On ne s’en va pas


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On ne s’en va pas

De tous mes serrements

J’étiens pas la promesse de mes chants d’ailes

pour mes caresses du métro impudique

j’me gante de tes tunnels

pour que ça t’gratte

une m’aime goualante

sans que t’y trouves de correspondance

plus salace que ma pudeur

j’m’en ira qu’ô près de

Toi

en m’aime sang.

Niala-Loisobleu – 26 Septembre 2016

 

Magnifique Toi


 

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C’est la démonstration que l’art s’accommode de la vie, celle des enfants qui jouent. Henri de Miller a posé sa sculpture « Ecoute », une gigantesque tête d’homme sur sa main, au beau milieu de la place René Cassin, à quelques mètres de la magnifique église Saint Eustache de Paris.

MAGNIFIQUE TOI

S’appuyant à la falaise
de tout son sable en corps humide
l’écume des jours
les yeux mi-clos
se laisse partager entre l’aller et le retour
A quai la fumée des motrices électriques rêve d’escarbilles
au rythme des cris poussés par des malles fuyant les étiquettes

Faisant fi des chefs de gare
les mousses ont cargués la voile au mépris du sifflet
Quelques crustacés ne se sentant aucune affinité de consigne
ont négligé les casiers des attentes incertaines
On joue à hublots ouverts
là où les phares sont éteints
dans le respect du silence des profondeurs

Tout à l’heure par le cabestan du quartier
la lune hissera
la nappe d’eau pour laisser la marée basse faire escale
le temps de refaire le plein d’eau

A la nage ou à pieds
le sel transporte ces alizées qui migrent la liberté à bord des oiseaux
un arbre toujours planté quelque part pour les porter…

Alors j’emploierai les m’aime mots en contresens par mes chemins de contre-escarpe. Plus conscient qu’il n’y parait qu’ils seront interprétés au premier degré. Devrai-je me faire anonyme pour me fondre au souffle coupé d’une humanité lasse, pourtant reconnue à en juger par le nombre d’applaudisseurs que le prompteur fait se lever ? Non je suis et reste du temps du crochet, celui d’où sortit un Piaf qui sans micro, fendit les plafonds des plus grands lieux du music-hall.

Quand prenant ton visage à yeux du coeur, je te dis « Magnifique » rien du superlatif vulgaire ne passe dans mon écriture. Et encore moins un lêchage de mots flagornant avec une langue séductrice aux buts déguisés.

Mais voilà…que je peigne ou écrive, je ne parle pas pour plaire.

Donc écoutes.

Niala-Loisobleu – 26 Septembre 2016