossible. On a tous en nous les maux menteurs de l’Internationale sans devoir passer par le tombeau de Lénine.

Ouf s’enfiler deux doigts dans la gorge ça fait du bien. Comme vouloir se faire maigrir de sa saloperie avant de reconnaître d’où elle  provient. Une sorte d’écluse le gosier, pour le rab laid à vomir. Parce que derrière la lâcheté le courage est là. Question de choix. Comme pour tout. La faute à la machine à vapeur faut laisser ça à un candidat aux futures élections présidentielles. Je reste, ne quitte pas le foyer. Le feu qui brûle en moi ne pollue pas, il assainit, ranimant la feuille qui s’enroule sur sa propre asphyxie, comme d’un arbre abandonné au bois mort. La déchéance venant de ses racines c’est qu’une affaire strictement personnelle. Comme un fleuve se coupant le confluent sous prétexte d’une rive privée d’ô.

Niala-Loisobleu – 16 Janvier 2017

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