Berceuse du tendre père


Berceuse du tendre père

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La gratuité de l’amour même que je vous porte, mes enfants, en fait comme un enchantement. Je n’ai pas de raison précise d’aimer la couleur de vos yeux, ils sont noirs, moi je les vois bleus, vos cheveux rien que pour moi frisent. Quand vous dormez la bouche ouverte, sur vos fronts dansent des lutins, un étranger n’y verrait rien, quand vous dormez la bouche ouverte. La ville est un monstre qui gronde, les astres sont lointains, ce monde est incertain, les mots sont capricieux. La terre en proie aux bombes grince sur ses essieux. Mais vous mes enfants nucléaires, vous répétez pareillement, papa papy, mamy maman, avec du ciel plein les paupières.

Jean-Pierre Rosnay

Source : Poésie, Berceuse du tendre père, Jean-Pierre Rosnay, Aux enfants

 Un si
soit-île
et
n’en cool
que pont
trou
sur chaos du parcours
de
la fermeture
des peaux pierres
à l’éternité de la chaîne
du
m’aime nom
N-L – 26/11/16
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A « MES »…MON FILS


Floraison Successive

 La chaude écriture du lierre

Séparant le cours des chemins
Observait une marge claire
Où l’ivraie jetait ses dessins.

Nous précédions, bonne poussière,
D’un pied neuf ou d’un pas chagrin.

L’heure venue pour la fleur de s’épandre,
La juste ligne s’est brisée.
L’ombre, d’un mur, ne sut descendre;
Ne donnant pas, la main dut prendre;
Dépouillée, la terre plia.

La mort où s’engouffre le
Temps
Et la vie forte des murailles,
Seul le rossignol les entend
Sur les lignes d’un chant qui dure
Toute la nuit si je prends garde.

René Char
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A rejointoyer mes pierres
le colimaçon de l’escalier  m’a plus dégrisé qu’enivré
Les marées m’ont battues plus de larmes aux jetées
qu’elles n’ont ramené de pêches au port
Et la verticale sur l’horizon fissuré
a bu tant de tasses
que mon histoire de famille
fait plus d’ex-votos
qu’un panthéon
à l’état civil
Pourtant au plus fort de la rage
le chien que je suis n’a mordu comme les vipères de la calomnie
J’ai toujours dit la vérité
dans les tsunamis de paroles mensongères
Aussi une dernière foi
au bord de la noyade
je m’en saisis comme planche de salut
Mon silence crie Terre !
Niala-Loisobleu – 26 Novembre 2016
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