LE MARGINAL


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LE MARGINAL

Ces jours où la mort, comme on voudrait ne plus la connaître, était collée aux bruits de bottes d’une fin paraissant sans issue, tant la peur sombre et visqueuse la fixait au moindre coin d’existence, remontrent leur rictus. Demain était trop loin pour construire, il fallait s’abriter. On doutait malgré soi de vivre par imposition de privation de liberté. Et pourtant on a refusé de démissionner.

Je me suis marginalisé par foi dans l’espoir, bien qu’entrant pourtant dans un statut social où rien n’était à espérer.

Et je les ai mordu de mes deux pieds, piétinés de mes dents, ces motifs d’abandon.

Vivre ô vivre en les néantisant, naturellement tourné vers le refus de céder, j’y suis parvenu, me séparant de l’inexorable destin humain, qui en définitive se veut faible.

Aujourd’hui, une fois encore j’ai eu la vision d’une abolition des privilèges, d’un saut vers l’égalité entre les êtres au niveau du genre, de la liberté d’expression, des croyances, des couleurs de peau…

A peine m’en suis-je réjoui que j’ai vu l’opposition au changement redresser la tête.

Seul de nouveau, marginal à jamais, rien ne me fera abandonner mon idéal. En pleine possession de mes moyens, je persiste et signe.

Niala-Loisobleu – 29 Novembre 2016

 

TOUT S’EFFACE


TOUT S’EFFACE

Oui j’ai des erreurs à regretter
J’ai laissé passé du temps à espérer
Je n’ai qu’une envie c’est de voir mes proches m’aimer
Je ne veux pas avoir à quémander le respect
Je suis lessivé, excédé
J’veux pas retourner déposer des CV
Avec le temps crois moi poto rien n’est resté
Qui me pleureras quand je serais décédé?
Et en face de ma classe je constate que je m’encrasse
J’paierais de mon sang mes erreurs tôt ou tard
J’aimerais que l’allégresse m’embrasse
Et les gens changent, tout s’efface
On s’retrouve au point de départ
On se sent mal, tout nous lasse, mais j’reste de marbre

J’ai cru que j’avais une triste histoire
Mais quand t’es dedans, dur d’y croire
J’avais les menottes et la vie du chtar
Aujourd’hui pas loin de la vie de star
Dans mon histoire des fautes d’orthographes
Effacées par des autographes
J’ai toujours cru que je touchais le fond
Mais je pète la forme et les choses se font
J’étais dans le faux c’est une chose qui est vraie
J’ai le sourire, rien ne m’effraie
Le temps passe, la Terre tourne
J’suis figé, j’attends mon tour
Mon gars Abou, j’suis à bout
Dur d’avancer les deux pieds dans la boue
Notre enfance collège Paul Gauguin
Aujourd’hui faut qu’on amasse des gains

Avec le temps qui passe, tout s’efface, tout s’efface
Les douleurs, les larmes, les drames, tout s’efface
Avec le temps qui passe, tout s’efface, tout s’efface
Les douleurs, les larmes, les drames, tout s’efface

Seigneur ayez pitié de moi le jour où je partirai
J’ai peur d’avoir niqué ma vie à faire le passionné
Je parle au nom de tout le monde, rien de personnel
A vouloir aller trop vite on finit par saigner
Malheureusement le temps nous appâte
Car il sait que j’suis dans de beaux draps
Le Diable tente de noircir mon âme
Pendant que mes gars apprécient mon art
Donc épargnez vos discours de taré
Si la zik est un trou noir j’avance sans savoir où aller
Des projets de papiers, loin des guerres de quartier
J’suis venu écrire l’histoire si tout s’efface laisse les parler

Avec le temps qui passe, tout s’efface, tout s’efface
Les douleurs, les larmes, les drames, tout s’efface
Avec le temps qui passe, tout s’efface, tout s’efface
Les douleurs, les larmes, les drames, tout s’efface

Le temps passe et moi j’ai l’impression de tourner en rond
Malgré ma constante évolution
Pas une ride sur le visage mais la pression
De navrer mon daron
Comment s’en sortir dans ce bas monde?
Le temps c’est devenu de l’argent
Mais y’a plus le temps de dépenser cet argent
Fuck les plans, agis sur le moment
La mort en Rolex s’impatiente
Je ne suis qu’un homme que Dieu me pardonne
Aveuglé à la vue des sommes
Le temps effacera-t-il tous mes défauts?
Ooh oh ah

Avec le temps qui passe, tout s’efface, tout s’efface
Les douleurs, les larmes, les drames, tout s’efface
Avec le temps qui passe, tout s’efface, tout s’efface
Les douleurs, les larmes, les drames, tout s’efface

 

DE FAIT


DE FAIT

Je jette la clef

trop de questions se placent en opposition

L’herbe verte d’ailleurs est aussi jaune qu’un réflexe de pave love sur une route à la rencontre de personne, ici…Je m’en taire pas, j’en hurle vieux loup sol y flore pour simuler votre parole se tenir.

Une foi dans ma tour, illusionniste, au moment du lapin qui sort, j’appellerai les tourterelles et les colombes à tendre le foulard sur mes yeux

Nous avons perdu la félicité indistincte qu’on voit aux bêtes, aux poissons enchâssés dans l’eau cristalline, aux bêtes des bois couleur de feuilles mortes, aux oiseaux ivres d’air. Nous sommes devenus pensifs et, par­tant, étrangers, frêles, frileux, vulnérables. Il nous faut une table, un toit, du feu, une maison. Nous nous souvenons parfois d’avoir été au monde pleinement, sans états d’âme, d’un très lointain commencement. Je rêve, pour finir, d’une lande ouverte à tous les vents où l’on verrait ce qu’il en est de nous et de tout et d’y être, avant d’avoir été.
Pierre Bergounioux

Retiré au sommet du rempart de ma montagne pelée, l’impatience de voir Anne déboucher, s’efface du guet

Du bateau de Py, restera le tant de mes derniers outrages à la raison du plus triste. Je manque de poids. L’érosion alimentée par l’Homme, d’essence usée par un mal d’estomac rongeur, aura eu gain de cause auprès des plaideurs.

Aux vents va  la charpente marine battue par l’indifférence…

Niala-Loisobleu – 29 Novembre 201

 

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