Carnets de Route 1


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Carnets de Route 1

Je regardais le ciel alors que la voûte s’allumait. Que d’étoiles à remplacer, pourtant je croyais que les ampoules du ciel étaient les seules de longue durée. C’est alors que le facteur cogna en criant vous avez du courrier. En voyant l’enveloppe je reconnus l’écriture de mon horoscope

Bonjour Alain !

Votre signe : Sagittaire

Prévision du 27 août 2016

Peut-être vous sentez-vous parfois comme un mystique des temps modernes ? C’est le genre de journée qui pourrait bien faire ressortir chez vous, ce côté confesseur de l’humanité. Vous dévoilerez peut-être aujourd’hui l’une ou l’autre des facettes de votre personnalité : l’enfant naïf que vous devenez probablement lorsque vous êtes seul, ou encore, le vieux sage, qui descendra de sa montagne…

Je n’ai pas rentré faire dormir mon regard. Sur l’évier la paillasse vide gouttait du nez. Toujours planqué dans le noir, un fort en sciences occultes clame que la lumière c’est lui. A voir la quantité de commentaires, on peut voir qu’il soulève l’émerveillement à lui tout seul. Ce qui n’est pas le cas de mes A-Propos. Comme s’il fallait démontrer que le bluff occis toujours la vérité.

Aujourd’hui mon amour je suis trop fatigué pour t’écrire. Tu trouveras dans ton cœur une lettre de plusieurs pages, remplie de silence. Lis-la lentement. La lumière de ce jour l’a écrite en mon nom. Il n’y est question que de toi et de ce repos qui me vient chaque fois que je tourne mon visage vers ton visage, là-bas, à plusieurs centaines de kilomètres.

Il faudrait accomplir toutes choses et même les plus ordinaires, surtout les plus ordinaires – ouvrir une porte, écrire une lettre, tendre une main – avec le plus grand soin et l’attention la plus vive, comme si le sort du monde et le cours des étoiles en dépendaient, et d’ailleurs il est vrai que le sort du monde et le cours des étoiles en dépendent.

Nous envoyons notre ombre en ambassade, loin devant nous. Nous la regardons parler à d’autres ombres, leur serrer la main et parfois se battre avec elles. Nous regardons tout ça de loin et le réel n’entre que pour peu dans nos vies – dans l’effraction d’une joie ou d’une douleur auxquelles nous commençons par refuser de croire.

La certitude d’avoir été, un jour, une fois, aimé – c’est l’envol définitif du cœur dans la lumière.

Christian Bobin
(Extrait de L’éloignement du monde)

De cette nuit en corps franchie tes bras me sont restés pleins des odeurs fortes qu’à ton corps quand il se met à ne vouloir qu’aimer et rien d’autre, puisque aimer est le Tout, qui ne s’encombre pas d’inutile.
On en parle de partout à l’encan.
Les hommes ne croient qu’au pouvoir de l’argent.
La montagne et Christian en savaient plus haut que l’Everest de la simplicité qui fonde la grandeur de toutes choses. Messieurs les beaux habits, Mesdames les belles crèmes antirides, ne sont que des enduits de façade, promis à la fissuration.
Un petit chemin dans l’herbe qui s’y prête va mieux au coeur du bon endroit qu’une autoroute qui ignore l’âme des petits villages. La plage au bas de tes yeux, crique le bain de mes regards voyageurs qui croquent le bon geste .
Un cerne est un matin bleu des étoiles peints au nocturne de nos jardins sous la lune.
Ceux qui clament être des changeurs de monde ne sont que des allumeurs d’artifices mouillés, de marées sèches, de lunaisons sans fesses, de prothèses sociales, de mauvais numéros de transformistes qui ne savent absolument rien de la vertu première du sel .
Quelques fils de lin tissés aux poils du bois de mes pinceaux te serviront de cerfs-volants, je t’aime d’une écriture sans maux, je t’aime, d’un regain de vie trouvé au souffle de chaque baiser que tu s’aimes à la volée.
Me voici bien réveillé au matin du prochain autre jour…

Niala-Loisobleu
17 Octobre 2014

La porte de l’ascenseur étouffe. Il fait une chaleur a vous tarir le souffle. Aurore fait un ventilateur devant mes yeux pour réveiller la torpeur d’une mauvaise chaleur.

« Je suis de sel qui ont des larmes pour décoller me dit-ailes, passe les yeux dans mes carreaux, je palude, je palude, je palude ! »

Tout près d’elle, la Mère roulait ses gars laids hors de La Cayenne. Se dressant ma canne fit claquer ses rubans au soleil de l’oeil du fronton.

Niala-Loisobleu – 27 Août 2016