Bruno Ruiz / Croire en tout


Bruno Ruiz / Croire en tout

toulousebrouillard-500x333

A part en Dieu, je crois en tout, en ce linge qui sèche au vent, ce rire quelque part au-dessus des toits rouges. Je crois en la magie des regards, lente comme cette lumière qui tombe avec douceur sur la Garonne, étrange comme le reflet d’un visage dans la vitrine. Je crois que les êtres sont nés pour vivre ensemble, que des racines s’enfoncent dans leurs histoires et que leurs branches noires cherchent une peinture pour survivre sous le ciel. Oui je crois en l’écureuil qui se presse dans l’arbre, en la statue qui me regarde au milieu du jardin public, au soleil froid qui m’enveloppe sur le carrefour. Je veux laisser derrière moi mes horizons qui se fatiguent. Simplement caresser l’édifice de cet instant, l’orchidée et l’enfant dans sa poussette, sa fièvre et ses petites lèvres qui dessinent déjà le mot merci. Merci d’être ici. Je crois en tout, même en moi quelquefois, quand le paysage m’embrasse.
En secret.

Bruno Ruiz, 2016

 

Plus dur encore qu’être simple :

s’y tenir…

N-L – 18 Décembre 2016

Ö FLUVIAL


The Farewell

Ö FLUVIAL

Pose où tu bouges

cheveux en roulé-boulé au creux de ta nuque

De ton aisselle je peigne le lobe d’un sein

ma langue pour ruban

J’entends battre l’écorce à la porte

j’ouvre l’orée des couloirs

aux fontaines et laisse les chevaux boire

Comme je t’entends, te vois, et te sens tout contre moi

de ce silence publié

mis à l’eau des perles

tes bras en collier autour du coeur

Mais bien sûr qu’à minuit rien ne mourra

de ce que nous avons voulu naître

J’entends nos bals rebondir

aux parquets des pistes

d’un ballon à l’autre de la route des crêtes

Rien à craindre

les boules des sapins ne sont autres que blanches

à

l’Arbre de Vie

Il neige au-delà des frasques, une virginale hyménée

dans l’encoignure d’un café noir

qui tient nos corps en cuillères, bien éveillés l’un dans l’autre

Pavées de ma jeunesse

les rues de Paris valsent

grand-écart d’un pas de deux

qui ne marche pas aux pas perdus des attentes

Nâitre qu’aquatique espoir

Est-ce qu’au pied de l’âtre

ce ne sont pas nos enfants-nés qui chantent de toutes les couleurs

du seul vert bu à tes yeux  l’Amour demeuré ?

Niala-Loisobleu

18 Décembre 2016