Tain, Bon Jour !


Tain, Bon Jour !

Sur le frémissement des nénuphars
le débusqué d’un héron  décolle du gris

Je prends la canne à pêche, l’archet et l’écart. Face à l’infortuné bouchon de fin de monôme le lotus s’écarquille le tutu et pointe.

Offrande peut être c’est sûr

à la cabane je vais

penser, Elle est belle

du soleil sourire intérieur à la volée !

 

N-L – 30/09/16

 

 

A quai les mouettes bavassent autour des tables d’accordéons éteints. Faut pas traîner à recharger les santés…


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A quai les mouettes bavassent autour des tables d’accordéons éteints. Faut pas traîner à recharger les santés…

 

Elle est qui, et quoi veut dire l’info nouvelle ?

Les deux se font la paire en regardant la chaise.

C’est cul quand on y pense, une chaise qui fuit, remarque si tu penses qu’avec ton cul, tu peux éviter de t’asseoir, j’ai rien à faire de toi. T’es pas à proprement parler une assise.

  • On ne construit rien sans fondement dit la Cabane.

Je te vois venir, tu vas me remettre la chaise et le cul comme fondés à former un couple pérenne, insistant probablement que même sur la paille ils peuvent avoir du bonheur.

Pourquoi pas beaucoup d’enfants.

On  entre sur internet comme un troupeau d’éléphants. Quelqu’un qui se tromperait ou va tromper. L’anonymat c’est fait pour ça. Ne s’excusant pourtant pas, on ne s’excuse plus de rien aujourd’hui.

 

Ne rougis pas.

 

En veston, je ne peux rien dévoiler de mon extrême chaleur. Surtout que si je dépasse le seuil, je m’enroule au rideau de peupliers qui longent la rive.

Je me promenais dans une allée du Père-Lachaise, debout, quand j’aperçus un verre solitaire qui semblait assis alors que la nuit était en corps loin d’être tombée de la bouteille. Seulement une absence de clarté manquait pour la lecture du niveau moitié-plein ou moitié-vide.

 

Présence d’un être chair

 

Quand la pelletée de terre retomba je compris que le faux soyeur, était un vrai tisse rang, simplement cantonnier qui sentait la nécessité de désherber le terrain, trop encombré de flou depuis un moment. Et pour tromper le mauvais sort ne buvait jamais au goût lot.

Aujourd’hui peindre l’AMOUR à partir d’hier  en l’affirmant aux parallèles des rails des dernières circonstances

On manque tellement d’encens pour épicer notre vie. Son tous les jours manque de brillant malgré les ors du plat fond que les grosses voitures éclaboussent avec leurs bouses, leur haleine qui pue, les gros nénés de leurs pare-chocs, qui parent rien du tout de tout ce qui n’est que laid.

C’est pas la musique de l’unie forme de l’armée du salut qui mettra du swing dans ce mauvais blues

J’ai pas envie de pleurer quand c’est trop triste.

Mon défaut le plus gros c’est de ne pas supporter l’injustice.

Les larmes que la joie source pas, c’est le puits qu’on mirage au beau milieu du désert,

qu’il y aient des chameaux ou pas d’aboiements.

Ma Muse elle étouffe en ce moment, elle oppresse.

Un air de des pressions qui viennent d’une mode virale.

Une Muse virant noir ça fait tâche, les écoles maudites gardaient la couleur d’un espoir de créateur, l’art de maintenant, ne roule que sous l’or bisness-bisness. Ce qui fout la scoumoune en première intention.

Est-ce un retour à l’auto-portrait d’une société ?

Comme une féodalité du temps des saigneurs.

J’aimerais pouvoir en causer, mais la coupure du fil persiste entre nous deux. Quelquefois dénouer une cravate de pudeur sur la chemise à rayures ça déboutonne, le caillot qui stationne sur le trottoir, non ne rougis pas, tu fais peur aux brins d’herbes.

La plage, les yeux dans l’écume, regarde passer un cerf-volant,

avec sa queue en pavois il marine une aquarelle.

Et des palisses peinant à retenir les oyats, des touffes de pensées prennent le large, un désir de franchir la longue barre noire fermant le chenal tandis, qu’inexorablement, le sable passe son temps entre les doigts des dentelières.

A quai les mouettes bavassent autour des tables d’accordéons éteints. Faut pas traîner à recharger les santés…

Niala-Loisobleu – 30 Septembre 2016

 

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Verra la morte


Verra la morte

Léo Ferré - Verra la morte

Verrà la morte e avrà i tuoi occhi
questa morte che ci accompagna
dal mattino alla sera, insonne,
sorda, come un vecchio rimorso
o un vizio assurdo. I tuoi occhi
saranno una vana parola,
un grido taciuto, un silenzio.
Cosi li vedi ogni mattina
quando su te sola ti pieghi
nello specchio. O cara speranza,
quel giorno sapremo anche noi
che sei la vita e sei il nulla.

Per tutti la morte ha uno sguardo
Verrà la morte e avrà i tuoi occhi.
Sarà come smettere un vizio,
come vedere nello specchio
riemergere un viso morto,
come ascoltare un labbro chiuso.
Scenderemo nel gorgo muti.

La mort viendra et elle aura tes yeux –
cette mort qui est notre compagne
du matin jusqu’au soir, sans sommeil,
sourde, comme un vieux remords
ou un vice absurde. Tes yeux
seront une vaine parole,
un cri réprimé, un silence.
Ainsi les vois-tu le matin
quand sur toi seule tu te penches
au miroir. O chère espérance,
ce jour-là nous saurons nous aussi
que tu es la vie et que tu es le néant.

La mort a pour tous un regard.
La mort viendra et elle aura tes yeux.
Ce sera comme cesser un vice,
comme voir resurgir
au miroir un visage défunt,
comme écouter des lèvres closes.
Nous descendrons dans le gouffre muets.

22 mars 1950
Cesare PAVESE
Musica Léo Ferré

 

 

Cesare Pavese, sa biographie.

Par Samuel D.

Cesare Pavese naît le 9 septembre 1908 à Santo Stefano Belbo, dans la région la plus sauvage du Piémont, les vastes collines des Langhe.
A six ans, Pavese devient orphelin de père. Il est élevé par une mère seule, autoritaire et puritaine. On peut ainsi comprendre l’origine de la blessure irréparable, due à cette absence d’un modèle viril et l’influence exclusive de la femme, qui marqua la vie de Cesare Pavese.

Il fit toutes ses études à Turin. Ses premières œuvres furent une thèse sur Walt Whitman (en 1930) et une traduction, tout de suite considérée comme exceptionnelle, de Moby Dick (1932), le livre de Melville. Pavese n’était pas inscrit au parti fasciste et n’aimait pas l’enseignement. Il enseigna de façon très irrégulière l’italien, le latin, la philosophie, et obtint, en 1936, le titre de professeur d’anglais. Sa passion était la traduction, ce qui lui permit d’accumuler une expérience critique qui se manifeste dès 1930 par sa collaboration à la revue « la Cultura » (ses articles ont été réunis, après sa mort, en 1951, sous le titre : « La littérature américaine et autres essais »).

En 1936 , Pavese publie chez Solaria son premier recueil de poèmes : Lavorare stanca (Travailler fatigue), de la poésie narrative qui passa inaperçue alors que Pavese fut arrêté et envoyé à Bancaleone, en Calabre, en résidence forcée. Ce n’est qu’en 1943, à la suite d’une réédition, que la critique pris pleine mesure de la valeur du recueil, réaction à l’hermétisme qui donnait à cette époque la poésie italienne.

La crise psychologique et artistique de Pavese, qui le poussa au concret et au spontané, date de son séjour forcé en Calabre. Cette période fut pour lui une époque de méditations sur son métier et le début de la rédaction de son Journal.

A peine de retour à Turin, il fonda avec Leone Ginzburg les éditions Einaudi qu’il allait diriger. Au début des années 1940, Pavese écrivit de nombreuses nouvelles, « simple recherche de style » (La spiaggia), ou mélange de narration et de méditation sur des thèmes de la mystique de l’enfance (Feria d’agosto).

Lors des vingt mois de guerre qui suivirent l’armistice du 8 septembre 1943, Cesare Pavese se retire à Serralunga di Cera, en Lombardie, où il se livra à des méditations solitaires.

Après la libération, Pavese vécut à Rome, puis à Milan, et revint à Turin mais sans jamais cesser de travailler pour la maison Einaudi. Tout en poursuivant son travail d’éditeur, il reprit ses études littéraires sur des thèmes longtemps médités : la campagne, dans son état primitif et sauvage, la banlieue, le Piémont des collines, le monde des paysans et des ouvriers, celui des bourgeois et des mondains où il se mouvait avec moins de sûreté, la tristesse des vies ratées, des espoirs déçus, et la cruauté de la mort. De 1945 à 1950, le travail créateur de l’auteur ne connait aucun répit avec : La Terre et la Mort ; Viendra la mort et elle aura tes yeux ; Dialogues avec Leuco’ ; Le Camarade ; Avant que le coq chante qui comprend La Maison sur la colline, La prison, Le bel été, Le diable sur les collines et Entre femmes seules, roman dans lequel vit le plus réel de ses personnages féminins, Clélia.

A l’automne de 1949, Pavese écrivit en deux mois La Lune et les Feux, souvenir de l’enfance et du monde, son chef-d’œuvre. Pavese est alors certain d’avoir clos son œuvre, d’avoir écrit une « saga complète », d’avoir mis fin au cycle historique de son temps. Et son Journal, publié en 1952 sous le titre : Le Métier de vivre, qui montre bien que Pavese était obsédé par le suicide depuis l’âge de 15 ans, porte à la date du 18 août 1950, cette ultime phrase : « Plus un mot. Un geste. Je n’écrirai plus. »

L’écrivain des collines piémontaises se donne la mort, le 26 août 1950 au soir, en absorbant un barbiturique. Pavese, l’écrivain torturé et auto-torturé, névrosé et angoissé surtout devant les femmes, clos ainsi son aventure intérieure déchirée entre la révolte impossible et la fascination de l’échec, entre la poursuite désespérée de l’amour et l’exaltation désabusée de la mort.

Bibliographie

  • La Trilogie des Machines (1929).
  • Travailler fatigue ou Lavorare stanca (1936).
  • La plage ou La spiaggia (1942).
  • Notte di festa.
  • Feria d’agosto (1946).
  • Dialogues avec Leuco (1947).
  • Le camarade ou il compagno (1947).
  • Avant que le coq chante (1949).
  • Le bel été (1949), prix Strega 1950.
  • La lune et les feux ou La luna e i falò (1950).
  • Le métier de vivre (1952, posthume).

 

J’en dis que c’est l’Amour tout court qui fait la Vie !


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J’en dis

que c’est l’Amour tout court qui fait la Vie !

 

Le coin de notre intimité peut prendre ou avoir des formes citadines ou campagnardes. Il importe seulement qu’il échappe à un quelconque schéma préétabli par une instance étrangère à nous. L’enfant en manifeste immédiatement la mise en application. Tout le prédispose à se créer un monde à sa dimension. Combien continueront à entretenir leur jardin secret ? Peu, avec ce même naturel, cette spontanéité de l’enfant.. Les parents et les éducateurs s’appliquant à faire un « grand » de l’enfant de la même façon qu’on veut le faire « devenir propre »…

Je n’ai jamais accepté cet abandon. Une mise en garde naturelle, lançant des signaux d’alarme venue d’un savoir antérieur. L’instinct de quelque chose qui me semble provenir de vies précédemment traversées.

Sans jamais avoir sombré dans les méandres de pratiques du para-normal, j’accorde une confiance raisonnable à ce sentiment.

D’où mon état de folie déclaré et aujourd’hui incurable.

Prospect parfait pour mener aux chemins de traverses propres à l’artiste. Sans besoin de recours aux expédients que les paradis artificiels mettent sur le marché.

L’intelligence faisant d’entrée de jeu le choix de son organe directeur. Pour ma part, il n’y a jamais eu aucun doute, c’est le coeur qui me gouverne, pas la tête (pas plus que celle de nœud reptilien, en breloques au dessous de la ceinture)

Ma sensibilité est extrême, à fleur de peau.

Je perçois, devine, devance ce que toute forme de blindage, d’armure et de chausse-trappe tentent de dissimuler.. Je ne fais pas semblant, carré en totalité, c’est dur à assumer, mais ça perce mieux que tout trépan..

Quelle odyssée de se projeter dans la condition humaine. La découverte est omniprésente, avec une déception de tous les instants, qui s’entête inutilement à vouloir enrayer une énergie créative permanente. Se remettre sans cesse en question, est d’amour le premier signe de vie.

J’en dis que c’est l’Amour tout court qui fait la Vie !

Niala-Loisobleu – 29 Septembre 2016

La Boîte au l’Être 9


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La Boîte au l’Être 9

ATLANTE IDE

Le sable étendu aux plis du désert

souleve ses épaules à la vue des chameaux

Les yeux enfouis dans toutes les directions

il se dit

– Où que je regarde je ne vois que des bosses

pourtant mon Ami le vent

n’ignore rien de mon penchant à mettre les choses à plat

– C’est vrai mais tu rêves trop, me répondit-il en m’envoyant une poignée de grains dans les yeux

– Vois les choses en face

tu crois qu’il suffit d’être naturellement bon pour que le tant soit beau

c’est pas parce que tu vois le vrai apparaître en dépit des efforts du faux pour paraître

que tu vas initier un autre art de vivre

Cette manie des hommes de faire la roue

elle n’a nul besoin de la générosité

Tu donnes ils prennent

la simplicité ne mène à rien

le compliqué voilà comment l’homme se fait paon

et il adore

Le voilà devenu héros

Les grands mots du Je au nom du Nous

tu parles

c’est l’incroyant qui se devient dieu tout seul

de sa main

réflexe inconscient du mortel qui veut gagner l’éternité

Moi moi moi

c’est bien vrai ça que nous sommes tous égo

Le sable tournant le dos au sot

pris l’appel

et d’un élan du coeur

plongea dans la mer

en laissant les châteaux aux assauts de l’ô

Aux fonds du fond de moi

j’écoute la voix du Capitaine

sortir de son enfoui sous la mer

et lui réponds

Petit-Frérot je te l’avais montré que le bien n’appartient  qu’à soi-seul , que ce n’est pas une exhibition pour que ça rapporte, que le salaire peut en être la peur, que faut donner du dos à grands coups de reins pour en jouir d’Amour Bleu autrement que de pu teint.

Niala-Loisobleu – 25 Février 2013

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Mâle Aimé


Mâle Aimé

Passant des ruelles de vos chemins vicinaux

Je place du tertre sous l’olivier au Mas de Cocagne

La femme à barbe où je trône en fête épile mes mots laids

D’ici et de là, je vous regarde un de mes songes noué à vos couettes

Rêve qui ignore le changement d’heures aux pendules des saisons

L’un passe, la voie est tout verte aux brebis des causses

Petit caillou deviendra pierre au Nil d’un levé du soleil

Au fond de ma poche j’empaumais tes seins afin de les garder vivants

mais mes mots mis ont été sertis de l’ignorance des bandes let

Rien n’est plus près de soi que ce qui est en apparence très loin

On voit trop mal de près ce qui est lié d’habitude

Ne m’attrapent que les mains libres

Quel jour es-tu que je t’écrive à la page

Mon cheval est assis sur le lit de ma roulotte, pour quoi fer puisque je n’ai jamais eu de chance, juste la bêtise du sincère

Le vent nous pousse et nous tracte à son gré et à l’unanimité de l’équipage

Hier un enfant en nous voyant près de la fontaine, a demandé : C’est lequel Crin Blanc ?

Carmen a rit comme une crémière, ah la vache

Je suis d’Est lorrain jusqu’en Sud Ibère quand la marée descend

Du Nord quand Léon monte la mer au pied du beffroi

Puis file à l’Ouest border le soleil d’une histoire à le faire dormir debout à côté du coq

La poussière des quatre-routes aux semelles , le cheval et moi, cirons les mocassins des étoiles

Un cheveu de ton ventre sur la langue je zozote entre tes dents l’émoi de toi, mais ça c’était avant que mon oeil barre en bouillon de moules

Si j’avais été paysagiste je t’aurai peint sur le motif (ce qui m’aurait obligé à en avoir, n’importe lequel comme les autres, ma foi sans doute ai-je loupé de comprendre qu’à part mentir on peut pas réussir. Je croyais avoir avoir trouvé meilleur et surtout si Beau de te saisir sur le vif de ce que ton visage me donnait à voir dans le retour de couleur de tes cheveux

Couleurs du temps où je n’aurais fait que passer à côté

De vous je ne garderai que le Bleu de mes erreurs pour voyager à contre temps

Niala-Loisobleu – 27 Septembre 2016

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Et Alors ?


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Et Alors ?

S’il pleut dans ma mémoire c’est pour être au plus pré du jour, en tendant les lèvres pour prendre ton pouls aux veines de te sentir de plein champ.
Pourtant t’as pas la veine apparente, tu s’rais plutôt genre gros lot qui ne gagne qu’au jeu de cons. Jusqu’à désintéresser le voisinage, du plus intime au plus qui ne croisera jamais ta route.
C’est pas faute d’avoir du chien, c’est faute de trop l’sentir qui les éloigne les habitants du normal.
Mais c’est qui que ça repousse ?
Hein dis-moi, c’est qui en dehors du banal hume mains monté sur jambes ?
C’est vrai au sens du canon pin-up, t’es pas sexy sexy, rien dans la dentelle, le string, et la jupette qui n’a pas besoin de bretelles vu qu’elle fait juste un p’tit col une fois enfilée, laissant à découvert toute l’artillerie en solo de batterie en duo avec les trompettes, genre boeuf del amor.
Faut une âme d’artiste dérangé pour te dessiner sur le motif, nature authentique, plus qu’à poil, nue de vérité, sans rimmel et pâte à remodeler, sans appareil dentaire à resserrer le sourire en tirant depuis le point d’assise.
Ton tant c’est le contraire de la météo du pouvoir d’achat que tout candidat annonce, quelque qu’il soit, il te fout let au premier service, les primes de loyaux rendements c’est pas pour te refaire la garde-robe, t’as pas l’profil à t’balader en N°5 de Chanel.
Tu f »rais tousser ton ton.

Et alors…

Tes cheveux d’herbe ma poitrine n’en tond rien,
avec chaque brin en retour de blonde heur
elle gramine d’autres espaces défaits de clôtures .
Hors de ce monde
Tout gonflé de joues, le ciel sourit, visages en mouvement
sur lequel me vois-tu, aère aux nefs les voies, je plane.
Innocent comme une fontaine qui pleurniche pas de son sort
au milieu d’un lit de sentiments humains totalement à sec.
Des tâches de couleurs que tu m’envoies, j’expose aux cimaises de l’orée,
les images d’un Pablo hors mesures qui ne peut se poser que chez Nous.
Il est d’un format que les plafonds des constructions ordinaires des petits nains
ne peuvent accueillir, faute de hauteur au-dessus des plaintes.
Accrochée aux branches des toits, ta robe blanche fleurit les patios
d’une musique intérieure géranium, feu de tomettes aux tiges des belvédères
Quand tes cuisses guitares ouvrent les portes des chemins,
la grange au grain tend les bras pour que le delta compose son plan d’ô pour que j’y plonge de par tout.
Mes doigts polissent les pierres pour te donner la douceur des paumes aux seins,
cette grâce qui coule de tes aisselles à faire sourdre la source bleue
l’oued qui va s’greffer aux chenaux du marais des salines
soulevant d’un horizon bouché un envol d’oiseaux aux couleurs d’un état long sublimant les frissons du vent au mépris du quotidien.
Ne dis rien, je te respire au point d’épeler chacune des nages de ta langue, au grand bain de ta baie où j’ai jeté l’encre de mes mots bleus.
Fidèle au vrai visage blotti au creux de ta boîte.
Ce matin je me sens que guitare et flammes and co; ce serait fastoche que tu t’éloignes quand m’aime pas trop.

Niala-Loisobleu – 27 Septembre 2016

On ne s’en va pas


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On ne s’en va pas

De tous mes serrements

J’étiens pas la promesse de mes chants d’ailes

pour mes caresses du métro impudique

j’me gante de tes tunnels

pour que ça t’gratte

une m’aime goualante

sans que t’y trouves de correspondance

plus salace que ma pudeur

j’m’en ira qu’ô près de

Toi

en m’aime sang.

Niala-Loisobleu – 26 Septembre 2016

 

Magnifique Toi


 

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C’est la démonstration que l’art s’accommode de la vie, celle des enfants qui jouent. Henri de Miller a posé sa sculpture « Ecoute », une gigantesque tête d’homme sur sa main, au beau milieu de la place René Cassin, à quelques mètres de la magnifique église Saint Eustache de Paris.

MAGNIFIQUE TOI

S’appuyant à la falaise
de tout son sable en corps humide
l’écume des jours
les yeux mi-clos
se laisse partager entre l’aller et le retour
A quai la fumée des motrices électriques rêve d’escarbilles
au rythme des cris poussés par des malles fuyant les étiquettes

Faisant fi des chefs de gare
les mousses ont cargués la voile au mépris du sifflet
Quelques crustacés ne se sentant aucune affinité de consigne
ont négligé les casiers des attentes incertaines
On joue à hublots ouverts
là où les phares sont éteints
dans le respect du silence des profondeurs

Tout à l’heure par le cabestan du quartier
la lune hissera
la nappe d’eau pour laisser la marée basse faire escale
le temps de refaire le plein d’eau

A la nage ou à pieds
le sel transporte ces alizées qui migrent la liberté à bord des oiseaux
un arbre toujours planté quelque part pour les porter…

Alors j’emploierai les m’aime mots en contresens par mes chemins de contre-escarpe. Plus conscient qu’il n’y parait qu’ils seront interprétés au premier degré. Devrai-je me faire anonyme pour me fondre au souffle coupé d’une humanité lasse, pourtant reconnue à en juger par le nombre d’applaudisseurs que le prompteur fait se lever ? Non je suis et reste du temps du crochet, celui d’où sortit un Piaf qui sans micro, fendit les plafonds des plus grands lieux du music-hall.

Quand prenant ton visage à yeux du coeur, je te dis « Magnifique » rien du superlatif vulgaire ne passe dans mon écriture. Et encore moins un lêchage de mots flagornant avec une langue séductrice aux buts déguisés.

Mais voilà…que je peigne ou écrive, je ne parle pas pour plaire.

Donc écoutes.

Niala-Loisobleu – 26 Septembre 2016