Le temps cherche le bon endroit pour sa mue.


Le temps cherche le bon endroit

pour sa mue.

La faune restée en filaments aux troncs du parcours poétique, laisse au flair l’odeur qui n’égare rien de la trace

DESTINATION DE NOS LOINTAINS

La liberté naît, la nuit, n’importe où, dans un trou de mur, sur le passage des vents glacés.

Les étoiles sont acides et vertes en été ; l’hiver elles offrent à notre main leur pleine jeunesse mûrie.

Si des dieux précurseurs, aguerris et persuasifs, chassant devant eux le proche passé de leurs actions et de nos besoins conjugués, ne sont plus nos inséparables, pas plus la nature que nous ne leur survivrons.

Tel regard de la terre met au monde des buissons vivifiants au point le plus enflammé.
Et nous réciproquement.

Imitant de la chouette la volée feutrée, dans les rêves du sommeil on improvise l’amour, on force la douleur dans l’épouvante, on se meut parcellaire, on rajeunit avec une inlassable témérité.

Ô ma petite fumée s’élevant sur tout vrai feu, nous sommes les contemporains et le nuage de ceux qui nous aiment !

René Char

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Au tapis de leurs dépouilles les arbres n’essuient pas les pieds de larmes en marche. Ce qui glisse peut aussi riper du bon côté du miroir. Chevalier tu ne t’enfonces pas au noir du bois, tu retournes labourer pour les éternelles semailles. Au fil de l’araignée reste toujours l’étoile.

Sa voix aux étables énumère le parcours.

Les bottes sont aux lieues à la pointure de nos chausses. L’âtre à les cuisses ouvertes au retour de la flamme qui engrosse. Rien des mots gardés ne se dessèche à l’ancre d’un corps mort que la marée aurait abandonnée d’un estran. Il y a du sentiment dans l’absence au congrès des mots inutiles.

Reste accroché, quelques ocres aux roux sillons prêts à éjaculer, ce qui craque de la branche n’est que la présence de la vie dans la charpente.

Le temps cherche le bon endroit pour sa mue.

Niala-Loisobleu – 5 Novembre 2016