Bruno Ruiz / Seul et innombrable — Bruno Ruiz dans le désordre


Je me souviens d’une maison toute blanche au bord de la mer. Des genêts bougeaient derrière les brandes et le corps des jeunes filles mourrait de soleil. Mon enfance fut douce et violente comme la musique des vagues, un vol invisible de mouette. Le sel des larmes venait toujours de l’Atlantique. J’embrassais l’ennui sur les […]

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LE FOND DU JARDIN POUR TOI MON COEUR


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LE FOND DU JARDIN

POUR TOI MON COEUR

 

Les poils métalliques de la brosse serrent désespérément la grille du jardin, lents glissements qui s’efforcent de faire couler l’alliage vivant, mis en coma par la rouille cérébrale. La clef grippe dans la serrure, mon esprit s’échauffe à vouloir lubrifier l’apporte.

Restés sur la table de nuit, au chevet de douceurs d’été n’ayant pas remarquées que l »hiver sévissait, des mots démaillés de longs tricots de jambes mêlées, semblent ne pas vouloir sortisr du rang.

On apprend pas aux innocents à se méfier des gens.Sur les épitaphes les regrets fleurissent, fleurs artificielles d’une non-reconnaissance de son vivant. Elles trompent et la nature et les sentiments. Amorale une intention, se promène nue dans le vestiaire de la salle des us et coutumes, d’un seul coup d’oeil, avisant le corniaud, elle trouve sa taille et ressort déguisée. La divine comédie se met à jour.Abandonnée aux côtés d’un stylo sec, quelques grilles force cinq cherchent le mot.

Derrière la page froissée, le coeur croisé donne l’image redressée du sein affaissé sous une page de pub pour lifting.

Non j’aime que tes nichons tombent, je m’y suis fait tant de mues aux paumes. Comme il est ton sein, il est beau en fruit mûr, généreux de vérité, pulpeux de bonté et tant mieux s’il ne fait pas le devant de l’étalage du fruitier, ces fruits là sont sans aucune saveur.

.Les cubes aux images effacées, alignés derrière un soldat de plomb sans tête et un cheval à bascule, font des ombres chinoises sur les murs de la communale. Le golf n’existait pas dans les rues de mon quartier, Tintin courait après Milou, qui faisait plein de trous dans les interdictions de marcher sur les pelouses.

Gainsbarre me poinçonne toujours quelque part, c’est comme d’Artagnan qui ne m’a jamais fait perdre les Ferré de la reine rue Mazarine. On se retrouve tous les soirs sur un ban d’applaudissements dans une guinguette des bords de Marne.

Sans les frimeurs des Halles, les gogos de la rue de Lappe, les pochetées du Moulin-Rouge, les jobards du Dôme, les zorros du Paradis-Latin.

J’m’r’tiens plus les demains, on est un bon jour !

L’index en s’faufilant dans ton jardin, par-dessous la clôture, est loin de se sentir mis en quarantaine, m’aime qu’au point où ça t’met, mon pouce fredonne la java bleue. Ouah… voilà qui sort l’accordéon de son placard…

Le monde sale en jetant ses épouvantables corruptions sur mon innocence a cru pouvoir en jaunir l’herbe tendre de ses mictions au nitrate, mais la fragrance tendrement voluptueuse et pure de la Fleur d’Amour a l’Esprit Saint. Elle demeure humaine, mon Âme que pour Toi mon Coeur.

Niala-Loisobleu – 19 Décembre 2016

 

 

A DEMEURER REMONTANT


A DEMEURER REMONTANT

Par leurs manches à air, bien des chemins bordés de nombreux gîtes buissonniers m’ont tenus à l’abri des tentations de carrière

Des cartables qui ont perdu leurs poignets gisent dans la glaise. Un mal appris vaut mieux que deux bonheurs d’une leçon anonnée misérablement par coeur

Au fond des fossés dégoût, Manuel ton arrogance me sert d’exemple pour vomir la suffisance. C’est du rose de la vie sauvage que j’ai pris parti, pas dans une épine de ch’val trouvée au coeur d’une fausse chanson populaire

Si l’arbre ne se cache pas derrière, les forêts sont plus touffues d’ouvertures qu’un pubis de maison d’abattage. L’oblique du soleil forme le bon angle avec la hauteur des fûts, que le tant jamais ne re froidit

Tout en vertical

Les mousses sont au sol plus que commandant de bord. Plaines des odeurs animales. Humides de toutes leurs chaleurs

J’ai le souffle du lion qui me mord jusqu’au soir, dos tourné à l’école des singes savants promus au hochement de tête sur la plage arrière automobile

Mes deux mains dans la docte ignorance du savoir vivre, ce qui ne ce dit pas qu’en alphabet d’amour, me repousse.

Cette nuit je me suis dressé

en pyjama de fado

au chevet

du pore frugal azulejos

bleu cathédrale

porte ô

De ce matin poubelles à la cabane où tu me jetas ton désir de délivrance, au long du long Dimanche brumeux d’hier,  mon vélo est ressorti me rappeler ce que tu m’avais demandé de ne jamais oublier. Mais ce n’était pas utile, en revanche c’est à Toi que je m’adresse pour savoir si tu en es toujours de m’aime

Niala-Loisobleu – 19 Décembre 2014

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