Le Bras Peau Blanc


PORTRAITS DU 9 JUIN 2013 050

Le Bras Peau Blanc

L’heure était à me glacer, dans ses sueurs froides, retenu sans défense aux draps froissés. Par le rayon du phare lunaire, les formes en s’agitant du dos sur le ventre, donnaient à la campagne un visage de remous du passé. Ces ombres, en même temps qu’elles me remettaient leurs images d’angoisse dans l’âge du présent,me faisaient entendre les hurlements de leurs instruments de torture. La nuit on perd plus facilement la victoire contre les assauts de ses mauvais souvenirs.

Quand le grincement des roues fige ses rayons dans l’ornière, tout semble s’enliser

le coeur saigne à ne rien trouver

seules les spectres de l’idée qui s’impose

occupent tout le terrain de la pensée

En même temps que le sentiment fort crie au menteur

le loup carnassier mord dans le charnu de la confiance

Quel jour était-il donc du malheur, qu’hier se conjuguait au  présent, arborant sa fenêtre aux accents d’une musique militaire en état de guère ? Où suis-je, de quel cauchemar il me faut espérer pouvoir sortir  me psalmodiaient ces années noires?

L’Amour tombé des nues

Un samedi du moyen âge

Une sorcière qui volait

Vers le sabbat sur son balai

Tomba par terre

Du haut des nuages

Ho ho ho madame la sorcière

Vous voilà tombée par terre

Ho ho ho sur votre derrière

Et les quatre fers en l’air

Vous tombez des nues

Toute nue

Par êtes vous venue

Sur le trottoir de l’avenue

Vous tombez des nues

Sorcière saugrenue

Vous tombez des nues

Vous tombez des nues

Sur la partie la plus charnue

De votre individu

Vous tombez des nues

On voulait la livrer aux flammes

Cette sorcière qui volait

Vers le sabbat sur son balais

Pour l’ascension

Quel beau programme

Ho ho ho voilà qu’la sorcière

A fait un grand rond par terre

Ho ho ho quel coup de tonnerre

Il tomba d’l’eau à flots

Et l’eau tombe des nues

Toute nue

Éteint les flammes tenues

Et rafraîchi la détenue

L’eau tombe des nues

Averse bienvenue

L’eau tombe des nues

L’eau tombe des nues

Et la sorcière se lave nue

Oui mais dans l’avenue

L’eau tombe des nues

Qu’elle était belle la sorcière

Les présidents du châtelet

Les gendarmes et leurs valets

La regardaient

Dans la lumière

… et un éclair qui brille

Et c’est vos yeux qui scintillent

… et votre cœur pétille

Nous sommes sourds d’amour

Et nous tombons des nues

Elle est nue

Oui mais notre âme est chenue

Nous avons de la retenue

Nous tombons des nues

Sorcière saugrenue

Nous tombons des nues

Nous tombons des nues

Qu’on relaxe la prévenue

Elle nous exténue

Nous tombons des nues

Et je…

Mais tombe des nues

Tu tombes des nues

Le monde entier tombe des nues

L’amour tombe des nues

Et vive les femmes nues !

Robert DESNOS (Recueil : « Les Voix intérieures »)

 

Voilà un Autre Jour entrant par mon oeil droit, il se promet de l’ordre dans le flou. Posant les pieds hors de la tranchée du front où s’était déroulé mon combat intérieur, je vois chauffer l’ô hors de la boue noire.

Entre la mie du peint et les fruits encore pendus à ta poitrine, je sentis en premier la vue du bleu avant que me parvienne concrètement l’odeur des autres couleurs qui font l’harmonie.

Que s’est-il donc passé ?

Simplement la vie avec son amour à côté du coeur.

De ce retour d’exil du chemin tracé, le soleil en se levant mains tenant, ne veut pas retenir la blessure pour seule enseigne.

Niala- Loisobleu – 4 Septembre 2016

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8 réflexions sur “Le Bras Peau Blanc

  1. L’ orage s’éloigne et c’est heureux.
    Les tempêtes intérieures sont les plus terribles. Elles nous laissent essorés comme des tas de chiffons sales sur le goudron du temps.

    ¸¸.•¨• ☆

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    • Elles médusent, éparpillant au ras d’ô la valeur des planches où le pied tâtonne pendant que les vaches rient de voir sombrer l’entrain…
      A mon à vie comme à la tienne nous ne sommes pas de cet ô là !

      Aimé par 1 personne

  2. Induire des enfants en erreur est une manipula aux pires suites meurtrières lorsqu’il s’agit d’influer sur la pensée d’enfants. C’est tout aussi grave qu’une malfaisance corporelle.

    Merci Madame lit.

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  3. Elle lui a dit fais-moi jouir avec ta langue,
    Alors, il lui a dit des poèmes…

    J’aime ta langue…
    Elle me donne un bonheur
    Que tu n’imagines pas…

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    • Notre Langue

      Notre langue naquit aux lèvres des Gaulois.
      Ses mots sont caressants, ses règles sont sévères,
      Et, faite pour chanter les gloires d’autrefois,
      Elle a puisé son souffle aux refrains des trouvères.

      Elle a le charme exquis du timbre des Latins,
      Le séduisant brio du parler des Hellènes
      Le chaud rayonnement des émaux florentins,
      Le diaphane et frais poli des porcelaines.

      Elle a les sons moelleux du luth éolien,
      Le doux babil du vent dans les blés et les seigles,
      La clarté de l’azur, l’éclair olympien,
      Les soupirs du ramier, l’envergure des aigles.

      Elle chante partout pour louer Jéhova,
      Et, dissipant la nuit où l’erreur se dérobe,
      Elle est la messagère immortelle qui va
      Porter de la lumière aux limites du globe.

      La première, elle dit le nom de l’Eternel
      Sous les bois canadiens noyés dans le mystère.
      La première, elle fit monter vers notre ciel
      Les hymnes de l’amour, l’élan de la prière.

      La première, elle fit tout à coup frissonner
      Du grand Meschacébé la forêt infinie,
      Et l’arbre du rivage a paru s’incliner
      En entendant vibrer cette langue bénie.

      Langue de feu, qui luit comme un divin flambeau,
      Elle éclaire les arts et guide la science ;
      Elle jette, en servant le vrai, le bien, le beau,
      A l’horizon du siècle une lueur immense.

      Un jour, d’âpres marins, vénérés parmi nous,
      L’apportèrent du sol des menhirs et des landes,
      Et nos mères nous ont bercés sur leurs genoux
      Aux vieux refrains dolents des ballades normandes.

      Nous avons conservé l’idiome légué
      Par ces héros quittant pour nos bois leurs falaises,
      Et, bien que par moments on le crût subjugué,
      Il est encor vainqueur sous les couleurs anglaises.

      Et nul n’osera plus désormais opprimer
      Ce langage aujourd’hui si ferme et si vivace…
      Et les persécuteurs n’ont pu le supprimer,
      Parce qu’il doit durer autant que notre race.

      Essayer d’arrêter son élan, c’est vouloir
      Empêcher les bourgeons et les roses d’éclore ;
      Tenter d’anéantir son charme et son pouvoir,
      C’est rêver d’abolir les rayons de l’aurore.

      Brille donc à jamais sous le regard de Dieu,
      O langue des anciens ! Combats et civilise,
      Et sois toujours pour nous la colonne de feu
      Qui guidait les Hébreux vers la Terre promise !

      William CHAPMAN

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