Redonnez-leur…


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Redonnez-leur…

Redonnez-leur ce qui n’est plus présent en eux,
Ils reverront le grain de la moisson s’enfermer dans l’épi et s’agiter sur l’herbe.
Apprenez-leur, de la chute à l’essor, les douze mois de leur visage,
Ils chériront le vide de leur cœur jusqu’au désir suivant ;
Car rien ne fait naufrage ou ne se plaît aux cendres ;
Et qui sait voir la terre aboutir à des fruits,
Point ne l’émeut l’échec quoiqu’il ait tout perdu.

René Char
(Fureur et mystère, Les loyaux adversaires, © La Pléiade, p.242)

La vie mise à l’affiche pour un simple spectacle s’étouffera d’elle-même dans un nombre réduit de représentations. Se laisser étonner par le marchand d’illusions du quartier, ça étourdit sans qu’on voit l’espace vide que ça brasse. Beau parleur, pas finaud finaud, mais vif comme une mouche à se poser sur le fromage qu’il sait vanter, il se pose comme s’il était opportun. Hélas ce n’est que l’artifice qui ne rend pas vraiment la langue moins pâteuse. Le remède est plus éphémère que l’avis.

Quand les murs vous rattrapent, la vérité fait sa bosse en disant « on te l’avaient bien dit que de sa bouche ne sortiraient que des maux.

Un jour que je serais grand, s’accroche alors dans la pensée comme un ex-voto.

Périr pour vivre, c’est naître rien.

Les champs cachent leurs éteules sous les tas de fumier qui précèdent l’épandage. Actuellement, je les vois s’étendre en allant et venant de la cabane à la ruche d’une couleur en gestation. Aux moissons succèdent  les labours pour les semailles du regain permanent. Avec cette différence que dans le geste semeur, la vie refuse de baisser la tête.

Je pense à Toi où que tu sois. Quelque forme que tu prennes. Et à voir l’infini que tu es, je m’émerveille de la fusion qui se marie dans nôtre creuset. Au matin le coq se prend le marteau du forgeron en tirant sur le soufflet de la forge de tout son éveil. La roue d’un Autre Jour emboîte ses rayons.

Niala-Loisobleu – 19/08/16

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10 réflexions sur “Redonnez-leur…

  1. Les grandes questions appellent à leur accorder plus qu’un instant de halte. Une visite partagée touche à ce qu’elles attendent le plus fort.
    Tu es de mon accompagnement journalier Célestine. J’en suis content au point de te joindre à mon propos du jour.

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  2. Ton dernier paragraphe est de ces mots qu’une femme prend pour elle, quelle qu’elle soit et où qu’elle se trouve. Ils ont la grâce frémissante de l’éternel frisson.
    ¸¸.•¨• ☆

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    • Oui je te reçois pleinement. Dans ses deux genres l’Homme a perdu cette sensibilité qui lui était attachée selon son sexe.. Peut-être, certainement même. Je crois que cette absence maintenant présente, constitue ma plus forte souffrance. Car là, je n’ai aucun moyen d’y remédier. Puisque ceci s’est détaché de l’Amour en tant que point de départ.

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